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Parution
en poche
Tome 1 - Livre de poche jeunesse, 2005
Tome 2 - Livre de poche jeunesse, 2006
Titus
Flaminius - Le Mystère d'Eleusis (Tome 3)
Le
retour du héros
Dans ce troisième
volet (qui se lira aussi séparément des deux autres
titres) Titus Flaminius, le jeune avocat romain, pousse plus loin
encore vers le sud ; après Rome, puis Pompéi, c'est
Athènes et l'Attique qu'il découvre, sous de multiples
aspects (sociaux, culturels, politiques et bien entendu religieux).
Mais Le Mystère d'Eleusis est
autre chose qu'un documentaire érudit et c'est, comme dans
les tomes précédents, au travers d'une enquête
(lors de laquelle notre héros se retrouve inévitablement
confronté à nombre de dangers) que le roman se déroule,
sans qu'il nous soit possible de l'abandonner un instant.
C'est accompagné
de son fidèle ami Brutus (oui, le très célèbre
fils adoptif de Julius !) que Titus Flaminius est venu passer quelques
mois en Grèce, afin de parfaire ses connaissances philosophiques
et d'être initié aux Mystères - rites secrets
jalousement gardés par la prêtresse d'Eleusis et ses
disciples, et que les initiés ne peuvent révéler,
sous peine de mort ou de terrible châtiment. Selon la légende,
c'est à Eleusis que Déméter, déesse
de la fertilité, pleure sa fille Perséphone/Corée,
que lui a arrachée Hadès, dieu des enfers, et c'est
là qu'elle préside à la renaissance perpétuelle
de la végétation quand sa fille revient dans le monde
des vivants, pour huit mois, avant de devoir rejoindre son effroyable
époux pour l'hiver. Ainsi, la déesse incarne à
la fois la vie et la mort, la fécondité et la désolation,
et les cérémonies qui lui sont associées combinent
ces deux pans de l'existence, en apparence irréconciliables.
Il faut dire que Titus et Brutus, qui suivent les cours de la célèbre
Académie, fondée par Platon, s'interrogent fréquemment
sur l'immortalité de l'âme et sur la vie après
la mort, sans pouvoir se mettre d'accord : l'occasion pour l'auteur
de familiariser le lecteur aux différentes philosophies en
vogue dans l'antiquité, du stoïcisme à l'épicurisme,
en passant par le cynisme ou le scepticisme. Mais quand Titus voit
la mort de près, ce ne sont plus les discours théoriques
qui motivent l'avocat, mais la vengeance : c'est du moins ce qu'il
a juré à la mère éplorée d'une
jeune fille assassinée sous ses yeux à Eleusis, lors
d'une escapade touristico-religieuse en compagnie de ses compagnons
romains.

parution
poche - Livre de poche jeunesse, janvier 2007 |
Titus
est un héros en phase avec son temps, certes pragmatique
mais passablement superstitieux, soucieux de ne pas déplaire
aux dieux, dont il croit fermement en l'existence, dans leur
version romaine ou grecque (ce sont effectivement les mêmes).
Ce troisième roman dévoile la place prépondérante
de la religion et des cérémonies qui rythment
la vie quotidienne des Athéniens, des Panathénées
aux Grandes Dionysies, des Petits aux Grands Mystères
d'Eleusis. C'est ainsi que Titus est "presque horrifié"
par l'atomisme d'un élève de l'Académie
(où chacun est libre de faire entendre son point de vue,
démocratie oblige) se réclamant d'Epicure, un
géomètre pour qui "l'âme est mortelle
car elle est matérielle, comme tout le reste. En fait,
tout ce qui existe est composé de particules infiniment
petites, les atomes. (...) Les dieux n'existent pas, notre monde
n'est que le résultat du hasard"... |
Une vision
en totale contradiction avec la ferveur presque poétique
du jeune Romain - et que lui reproche parfois son ami Brutus, rationaliste
convaincu. En réalité, c'est le plus souvent Euphron,
disciple de Diogène, qui semble le plus proche de notre monde,
et qui a le dernier mot tout au long de l'enquête de Titus,
quand il déclare : "Je ne sais pas si l'âme
est immortelle ou non et je m'en moque, tout ce que je sais, c'est
que cela fait bien l'affaire des prêtres ! C'est la trouille
de l'au-delà qui les fait vivre !" Sa lucidité
n'atteint pas Titus, qui fait davantage confiance aux présages
(comme lors d'un voyage à Delphes pour consulter la Pythie)
et aux signes supposés divins... mais celui que d'aucuns
considèrent comme un vieux fou peut en apprendre davantage
à Titus sur l'affaire de meurtre qui occupe ce dernier. De
fête en cérémonie, l'investigation progresse,
et les dangers s'amoncellent, tandis que d'autres meurtres sont
perpétrés ; si bien que Titus ne peut s'empêcher
de soupçonner tout le monde, jusqu'à la charmante
Ariane, la fille de son hôte, ou son hôte lui-même,
l'archonte de la cité, illustre personnage. Les vérités
et les révélations qui l'attendent sont certes imprévisibles
et combinent religion, art, politique et appât du gain...
Même si
rien n'est véridique, tout est vraisemblable et parfaitement
documenté, même si l'auteur avoue avoir eu recours
à son imagination pour reconstruire certains passages des
rites des Mystères - dont tous les secrets ne sont pas parvenus
jusqu'à nous... Jean-François Nahmias exploite le
personnage de Titus à diverses fins , outre l'enquête,
plutôt bien bâtie ; ainsi, Titus s'offre au lecteur
comme un révélateur civilisationnel, en ne cessant
d'observer le fonctionnement de la société athénienne,
les institutions, les us et coutumes (il s'étonne par exemple
du rôle subalterne réservé aux femmes et de
l'importance accordée aux amitiés ou aux amours masculines
- quand un adolescent tombe naturellement amoureux de lui) ; témoin
idéal pour comparer Athènes (qu'il admire) à
Rome, Titus Flaminius est décidément un héros
bien précieux.
B.
Longre
(juin 2005)
La
fontaine aux vestales
Albin Michel jeunesse, 2003 / Livre
de poche jeunesse, 2005
La gladiatrice
Albin Michel
jeunesse, 2004 / Livre
de poche jeunesse, 2006
Quand
un patricien découvre la plèbe...
Titus Flaminius,
héritier d'une famille aristocratique, est un jeune avocat
dynamique qui aime à goûter aux plaisirs que son statut
social lui autorise : jolies femmes, réceptions en compagnie
des dignitaires de la République, participation aux multiples
journées de fêtes populaires mais aussi discussions
et promenades en compagnie de son ami Brutus, fils d'une des maîtresses
de Jules César. Nous sommes à Rome en octobre 59 av.
J.-C. ; Jules César est consul et il n'a pas encore conquis
la Gaule, la Grande-Bretagne et l'Égypte, mais la cité
rayonne et compte un million d'habitants : "Evoquer Rome
à la fin de la république (...) c'est aller à
la rencontre d'un monde mort et, en même temps, terriblement
actuel" nous prévient l'auteur ; les infrastructures
urbaines sont admirables et les habitants sont répartis dans
différents quartiers, selon leur origine sociale : les immeubles
et les ruelles de Subure (un endroit que les jeunes aristocrates
évitent) sont réputés pour abriter les masses
les plus pauvres et les criminels, contrairement au quartier du
Palatin, où se prélassent les plus riches. De même,
"le romain se plaint des embouteillages, du bruit, de la
pollution, de la délinquance, de l'insécurité."
Les intrigues politiciennes y sont aussi légion et les forces
qui se disputent le pouvoir (le parti populaire et le parti sénatorial)
ressemblent fort à notre droite et à notre gauche...
Mais le monde romain se caractérise aussi par sa violence
et par des actes qui nous apparaissent aujourd'hui d'une indiscutable
barbarie.
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C'est
ainsi que Titus Flaminius va se retrouver mêlé,
malgré lui, à une série de meurtres dont
le premier le touche de près : celui de sa mère,
Flaminia, assassinée dans sa propre maison. Le jeune
homme jure de se venger et se charge de l'enquête (Rome
ne possédant pas de services de police) en compagnie
de Florus, un jeune comédien que Flaminia, mécène
des arts et dramaturge, avait engagé. Dans La
fontaine aux vestales, son investigation
le mène dans divers milieux, de la Regia, demeure de
Jules César, aux bas-fonds de Subure, en passant par
le Palatin et l'Esquilin, le quartier des fosses communes et
de l'autel aux monstres (là où les nouveau-nés
anormaux ou difformes sont abandonnés...). |
Mais ses recherches
ne cessent de le ramener aux Vestales, dix-huit prêtresses
intouchables et vénérées, gardiennes du feu
sacré ; il entre en contact avec l'une d'entre elles, Licina,
une belle femme qui semble être victime d'un complot qui impliquerait
aussi notre détective amateur...
Les rebondissements abondent tout au long de cette enquête
captivante qui nous plonge au cœur du quotidien des Romains.
Les rituels religieux, en particulier, sont décrits avec
rigueur, de même que les contrastes entre les différentes
strates de la société ; Titus Flaminius, pour mener
à bien sa vengeance, va côtoyer, pour la première
fois de son existence, des gens de toutes origines : "Qui
lui aurait dit qu'un jour son destin croiserait celui d'un acteur
? De toutes les catégories professionnelles de Rome, à
part les proxénètes et les prostituées, c'était
sans doute la plus méprisée. (...) Brutalement, son
sort se trouvait lié à l'un de ces êtres qu'il
considérait comme des vauriens, des débauchés,
et qui était de Subure, par-dessus le marché!"
Peu à peu, le jeune patricien évolue et mûrit
au contact de Brutus, versé dans la philosophe stoïcienne,
qui lui apprend que parfois, la vérité se trouve dans
les livres ; et au contact de Florus, grâce auquel il prend
conscience de la justice sociale et de la pauvreté de ses
concitoyens. C'est ainsi qu'il prend la résolution de "mener
des enquêtes criminelles pour le compte de ceux qui n'en avaient
pas les moyens, il serait l'enquêteur public et bénévole
de Rome."
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Dans
sa dernière enquête, La gladiatrice,
on le retrouve aux prises avec une société secrète
qui commet des crimes brutaux, xénophobes, et terrorise
les Romains. Cette deuxième aventure entraîne Titus
Flaminius jusqu'à Pompéi, sur les traces d'une
énigmatique gladiatrice à la chevelure flamboyante
; pour mieux infiltrer le réseau terroriste (ou son équivalent...)
il s'engage comme gladiateur et, des mois durant, il va partager
l'existence de ces hommes qu'il méprisait par le passé
: "Autrefois, quand il lui arrivait de rencontrer un
semblable défilé, il n'éprouvait que du
dégoût pour ces êtres aux allures féroces
et barbares, qu'il jugeait tous semblables. Maintenant, il connaissait
par leur nom tous ceux qu'il voyait. Maintenant, il savait toute
la souffrance et toute la fraternité qu'il y avait dans
la cohorte de « ceux qui vont mourir»." |
Là encore,
les préjugés du jeune avocat s'effondrent et ces transformations
en font un personnage attachant, intrépide et curieux, très
humain.
Ces deux romans se lisent d'une traite et l'auteur, spécialiste
d'histoire latine, parvient à nous faire partager son enthousiasme
et son érudition pour une civilisation disparue. Nulle note
de bas de page ne vient troubler la lecture, Jean-François
Nahmias préférant insérer les éclaircissements
culturels et autres explications civilisationnelles à son
récit. Le lecteur attend ainsi impatiemment la troisième
enquête de Titus Flaminius...
B.
Longre
(juin 2004)

http://www.livredepochejeunesse.com/pochejeunesse
http://www.albin-michel.fr/
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