Lyon, Théâtre des Célestins
19-23 mars 2003


de
Thomas Bernhard
mise en scène Claudia Stavisky

Théâtre des Célestins, Lyon
du 26 février au 23 mars 2002
du 19 au 23 mars 2003

 

Tournée 2002-2003

Festival d'Avignon 2002 - 15-27 juillet 2002
Paris
- Théâtre de la ville 26 septembre - 19 octobre 2002
La Rochelle - La Coursive, Scène Nationale 12 - 13 novembre 2002
Marseille - Théâtre du Gymnase 22 - 30 novembre 2002
Sceaux - Les Gémeaux, Scène Nationale 6 - 8 décembre 2002
Cherbourg - 12 - 13 décembre 2002
Nantes - Maison de la Culture de Loire-Atlantique 6 - 11 janvier 2003
Chambéry - Espace Malraux, Scène Nationale 16 - 18 janvier 2003
Chartres - Théâtre de Chartres 28 - 29 janvier 2003
Nevers - Maison de la Culture de Nevers et de la Nièvre 7 - 8 février 2003
Albertville - Le Dôme 13 février 2003
Annecy - Bonlieu, Scène Nationale 18 - 22 février 2003
Bayonne - Théâtre de Bayonne 27 février 2003
Tours - Centre Dramatique Régional 4 - 5 mars 2003
Colombes - Salle des Fêtes 7 mars 2003
Valence - Comédie de Valence, 12 - 14 mars 2003
Sète - Théâtre de Sète 28 - 29 mars 2003
Cergy - L’apostrophe, Scène Nationale 3 - 5 avril 2003
Narbonne - Théâtre de Narbonne 8 - 9 avril 2003
Villefranche-sur-Saône - Théâtre 16 - 17 avril 2003
Amiens - Maison de la culture 14 - 16 mai 2003


"J'ai toujours écrit pour des comédiens, jamais pour un public car je n'écris pas pour des idiots, seulement pour des comédiens comme Minetti c'est à dire des "hommes de l'esprit", même si des idiots ont joué dans mes pièces. Le public est l'ennemi de l'esprit, c'est la raison pour laquelle je me contrefiche de lui… Il est et doit rester mon ennemi". Thomas Bernhard a l'honneur de ne pas louvoyer entre les compromis. Il faut dire que son public était autrichien et qu'il ne portait pas l'Autriche (néo)fascisante dans son cœur.


© Christian Ganet Photographe

Bernhard Minetti (étrange chassez-croisé entre le prénom de l'un et le nom de l'autre) était un grand acteur, un monstre sacré, de la scène théâtrale allemande des années 70 et 80. Dans sa pièce, Thomas Bernhard s'inspire de traits biographiques réels qu'il mêle à la fiction. La pièce se déroule dans un hôtel d'Ostende où le comédien attend un directeur de théâtre qui lui a apparemment proposé de rejouer le Roi Lear à l'occasion du 200e anniversaire de son théâtre. Lear est le personnage préféré de Minetti, il l'a joué dès 18 ans et aussi longtemps qu'il a dirigé le théâtre de Flennsburg. Ensuite, il a dû quitter la ville à cause d'un procès, il est devenu un comédien errant.
Trois arches en bois gigantesques et parallèles sont plantées sur l'échiquier noir et blanc de la scène. Un groom empressé, un réceptionniste narquois, une dame se prélassant sur un sofa entourent Minetti. Ce dernier porte un long manteau gris, un chapeau et une vieille valise contenant le fameux masque d'Ensor qu'il utilisait pour jouer Shakespeare.

La structure géométrique de la scène en fait le symbole de l'esprit humain, de l'esprit du théâtre, menacé, dehors, par une tempête de neige de Saint Sylvestre. Au milieu de cette scène-cerveau, Minetti (Michel Bouquet magistral) entonne un (quasi) monologue dans une grande économie de gestes, ressassant ses souvenirs, ses théories, ses partis pris. Son "dé-Lear" autobiographique pousse lentement ses ramifications, enserrant peu à peu le spectateur dans un maillage réticulaire de mots, invocations, hésitations et répétitions. La salle est mise sourdement sous tension. Une tension tout en retenue, émaillée de silences et des apparitions fantomatiques et inquiétantes de personnages de carnaval.
Minetti se livre à une mathématique théâtrale, aligne axiomes et théorèmes, prolonge, opiniâtre, son raisonnement d'artiste-scientifique malgré les persiflages et les moqueries étouffées. Son raisonnement aussi bien peut prendre une forme circulaire, monomaniaque : l'acteur ressasse ses obsessions telles de discrètes incantations.
Il ne se passe quasiment rien, au niveau de l'action, pendant 1h30 et néanmoins Michel Bouquet parvient à mettre son public sous hypnose. Le verbe, magnétique, avance masqué. Le théâtre c'est de la sorcellerie.

Jean-Emmanuel Denave
(mars 2002)


Claudia Stavisky

Théâtre
des Célestins
Lyon

renseignements
04 72 77 4000

La pièce met en scène, un soir de la Saint Sylvestre, un "drôle de monsieur" qui prétend s'appeler Minetti comme le célèbre acteur allemand. Il est venu là, dans cet hôtel vieillot d'Ostende pour rencontrer un directeur de Théâtre qui l'a invité à jouer le rôle du Roi Lear. Et devant tous ceux qu'il croise dans le hall, il retracera ses démêlés avec la vie, dira ses espoirs et ses certitudes illusoires. Il dévoilera, dans l'illusion qui s'échange entre la scène et la salle, la profonde réalité d'une fascination réciproque.

 

avec Michel Bouquet, Yvon Bernard, Juliette Carré, Paul Predki, Christian Taponard...


http://www.mairie-lyon.fr/celestins/

Du même auteur : L'imitateur

Avignon
http://www.festival-avignon.com

Thomas Bernhard
http://mapage.noos.fr/thomasbernhard/
http://www.arche-editeur.com/Catalogue/B/bernhard2.htm
http://www.remue.net/cont/bernhard.html

Claudia Stavisky, mises en scène :
Le Barbier de Séville
La Locandiera
Répétition Publique

Minetti
http://www.humanite.presse.fr/journal/1998/1998

Michel Bouquet
http://members.netscapeonline.co.uk/jameswtravers/nf_mbouquet.html
http://www.magazine-litteraire.com/papiers/theatre4.htm