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Mary
Hooper signe là un roman historique passionnant qui nous
entraîne dans la ville universitaire de Oxford, en 1650.
Lorsque l’on
découvre la voix d’Anne Green, l’héroïne
de cette histoire inspirée d’un fait réel, on
ne sait pas où elle se trouve car elle nous dit dès
les premières lignes : « Je ne ressens rien : ni
le froid ni le chaud, ni la faim ni la satiété. Juste
l’obscurité et le vertige du vide grandissant, mais
ce n’est pas si désagréable. […] Je perçois
un mouvement au fond de mes yeux : quatre traces blanches et floues
glissant dans le noir. Ces traces sont aussi douces que des plumes,
elles me font penser à des colombes ou aux ailes d’un
ange, tendres et réconfortantes. »
Est-elle morte ou vivante, Anne ? Est-elle au paradis ou en enfer
? C’est ce que l’on va découvrir peu à
peu, au fil de la narration où alternent le récit
de la jeune femme et un récit à la troisième
personne mettant en scène le monde des médecins qui
l’observent.
Anne est une
jeune servante placée très jeune au service d’un
très riche propriétaire terrien, sir Thomas Reade,
chez lequel elle trime de l’aube à la nuit, comme la
nombreuse domesticité du maître des lieux. Elle ne
se plaint pas, c’est sa condition. Elle est belle, courageuse,
efficace et elle a peu d’amis au manoir. Un seul espoir dans
sa vie : John Taylor, le forgeron du village, qui la courtise et
dont elle apprécie les attentions délicates. Son malheur
vient de Geoffrey, le petit-fils de Sir Thomas, qui lui tourne autour
en lui promettant monts et merveilles, et auquel elle cède
finalement. Anne se retrouve enceinte, cache sa grossesse et accouche
six mois plus tard d’un bébé mort-né,
toute seule dans les latrines. Accusée d’infanticide,
elle est pendue à Oxford sans que le père de son enfant
soit inquiété. Elle comprend que les nobles ont tous
les droits et que les pauvres n’ont guère à
attendre d’une justice injuste.
Anne est donc
pendue, déclarée morte, et placée dans un mauvais
cercueil en bois. Son corps est livré à la faculté
de médecine, afin d’être ouvert et utilisé
dans un cours de dissection.
L’un des étudiants, Robert, très timide et affligé
d’un bégaiement handicapant, est fasciné par
cette jeune femme dont il connaît des bribes d’histoire.
Il regarde ce corps qui sera bientôt livré aux médecins
et il observe les paupières d’Anne qui tressaillent.
Est-elle vraiment morte, cette femme qui l’émeut tant,
ou bien ressuscitée ?

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Mary
Hooper nous offre un roman passionnant et très dense,
intéressant à plus d’un titre, qui nous
plonge dans la société anglaise du XVIIème
siècle, où Cromwell vient d’arriver au
pouvoir, où s’affrontent puritains et progressistes,
où la médecine doit composer avec Dieu, où
la condition paysanne et domestique est particulièrement
dure et où la noblesse est inattaquable. Sur fond historique
documenté et très vivant, M. Hooper compose
aussi un roman d’apprentissage remarquable, dans lequel
la naïve et touchante Anne paie de sa vie sa trop grande
confiance envers les « gentilshommes ». On s’immerge
aisément dans le récit, qui reste en marge du
surnaturel, et qui s’apparente néanmoins au roman
gothique anglais. Les longs monologues intérieurs d’Anne,
explorant un au-delà angoissant et rappelant aussi
sa vie terrestre très difficile, participent à
l’intensité dramatique du récit. |
Catherine
Gentile
(avril 2008)
Catherine
Gentile est documentaliste, formatrice en littérature
jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre
de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville
et auteur de Bulles en stock (Bibliographie
sélective et commentée de bandes dessinées,
ed. Cedis, 1999) ; elle a aussi chroniqué littérature
de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI pendant
plus de quinze ans.

http://www.editionsdupanama.com/
Mary Hooper
vit en Angleterre et écrit depuis plus de vingt ans. Elle
s’est essayée à de nombreux genres : presse,
nouvelles, romans, romans jeunesse. Avec ce roman, elle se consacre
à l’une de ses passions : le roman historique.
Newes from the dead sera publié
simultanément en Angleterre, aux USA, en Allemagne et en
France, où Mary Hooper est encore inconnue. |