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L'autographe
: une quête, celle du respect...
Dans L’autographe,
Susie Morgenstern permet une nouvelle fois au lecteur enfant de
se reconnaître dans une scène de la vie scolaire par
l’intermédiaire d’Hermine, élève
de cours moyen ; c’est un âge de prédilection
pour Susie Morgenstern, l’âge des questionnements sur
le monde environnant, quand l’enfant commence à y évoluer
de façon plus autonome.
Hermine, donc,
apporte en classe l’autographe de son idole, le violoncelliste
Rostropovitch ; la maîtresse a demandé à chaque
enfant d’apporter son objet le plus précieux, alors
forcément c’est à ce papier rangé tendrement
dans ses affaires qu’Hermine a pensé immédiatement
: ce papier « touché par la main d’un génie
! »
Ah ! Ce n’est pas très encombrant, ni utile, ni ludique,
mais c’est son cœur qui parle.
Alors bien sûr, les enfants de sa classe de CM1 se moquent
de ce bout de papier froissé avec un nom plutôt rigolo
à prononcer et qui devient même le surnom d’Hermine.
Et on continue à se moquer… La mode est lancée,
les enfants apportent d’autres autographes : Zizou par exemple,
c’est quand même une star planétaire… Seulement
quand Miranda apporte l’autographe de Charlemagne au stylo
et sur papier Kraft, Dominique, la maîtresse, décide
de reprendre les choses en main.
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Pour
rebondir sur l’idée d’Hermine qu’elle
a plutôt appréciée et pour canaliser les
réflexions des enfants, elle leur demande de choisir
des personnages qu’on pourrait qualifier «d’admirables»,
même s’ils sont morts, des gens qui seraient stars
de tous les temps.. Drôle de devoir, les parents sont
sceptiques… Mais Dominique insiste, elle aide les enfants
à réfléchir : qu’est-ce qui fait
qu’un homme ou une femme est admirable ??? Petit à
petit les enfants s’interrogent sur la passion, le bonheur,
l’ambition, le désir de changer le monde…
Ils font le tour des personnages de la culture et de la science
mais Hermine revient à la charge : elle écoute
encore son cœur, sa proposition est de nouveau bien originale,
mais cette fois personne ne se moque. Grâce à
sa trouvaille, elle parvient à expliquer comment chacun
de nous est une étincelle de génie dans l’humanité
et est donc admirable à sa manière. Même
Jérémie, le garçon au début le
plus moqueur de la classe, va l’aider à enrichir
cette nouvelle vision géniale du monde… |
Voici donc un
roman bien attachant, optimiste, dans la ligne favorite de Susie
Morgenstern, celle qui consiste à montrer qu’on peut
surmonter toutes nos différences, profiter de toutes nos
idées partagées : chacun existe, a son importance,
s’exprime au milieu des autres et grandit avec l’expérience
de tous. Pour cela, nous sommes tous respectables et admirables.
Le lecteur, lui, admire Hermine qui va déclencher tant d’intérêts
: il est ravi qu’elle persiste à s’affirmer,
et qu’elle recueille l’amitié. Il adore les dernières
lignes de l’histoire, pleines d’humour.
Il admire les enfants de la classe et leur foisonnement d’idées.
Il admire aussi la maîtresse, Dominique, le seul adulte du
livre, puisque l’auteur laisse plus de place aux enfants,
mais c’est elle qui est le guide nécessaire ; elle
défend une pédagogie attentive et originale qui n’est
pas toujours reconnue. Dominique, c’est aussi un peu Susie
Morgenstern : quand l’institutrice annonce son choix d’autographe,
on se rappelle à qui l’auteur a dédicacé
son récit…
Les dessins de Theresa Bronn complètent
sobrement l’album ; cette illustratrice et Susie Morgenstern
collaborent également pour des scènes familiales destinées
aux plus jeunes, Pas de bol en 2001 (Editions
T. Magnier, collection albums maternelle) et Pas,
qui vient de paraître aux Editions du Rouergue. Ce dernier
ouvrage, L’autographe, est lui aussi
une collaboration réussie, un récit d’actualité,
à lire pour reprendre confiance…
Martine
Falgayrac
(novembre 2003)

http://www.ecoledesloisirs.fr
http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?name=Morgenstern&surname=Susie
http://www.univ-lille3.fr/www/Ufr/idist/jeunet/auteurs/morg98/fr_morg.htm
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