Un film de Dominique Cabrera
Scénario Dominique Cabrera
Philippe Corcuff


France, 2000, 1H40

Sortie le 22 mars 2000

Sélection Officielle
un Certain Regard,
Cannes 1999


avec Ariane Ascaride (Nadia), Thierry Frémont (Serge), Philippe Fretun (Jean Paul), Maryline Canto (Claire), Olivier Gourmet (non gréviste)

Décembre 1995, la fin de journée. Nadia, une poussette au bout des bras, se rend dans une gare rendue déserte par une grève. Elle est à la recherche de Gérard, conducteur de train et visiblement père de l'enfant. Une équipe de syndicalistes, Claire, Serge et Jean-Paul, proposent à Nadia de faire avec eux la tournée des piquets de grèves afin de retrouver Gérard, dont Nadia sait peu de choses mais qu'elle a aperçu lors d'une intervention télévisuelle liée à la grève.
On pourrait s'attendre à un film français traitant d'une société négative, un film aux discours répétitifs sur l'exclusion et la "fracture sociale". Ces ingrédients font effectivement partie du long-métrage, mais la portée du film ne se résume pas seulement à cela. L'histoire d'amour, tout d'abord, en est un élément essentiel, et comme le déclare la réalisatrice : "il y a des tas de correspondances entre la politique et l'amour ... Dans une naissance, dans une grève, dans un événement politique, dans un amour, ce qui est bouleversant, qu'on désire et qui fait peur, c'est le neuf, l'invention du nouveau." et elle ajoute : "Je ne sais pas ce qu'est un film politique. C'est d'abord un film sur une rencontre."
Ce film est aussi la rencontre du cinéma et du monde réel, puisqu'il comporte une multitude de scènes jouées et par des acteurs professionnels et par des "acteurs" sociaux, à savoir les cheminots : piquets de grève, manifestations, prise de parole syndicaliste d'un acteur devant d'authentiques cheminots ... La réalisatrice remarque que cela ne fut pas tache facile pour les comédiens qui devaient être "suffisamment dans leur personnage pour être en phase avec les cheminots." Mais ce qui frappe surtout, c'est l'absence de barrières entre classes sociales (Nadia et son RMI, les autres qui ont un travail) et tout le monde est embarqué sur le même radeau.
Entre film et documentaire (Dominique Cabrera a en effet réalisé plusieurs films documentaires), avec et sans acteurs, cette réalisation est opiniâtre, réaliste, convaincante malgré le point de départ, somme toute simple et léger.

R. Anglio


Le cinéma français à Cannes
http://www.rfi.fr/Kiosque/Mfi/CultureSociete/110599-7.html

Association des cheminots cinéphiles
http://www.humanite.presse.fr/journal/99/99-05/99-05-17/99-05-17-058.html