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Beau
roman initiatique
Daisy est une
jeune Américaine mal dans sa peau et dans sa famille, qui
le dit comme elle peut, en mangeant le moins possible comme pour
disparaître ou se rendre invisible. Elle vient passer un été
chez les cousins d’Angleterre qu’elle ne connaît
pas et qui vivent à la campagne dans une ferme isolée.
Elle découvre une famille bohème et chaleureuse, peu
conventionnelle, une fratrie unie et une tante souvent absente qui
fait confiance à ses enfants pour se débrouiller.
Daisy s’adapte vite et se plaît mais un attentat très
meurtrier dans Londres coupe bientôt la ferme du monde extérieur
et laisse les enfants totalement livrés à eux-mêmes.
Daisy se sent très proche de son cousin Edmond, qui l’aime
aussi, ainsi que de la plus jeune de la famille, Piper, une fillette
attachante.
Dans un premier temps, les enfants savourent leur liberté,
à l’écart de la guerre qui n’a pas encore
de visage ni de conséquences pour eux et ils passent des
moments idylliques à se baigner, à être ensemble,
à faire ce que bon leur semble. Puis la guerre les rattrape
et envahit leur paradis. Ils sont séparés. Daisy et
Piper sont envoyées au loin dans une famille d’accueil.
Daisy prend conscience des difficultés inhérentes
à la guerre, elle comprend aussi combien Edmond lui manque
et doit affronter les nouvelles responsabilités qui sont
les siennes désormais : s’occuper de sa cousine Piper,
retrouver ses chers cousins, devenir plus forte, penser à
l’amour qu’elle éprouve pour Edmond, vivre en
somme et l’accepter.
Ce récit à la première personne, qui se situe
dans une époque proche de la nôtre mais indéterminée,
et dans un contexte historique peu défini - une guerre mondiale
qui éclate à la suite d’attentats - est remarquable
et tout en finesse car il parvient à rendre compte très
exactement des émois, des incertitudes, des questions que
se pose une adolescente confrontée à des situations
nouvelles et dramatiques. Il n’est pas tout à fait
conformiste car l’amour qui unit et fait vivre Daisy et Edmond
est un amour entre cousins.
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Mais
pourtant, rien de ce qui est dit ici, par la voix de la narratrice
lorsqu’elle dit ses sentiments et ce qu’elle vit,
n’est pesant ou trop martelé, on est plutôt
dans le suggéré, le entre-les-lignes, ce qui
rend le propos beaucoup plus fort et prégnant. Ces
passages alternent avec des moments où la guerre et
ses horreurs sont racontées avec sobriété.
Meg Rosoff nous livre un très beau roman initiatique
qu’adolescents et adultes apprécieront également
et qui laisse longtemps son empreinte chez le lecteur.
Cet ouvrage a été très largement récompensé
en Angleterre. |
Catherine
Gentile
(septembre 2006)
Catherine
Gentile est documentaliste, formatrice en littérature
jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre
de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville
et auteur de Bulles en stock (Bibliographie
sélective et commentée de bandes dessinées,
ed. Cedis, 1999) ; elle a aussi chroniqué littérature
de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI pendant
plus de quinze ans.

http://www.bookbrowse.com/biographies/index.cfm?author
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