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Harry
Potter en Mowgli
Tous les ingrédients
d’un roman jeunesse à succès : le héros
est orphelin, il possède des pouvoirs qu’il ignore
encore et ne découvrira qu’en fin de volume, son ami
d’enfance est un loup, son amie est une apprentie magicienne,
son quasi-père adoptif est le chef du clan et sa mission
est de sauver le monde de sept mages noirs dont le pire se trouve
être son plus proche parent, ce qu’il ne découvre
que très tard.
Luke Skywalker de La Guerre des étoiles
(que l’on aura découvert à ce dernier trait),
Mowgli, Harry Potter et bien d’autres sont ainsi réunis
en un seul personnage de façon assez réussie (bien
qu’un peu voyante pour les habitués du genre). Son
humanité est bien affirmée et il passe par toutes
les émotions, la peur, la colère, la joie, la souffrance,
ce qui lui donne une épaisseur. L’auteur varie aussi
les points de vue. Celui de Torak, le héros, est relayé
par celui de Renn, son amie, et surtout par celui du loup qui offre
des pages intéressantes.
Les aventures, situées dans une lointaine préhistoire
de sociétés claniques, se déroulent dans la
forêt, puis dans des îles habitées par des tribus
aux coutumes proches de celles des Inuits. La vie des hommes et
des femmes, la religion, le système clanique, les techniques
de construction et d’artisanat de ces deux milieux, la nourriture,
les pratiques de pêche et de chasse, tout cela est évoqué
d’une façon très précise qui n’évite
pas toujours un ralentissement de la narration.
On fabrique des cabanes, on apprend à pagayer, à se
nourrir, on rencontre des animaux avec lesquels on noue des relations
fortes, on se perd souvent et on se retrouve toujours, sans que
l’auteur y mette un grand souci de vraisemblance, avec la
légèreté et la jubilation propre aux romans
d’aventure. Celui-ci est captivant, et propose une évasion
radicale qui met le lecteur au cœur d’une réflexion
sur les rapports de l’homme à la nature et aux mondes
animal et végétal auxquels on donne vie comme dans
les civilisations animistes.
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Une
réserve vient cependant de la traduction. Celle du
titre est peu claire par rapport au sens du livre, mais on
est encore plus gêné par des tournures bizarres,
des erreurs et quelques dérapages, dus sans doute au
correcteur orthographique automatique, qui font perdre le
sens de la phrase. Ce regret ne devrait cependant pas gâcher
le plaisir de lecture d’un roman inventif et très
bien documenté qui ne peut que nourrir l’imaginaire
d’un jeune lecteur tout en lui faisant découvrir
des civilisations inconnues.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(juillet 2006) |
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

http://www.orionbooks.co.uk/11257-0/Author-Michelle-Paver.htm
http://www.jeunesse.hachette-livre.fr/
http://www.livredepochejeunesse.com/pochejeunesse/LDPJ
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