Méandres métaphoriques
Comme l’auteur
le précise lui-même « Les lecteurs astucieux
auront remarqué que j’ai utilisé comme point
de départ de ce roman la vie du cinquième duc de Portland,
William John Cavendish-Bentinck-Scott. Ils auront perçu avec
quelle promptitude les vies du vrai duc et de son homologue imaginaire
divergent, et mesuré par conséquent les libertés
radicales que je me suis autorisé à prendre. »
Mick Jackson s’appuie donc sur la personnalité fantasque
de ce richissime aristocrate anglais, mort en 1879, qui fit creuser
sous son vaste domaine du Nottinghamshire un réseau de tunnels
lui permettant de rejoindre clandestinement le monde extérieur.
Laissant de côté la biographie romancée, il
crée son propre duc, en proie à une psyché
des plus torturées dont il explore les moindres recoins.
Les tunnels que le personnage fait construire - synonymes d’enfermement
et non d’ouverture – deviennent les symboles du labyrinthe
virtuel de sa folie.
Au fil des pages
du journal intime de son héros, auxquelles viennent s’ajouter
les témoignages de quelques personnages secondaires, se dessine
le portrait d’un homme qui voudrait désespérément
comprendre les raisons d’une intolérable souffrance
qui le broie peu à peu.
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Atteint
d’hypochondrie aiguë, le duc détaille avec
délectation ses différents symptômes et
affections, épuisant les tenants de la médecine
traditionnelle qui peinent à voir la douleur morale
du « vieil excentrique inoffensif ».
Derrière l’évidente somatisation se cache,
en effet, un secret familial qui hante l’homme, peu
à peu submergé par d’étranges visions
et hallucinations.
« Privés de souvenirs, c’est de nous-mêmes
que nous sommes soudain dépossédés. Sans
notre histoire, nous sommes pour ainsi dire désertés.
Nous pouvons sans doute continuer à marcher, à
manger, à dormir, mais en vérité, nous
ne sommes plus personne. »
Obsédé par l’idée de retrouver
et d’exhumer ce souvenir qui lui rendrait son identité,
le duc part en quête d’indices, passant au crible
les endroits oubliés de son immense propriété…
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Mick Jackson,
né en 1960 en Angleterre, est également réalisateur
de films. Il possède des atouts évidents - une bonne
technique, une écriture visuelle et kinesthésique
intéressante. Toutefois, son roman ne convainc pas entièrement,
la plongée métaphorique restant tout de même
assez superficielle. Davantage de profondeur n’aurait pas
nui !
Florence
Cottin
(mars 2006)
Florence
Cottin,
titulaire d'une maîtrise de littérature américaine
à Paris III, professeur certifié, enseigne l'anglais
depuis 15 ans. Elle collabore également à parutions.com,
toujours dans son domaine de prédilection - les auteurs anglophones.

http://www.christianbourgois-editeur.fr
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