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L’Amour
sous toutes les coutures
Les sept nouvelles
qui constituent ce recueil ont été écrites
par Mishima à des périodes très différentes
de sa vie, entre 1946 et 1965. Précisons : hormis Une
matinée d’amour pur, le dernier texte paru en
1965, la période de création la plus faste de l’écrivain
japonais, toutes les autres nouvelles proviennent des années
1946-1949 et sont donc des œuvres de jeunesse. Le fil rouge
entre les sept textes est le thème de l’amour que Mishima
aborde ici sous de nombreuses formes : premier amour, amour de la
Nature, saphisme, adultère… Il dépeint également
certains des sentiments et déviances qui accompagnent la
passion amoureuse tels le sadisme, la nostalgie de retrouver une
femme aimée des décennies plus tôt ou des jeux
érotiques pervers utilisés par un couple vieillissant
pour raviver leur amour.
Plusieurs textes
se détachent particulièrement par leur maturité.
C’est le cas d’Haruko où Mishima, comme
il l’a souvent fait par la suite, décrit les fantasmes
et les tourments d’un jeune homme encore vierge. Le narrateur
de 19 ans se souvient de sa tante Haruko Sasaki qui a créé
le scandale une dizaine d’années plus tôt en
s’enfuyant avec le chauffeur de la famille ; depuis «
ce nom avait tendance à s’attacher à tous
mes souvenirs de honte. Aussi bien à une curiosité
folle qu’à une vénération absurde du
désir charnel. Et ce nom finit par incarner pour moi un tabou
ou une formule magique. ». Devenue veuve de guerre, Haruko
rentre chez elle accompagnée de sa belle-sœur Michiko,
la sœur de son défunt mari. Le jeune homme va entamer
une relation amoureuse avec sa tante tout en cherchant à
travers elle à séduire Michiko. Il devient alors le
jouet consentant des jeux troubles des deux femmes…

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La
nouvelle Une matinée d’amour pur est
construite d’une manière originale : un couple
approchant la cinquantaine, Ryôsuke et Reiko, s’embrasse
avec la passion qui les unissait déjà 25 ans
plus tôt. Si chacun utilise les habituels artifices
(teinture de cheveux…) pour paraître plus jeune,
on nous explique que ce couple emploie des méthodes
plus ‘insolites’ pour sauvegarder leur amour.
Dans la seconde partie, on assiste à l’interview
de Takeshi Yamawaki, un jeune étudiant, qui détaille
comment il s’est fait ‘draguer’ par une
dame d’un certain âge dans une boîte de
jazz…
Loin
d’être le ‘fond de tiroir’ que l’on
aurait pu redouter parmi l’œuvre prolifique de
Mishima, ce recueil de nouvelles intéressera avant
tout les admirateurs du grand écrivain japonais. Il
donne une fois de plus la mesure du talent de ce maître
qui sait si savamment doser cynisme, perversité et
poésie. |
Anne
Weber
(octobre 2003)

Gallimard
http://www.gallimard.fr/
http://fabien.osmont.free.fr/mishima/mishfram.htm
http://www.vill.yamanakako.yamanashi.jp/bungaku/mishima/index-e.html
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