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Claude
Morand fut journaliste d'art, psychothérapeute,
assistante de mise en scène et l'auteur de nombreux textes
jeune public ; elle est décédée en 2003.
Etre
libre de rester en enfance
Le « Journal
Infime » de Claude Morand est traversé de moments d’enfance
entre la légèreté et la souffrance. L’auteur
se penche avec tendresse sur cette période féconde
et prend le parti de teinter son récit d’humour, au
cœur même de moments douloureux.
Tout débute par une naissance non désirée mais
c’est « enfin une fille » selon son père.
Enfant chouchoutée par deux grands frères et des parents
insolites, entre une mère qui « l’accable d’un
amour cannibale » et un père sourd, gazé en
1914-18, qui lui donne la permission de le regarder se raser pour
qu’elle ait la « barbe à papa » rien que
pour elle !
Puis la guerre éclate, Michel, le frère adoré,
futur compositeur, est tué d’une balle, dans la rue,
alors qu’il retournait chercher la montre de sa grand-mère
; et le deuxième frère, Jacques, s’inscrit à
l’Ecole Coloniale. L’auteur se délecte à
raconter les anecdotes de la deuxième guerre, pourtant tragiques
; les tickets de rationnement, les rafles, les déménagements…
Claude Morand sera une petite fille « trop jeune pour comprendre
», malade du scorbut, devant par la suite passer des mois
en préventorium pour une pleurite. Elle échoue dans
un établissement religieux « tapioca à chaque
repas », elle y redouble d’actes de violence et de révolte,
mais sera comprise, contre toute attente, par la Mère Supérieure,
qui connaît son deuil, la douleur de la perte de son frère,
et lui dit « tu n’es pas en prison, tu es libre, tu
comprends ça ? ».
Claude Morand restaure des témoignages sur une époque
révolue, grave, mais restituée avec candeur grâce
à ce regard d’enfant, qui perçoit la vie comme
un jeu.
Une soif, une envie de vivre et un souci de rester « en enfance
» comme l’auteur le souligne : «La porte qui
m’y conduit est restée grande ouverte. Je n’ai
jamais pu la claquer et je me ballade en enfance quand je veux,
comme je veux».
C.
Genin
(janvier 2005)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

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