Sorcier !
L'Ecole des loisirs
collection Medium
à partir de 12 ans

 

 

Sorcier ! (V : l’étoile)

Le mystère se dissipe peu à peu. Grâce aux visions de Siki-Siki, on commence à comprendre pourquoi la tour de l’Est de la forteresse de Lur est interdite, et ce qui s’y est passé. On découvre l’histoire cachée des sorciers et la raison pour laquelle le « Langage » a été perdu. On déchiffre les Actes de Gravatte. Autant dire qu’on ne s’ennuie pas et que le roman garde dans ce volume un très bon rythme, mêlant drame et humour, suspens et action.
Mais bien des mystères demeurent et d’autres naissent : on n’en a pas encore fini avec Finn, le maître sorcier, lampadéphore, etc. et avec les prophéties qui le concernent. Ni avec les aventures de Mélipona qui tente de prendre le pouvoir dans son royaume, rusant contre les intrigues des félons (tous des hommes : ce volume donne à cette série une orientation féministe de plus en plus prononcée).
Enfin, la silhouette de Miricaï, le père de Finn dans le premier volume, dont la paternité est progressivement démentie au cours des suivants, se rapproche à nouveau : quel rôle joue-t-il ? qui est-il ? vous le saurez (peut-être) en lisant le prochain épisode… à moins que cette série ne vise un record de longévité ? ce qui somme toute ne serait pas une mauvaise nouvelle.

Anne-Marie Mercier-Faivre
(février 2008)


Sorcier ! 3 : le premier temps du chaos de Moka L’école des loisirs (neuf), 2007

Sorcier ! à suivre…
Un peu d’essoufflement ? le rythme endiablé des tribulations de Finn, l’anti-héros de la série Sorcier ! semble se ralentir. On n’est plus aussi pris, il y a des longueurs, et ce troisième tome dont on pensait qu’il allait clore une trilogie s’avère être un simple autre volume au milieu d’une suite dont on ne sait combien de tomes elle comportera.
Il y a de beaux moments pourtant. La pédagogie anti-superstitieuse menée par Finn reprend des idées de Fontenelle (celle notamment de l’Origine des fables ou de l’Histoire des oracles) qui seraient mises à la portée des enfants. Et pendant ce temps, la guerre et les complots qui se trament sentent leur Machiavel. Cela reste donc un plaisir de retrouver ce héros, mais on se demande si cette saga si bien commencée supportera la durée (à suivre, donc !). A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

Sorcier ! (vol.4) de Moka, Ecole des loisirs, 2007

Ce quatrième volume renoue heureusement avec le rythme des premiers. Plusieurs actions se déroulent en parallèle : celle du héros qui franchit une nouvelle étape de la compréhension de son rôle à défaut de savoir qui il est, celles des héroïnes qui prennent une place de plus en plus grande (la série devient quelque peu féministe), celle des traîtres qui cherchent à conquérir le petit monde dessiné par la carte du début : royaumes moyenâgeux, terres des sorciers et des mages, dunes et forêts.
Beaucoup d’humour, de l’action (parfois violente), de la stratégie et des énigmes qui restent entières en attendant le cinquième volume qui devrait sortir prochainement.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

 

Tome 1 : menteurs, charlatans et soudards

Parmi la quantité de romans et même de séries (puisque c’en est une) sur le thème de l’éducation d’un jeune sorcier, Moka propose un livre qui rassure sur les possibilités de faire encore du neuf avec ce sujet. Elle propose avec Finn, son héros de 16 ans, un Harry Potter déceptif et de ce fait très réjouissant : mauvais élève, pétri d’égoïsme, pourvu d’une mère peu présentable et d’un père très hypothétique, on le voit dans ce premier tome partir en apprentissage du “ métier ” de sorcier dans la forteresse de Lur d’où il s’enfuit et commence des tribulations dangereuses et parfois éprouvantes (signalons la présence vers la fin du livre d’une scène horrible et réaliste qui pourrait impressionner). Face à lui, les vénérables, affublés de noms savoureux, apparaissent comme très (trop) humains et souvent ridicules, les guerriers n’ont rien d’héroïque, les devins voient trouble. Les poncifs de la fantasy sont ainsi mis à mal de façon réjouissante, sans qu’elle soit totalement minée : la magie et le mystère sont malgré tout présents, de façon discrète et progressive, et en font une lecture passionnante et pleine de suspens.

L’univers du roman (celtico-orientalo-médieval ?) est enrichi par des trouvailles, comme le village des Cheramis (cheRami, en fait) et des Cheramas : les lieux traversés sont décrits avec leurs usages, leur langue, leur économie, chacun d’eux est un micro-univers surprenant. Les paysages, évoqués pourtant rapidement, donnent un arrière plan qui permet une représentation visuelle forte des différents moments. Aucun détail n’est gratuit, mais chacun vient à propos. Enfin, un humour assez irrévérencieux se mêle à la gravité des situations.
Malgré sa désinvolture par rapport à l’univers des sorciers, le roman propose un mystère qui tient en haleine : la question des origines de Finn, si elle est centrale comme c’est le cas dans la plupart de ces séries, reste suspendue.

La nature du fameux “ Langage ” que tous les sorciers recherchent est inconnue de tous, et l’on peut supposer que tout tournera autour de ce thème par la suite : Finn arrivera-t-il à le maîtriser ? Qu’un puissant langage soit au cœur du roman n’est pas une nouveauté : on se souvient de la belle trouvaille d’Eric Lhomme dans Le Livre des étoiles, ou des différents langages dans Ella l’ensorcelée de Gail Carson Levine, et bien sûr de ceux du Seigneur des anneaux. Mais si ce n’est pas une nouveauté en soi, chaque traitement est différent et celui qu’annonce Moka est prometteur.

Si le thème du sorcier paraissait quelque peu usé, Moka le renouvelle bien en le traitant avec un merveilleux humour et en proposant à travers un personnage attachant un récit initiatique. Elle renoue aussi ce thème à la question des relations entre science et magie (les charlatans) et à celle des pouvoirs du langage sur le monde.
La littérature jeunesse française pourra-t-elle offrir une autre belle série sur ce thème ? On le suppose, et on attend la suite avec impatience !

Anne-Marie Mercier-Faivre
(avril 2006)

Anne-Marie Mercier-Faivre est professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

 

http://www.ecoledesloisirs.fr

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Jeu mortel - L'Ecole des loisirs, 2003