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«
Dire que le bonheur était là, tout près, et
que je ne le savais pas. »
Collection dirigée
par Christine Féret-Fleury, Connexion a
vu le jour l'an passé ; destinée aux adolescents,
ouverte à toutes les formes de littérature (romans,
nouvelles, thrillers, pages romancées de l'histoire, polars,
journal intime, récits d'aventures…), elle donne
la parole à de jeunes auteurs aussi bien qu'à des
écrivains plus connus, comme Martine Pouchain, qui signe
là un roman savoureux, pourtant ancré dans une réalité
qui, au premier abord, ne pourrait sembler que sordide.
Bienvenue chez
Clovis, Théodoric, Clodomir, Clotaire, Clotilde, Nantilde
et leurs parents – un père au chômage perpétuel,
qui passe ses journées à boire plutôt que d’imiter
sa femme qui s’escrime à garder son travail tout en
s’efforçant de faire preuve d’imagination pour…
nourrir ses enfants. Un homme qui interdit à sa famille de
se rendre aux Restos du coeur chercher de quoi finir le mois, décrétant
"que c'est la honte" d'y aller... (on pense ici
au père des Cendres d'Angela de Frank McCourt, qui affichait
lui aussi la fierté du pauvre... préférant
voir ses enfants mourir de faim plutôt que de mendier). Quant
à Clovis, le jeune narrateur, il assume comme il peut –
entre les petits à ramener de l’école, la préparation
des crêpes à l’eau (voire de l'eau sucrée),
les brimades et les moqueries de ses pairs (dont l'exécrable
Sixty...), la chambre unique à partager avec ses 5 frères
et sœurs, et son sentiment que rien ne s’arrangera jamais.
A quoi se raccrocher ? Hors de question de se confier à l’assistante
sociale ou à un enseignant – non par orgueil, mais
par crainte de voir sa famille être démantelée
– ou de se faire des amis (impossible de les inviter chez
lui). Tomber amoureux, pourquoi pas ? (Même si cela ne se
commande pas vraiment et que la Lola qui fait battre le coeur du
garçon est plus âgée que lui). Se rêver
star de cinéma, en héros, s'imaginer que l'on évolue
dans un film pour mieux supporter le réel et prendre un peu
d'assurance ? Ou bien apprendre la musique, comme ce fameux «
gang du loup », dont Clovis a trouvé un CD dans un
baladeur, «emprunté» dans la poche d’un
camarade… "Plus je l'écoutais, et plus je
la trouvais belle, cette musique. On aurait dit qu'elle me rentrait
à l'intérieur."

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Et
parfois, la vie réserve des surprises, des rencontres
qui ne changent pas irrémédiablement le cours
des choses, mais qui peuvent donner un regain d'espoir à
un adolescent non pas à la dérive, mais englué
dans un présent dont il a tant de mal à s'extraire
– et pour cause. Récit qui oscille entre drame
domestique, chronique de la misère et roman d'apprentissage,
Les
Ostrogoths donne à voir une
réalité peu reluisante, à laquelle
tente d'échapper un garçon sensible et plutôt
débrouillard, très attachant. Que deviendra-t-il
à l'issue de ce moment que nous avons passé
en sa compagnie ? Dans une longue postface (qui est aussi
le journal de bord intitulé "Ecrire
? Aïe aïe aïe ! Ou comment surmonter l'angoisse
de la rédaction", tenu durant
l'écriture de ce roman), l'auteure se pose la même
question sur ses personnages... "J'espère
qu'ils vont bien se débrouiller sans moi. Il est
vrai qu'ils vont bientôt revivre dans l'imaginaire
du lecteur. Ils n'auront peut-être pas le même
visage, ils auront le visage que le lecteur voudra bien
leur donner, car la lecture aussi est créatrice..."
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Blandine
Longre
(janvier 2008)

martine.pouchain.free.fr
De
Martine Pouchain
Chevalier B.
Sarbacane, Romans Exprim’ 2007
Fugue majeure
- Nathan poche 2006
Printemps volé - Pocket jeunesse,
2005
Littérature
jeunesse
romans
ados
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