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Dumitru
Mosor, peintre invité, ainsi que les œuvres
de Sorin Novac, Catinca Popescu, Valeriu Susnea et
Ionita G. Andron
Chapelle Sainte-Marguerite - Sainte-Foy-les-Lyon
14h-19h - Entrée libre
Association Rhône-Roumanie
Lumières roumaines
Ce ne sont pas moins de cinq artistes roumains dont les
œuvres sont proposées aux amateurs de peinture et de
photographie lors de cette riche exposition organisée par
l’association Rhône-Roumanie dans la jolie Chapelle
Sainte-Marguerite de Sainte-Foy-les-Lyon. Cinq artistes - les peintres
Dumitru Mosor, Sorin Novac, Catinca Popescu, Valeriu Susnea et le
photographe Ionita G. Andron - dont le rapprochement assure à
l’exposition une diversité plaisante en elle-même,
et qui promet à tout un chacun de rares moments de contemplation
esthétique.
Il y a tout d’abord Dumitru Mosor, peintre
invité, né en 1961, dont les œuvres polymorphes
ont déjà été reconnues en Roumanie comme
en Europe, et notamment en France, à Barbizon, où
il est venu en 2001 exposer ses tableaux sur les traces de Grigorescu.
Peintre aux talents multiples, habitué tant à la peinture
murale et à la réalisation de fresques, qu’à
la peinture d’icônes sur bois et à la mosaïque,
pour de nombreuses églises et cathédrales roumaines,
Mosor expose à Sainte-Foy un magnifique ensemble de tableaux
et d'icônes révélant toute la valeur de sa peinture,
toute l’ampleur de son art tour à tour abstrait et
figuratif. Qu’il s’adonne à d’intenses
paysages - petits villages campagnards, montagnes, lacs et rivières
de Roumanie, des mythiques Carpathes d’où Mosor est
originaire (Târgu-Neamt) -, ou aux “tentations du
non-figuratif”, à de simples formes géométriques
- carrés, rectangles, qui s’ouvrent les uns sur les
autres comme des poupées russes -, Mosor confère à
ses œuvres une impressionnante luminosité, et instaure
partout le superbe règne des couleurs chaudes : fraîche
verdure, bleus limpides, douceurs dorées, automnes rougeoyants
comme l’on en voit qu’en Roumanie... Le trait du pinceau
est souvent nerveux, élancé ; vacillations et tendres
fissures vivifient les rectangles et carrés ; rien n’est
jamais figé : toujours un mouvement, une dynamique, emportent
l’esprit du spectateur plus loin qu’il ne le pensait...
D’autres couleurs, d’autres harmonies font l’œuvre
de la peintre d’art naïf Catinca Popescu,
née en 1935, qui elle aussi a fait le tour du monde avec
ses tableaux, depuis une vingtaine d’années. Précision
des traits, simplicité des lignes, franchise des couleurs
sont au rendez-vous chez cette amoureuse du thème du village,
affectionnant de croquer de jolies saynètes humaines et de
tendres atmosphères, dans une nature amicale, non sans une
pointe d’humour qui touche au poétique.
L’art de Sorin Novac, artiste diplômé
en 1980 de l’Art Plastique Nicolae Grigorescu de Bucarest,
impressionne par l'ampleur imaginaire que lui valent ses effets
structurels ; œuvre marquée par une intense réflexion
picturale, ces dessins ne manquent pas de gagner l’œil
du spectateur.
À ne pas manquer : l’œuvre de Valeriu
Susnea, membre de l’Union des Arts Plastiques, et
Titulaire de l’Ordre du Mérite Culturel de Roumanie,
artiste passé maître dans le domaine unique de la peinture
sur verre. La pureté de ces œuvres entremêlant
thèmes mystiques et religieux et composantes d’origine
populaire, doit certainement à la technique, particulièrement
minutieuse, exigée par le matériau, le verre : il
faut peindre à l’envers, sur la face du dessous, et
donc commencer par les détails superficiels, pour finir avec
les formes plus importantes et, en dernier lieu, les fonds et feuilles
d’or. L’influence de l’art de l’icône
est manifeste, tout comme l’inspiration orientale ; Susnea
joue avec l’imagerie folklorique de son pays, qu’il
introduit dans des visions mouvementées, en célébration
d’une joie de vivre très communicative.
Quant aux émouvantes photographies de Ionita G. Andron (1917-1989),
photographies en noir et blanc de la Roumanie du XXème siècle,
et tout particulièrement de la région des Maramures
(nord-ouest de la Roumanie), elles intéressent à la
fois par leur valeur historique et ethnographique et par leur grande
valeur esthétique. Insouciantes saynètes rurales et
méditations sur des paysages magistraux se relaient pour
nous plonger dans un autre monde, celui auquel Andron a consacré
sa vie d’avocat, de photographe et d’écrivain
: le pays d’Oas, ses traditions paysannes, ses collines...
Plusieurs livres ont déjà été consacrés
à ce photographe décédé il y a quinze
ans, qui a laissé derrière lui plus de 80 000 photographies
uniques au monde.
Tous les goûts sont donc susceptibles d’être flattés
dans cette exposition variée, dont les œuvres inestimables
sont d’ailleurs à vendre. Plus qu’un fil directeur,
la Roumanie ici magnifiée agit en vecteur d’universalité
: de même que la beauté de ses paysages ne peut laisser
personne insensible, de même, l’on ne peut qu’apprécier
la richesse artistique de ce pays où, pour le plaisir de
tous, on ne dissocie pas Art et Art de vivre.
Nicolas
Cavaillès
(septembre 2004)
Nicolas
Cavaillès, spécialiste de l'œuvre
de Cioran, lié à la Roumanie et à sa littérature,
poursuit, après des études de lettres et de philosophie,
des recherches autour de l'écriture, des manuscrits et de
la création artistique (critique génétique).

Rhône-Roumanie
Sur
Andron : www.memoria.ro
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