avec Ariane
Ascaride (Nadia), Thierry Frémont (Serge), Philippe Fretun
(Jean Paul), Maryline Canto (Claire), Olivier
Gourmet (non gréviste)
Décembre
1995, la fin de journée. Nadia, une poussette au bout des
bras, se rend dans une gare rendue déserte par une grève.
Elle est à la recherche de Gérard, conducteur de train
et visiblement père de l'enfant. Une équipe de syndicalistes,
Claire, Serge et Jean-Paul, proposent à Nadia de faire avec
eux la tournée des piquets de grèves afin de retrouver
Gérard, dont Nadia sait peu de choses mais qu'elle a aperçu
lors d'une intervention télévisuelle liée à
la grève.
On pourrait s'attendre à un film français traitant
d'une société négative, un film aux discours
répétitifs sur l'exclusion et la "fracture sociale".
Ces ingrédients font effectivement partie du long-métrage,
mais la portée du film ne se résume pas seulement
à cela. L'histoire d'amour, tout d'abord, en est un élément
essentiel, et comme le déclare la réalisatrice : "il
y a des tas de correspondances entre la politique et l'amour ...
Dans une naissance, dans une grève, dans un événement
politique, dans un amour, ce qui est bouleversant, qu'on désire
et qui fait peur, c'est le neuf, l'invention du nouveau." et
elle ajoute : "Je ne sais pas ce qu'est un film politique.
C'est d'abord un film sur une rencontre."
Ce film est aussi la rencontre du cinéma et du monde réel,
puisqu'il comporte une multitude de scènes jouées
et par des acteurs professionnels et par des "acteurs"
sociaux, à savoir les cheminots : piquets de grève,
manifestations, prise de parole syndicaliste d'un acteur devant
d'authentiques cheminots ... La réalisatrice remarque que
cela ne fut pas tache facile pour les comédiens qui devaient
être "suffisamment dans leur personnage pour être
en phase avec les cheminots." Mais ce qui frappe surtout, c'est
l'absence de barrières entre classes sociales (Nadia et son
RMI, les autres qui ont un travail) et tout le monde est embarqué
sur le même radeau.
Entre film et documentaire (Dominique Cabrera a en effet réalisé
plusieurs films documentaires), avec et sans acteurs, cette réalisation
est opiniâtre, réaliste, convaincante malgré
le point de départ, somme toute simple et léger.
R. Anglio

Le
cinéma français à Cannes
http://www.rfi.fr/Kiosque/Mfi/CultureSociete/110599-7.html
Association
des cheminots cinéphiles
http://www.humanite.presse.fr/journal/99/99-05/99-05-17/99-05-17-058.html
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