concert
n°2 : Samedi 29 janvier 2000 à 18h00
concert
n°3 : Samedi 29 janvier 2000 à 20h30
Dimanche
30 janvier 2000 à 18h30
L'Auditorium
de Lyon
et L'Association des Festivals
89 rue de Bonnel cccccc
69003 Lyon
04 78 95 95 95
De
nombreux autres concerts,
renseignements au 04 78 38 09 09
Samedi 29 janvier 2000 à 18h00
Andante Cantabile et Presto
(Bruno Robillard, Piano)
Lieder de Felix et Fanny Mendelssohn
(Laurent Alvaro, baryton - Sabine Vatin, piano)
Quatuor a capella pour voix d'hommes
(Alexandre Swan et Loïc Fékix, ténors - Laurent
Alvaro, baryton - Christophe Grapperon et Frédéric
Caton, basses)
Cela
fait maintenant quatre ans que les Rencontres de Musique de
Chambre existent. Après Brahms, Schumann et Beethoven,
c'est donc Félix Mendelssohn Bartholdy qui a été
choisi, compositeur finalement peu joué hors sa musique
pour piano et son " Concerto pour violon ". Durant ce week-end,
six concerts lui sont consacrés.
Le concert n°2 a pour thème majeur des lieder des Mendelssohn.
Si Félix a été relativement oublié
au XXe siècle, que dire de sa soeur Fanny ! Elevée
avec lui, aussi douée pour la musique que lui, elle dut
renoncer à en faire sa profession (une femme compositeur,
allons, ce n'est pas sérieux). Même son frère
l'en dissuada malgré l'amour qu'il lui portait. C'est
donc une riche idée que d'avoir programmé quelques-unes
de ses partitions, participant à sa réhabilitation
actuelle.
Les lieder de Félix Mendelssohn suivent, apparemment,
des principes de rigidité en forme et en structure. Ils
peuvent alors paraître en deçà de ceux de
Schubert ou Schumann. Mais tout l'art de Mendelssohn est justement
dans sa capacité à développer et à
exploiter les valeurs acquises. A travers des poètes
principalement germaniques -Mendelssohn est un prosélyte
de la musique allemande - la nature est le thème majeur
de ces lieder, traduisant aussi bien l'angoisse devant l'infini
que l'amour.
Le baryton Laurent Alvaro est remarquable dans " Nachtlied "
lorsqu'il s'agit d'exalter la nuit, élément romantique
par excellence, ou dans le mystérieux " Andres Maienlied
". A l'aise dans le grave et les effets dramatiques aux volumes
sonores importants, il est un peu décevant dans certains lieder
comme "Der Eichwald Brauset ", " Fichtenbaum und Palme
", ou "Schlafloser Augen Leuchte ". On attendait alors une voix
plus légère capable de passer à la nuance
piano avec sensibilité et clarté. Quant à
la gestuelle, est-il nécessaire d'utiliser les mimiques
stéréotypées et dépassées
-on l'espérait- de l'opéra ? Le piano de Sabine
Vatin, sait heureusement se projeter avec force vers la voix
et s'unir à elle sans perdre son identité.
Des lieder a capella, plus ludiques et très appréciés
par le public concluent ce concert à la programmation
judicieuse.
Barbara
Marmonier
Samedi
29 janvier à 20h30
Sonate pour violoncelle et piano n°1 op.45
(Anne Gastinel, violoncelle - Roger Muraro, piano)
Six romances sans paroles op.67
(Bruno Robilliard, piano)
Trio n°1 pour piano, violoncelle et violon op.49
(Claire Désert, piano - Giovanni B. Fabris, violon -
Anne Gastinel, violoncelle)
Le
dîner fut court pour les mélomanes assistant aux
deux concerts Mendelssohn de la soirée ! A peine remis
des lieder du concert de 18h, l'auditeur devait être tout
ouïe pour la musique de chambre avec piano de Félix
Mendelssohn. Tant de musique en si peu de temps (6 concerts
en 3 jours) rappelle le principe du vieux festival de Saint-Maximin
ou encore des 'folles journées de Nantes' (consacrées
à Bach cette année) qui ont lieu ce même
week-end. Qui osera encore dire que la province sommeille ?
La
sonate pour violoncelle et piano n° 1, entremêlant
sobriété (dans le thème de l'Andante) et
vivacité, semble hésiter parfois entre classicisme
et romantisme. Elle illustre l'intégration par Mendelssohn
de toutes les formes musicales connues en son temps. Mendelssohn
passe souvent pour le 'redécouvreur' de Bach, appréciant
également les nouveaux venus comme Schumann ou Berlioz.
Cette sonate permit à Anne Gastinel et Roger Muraro de
montrer toute la finesse de leur jeu ainsi que leur plaisir
à jouer ensemble, les sons chaleureux du violoncelle
répondant à la vitalité et à l'élan
du piano.
Avec les Romances sans paroles, ce sont des oeuvres composées
au fil des ans que l'on aborda. Une espèce de carnet
de route ou journal intime du compositeur, transcendant le quotidien.
Ces Romances ont un charme essentiellement mélodique
basé sur la richesse de l'invention thématique.
Bruno Robilliard a choisi d'interpréter l'opus 67, sans
doute parcqu'il contenanit la célèbre 'liseuse'
; c'est d'ailleurs dans cette pièce que le pianiste se
montra le plus convaincant.
La dernière oeuvre abordée fut le trio n°
1 pour piano, violon et violoncelle. La musique de chambre avec
piano est au XIXe siècle ce que le quatuor à cordes
est au XVIIIe siècle ! Et ce trio est un chef-d'oeuvre
du genre. La partie piano en est difficile mais Claire Désert
nous l'a fait paraître très simple par son interprétation
limpide, souple, où la sensibilité ne verse jamais
dans l'emphase. Anne Gastinel, touchante, joue sans effets faciles.
L'entente entre les musiciens fit ressortir la richesse mélodique
exceptionnelle de Mendelssohn. L'Andante en fa majeur, repris
en bis, conclut cette soirée : Dieu que l'on aime cette
musique là, un enchantement on vous dit !
Barbara
Marmonier
Dimanche 30 janvier 2000 à 18h30
Quintette
à cordes n°2 en si bémol majeur, op. 87
(Gérald Caussé, alto - Quatuor Manfred : Marie
Bereau, 1er violon, Luigi Vecchioni, violon, Alain Pelissier,
alto, Christian Wolf, violoncelle)
Sonate pour violoncelle et piano en ré majeur, n°2
op. 58
(Anne Gastinel, violoncelle - Roger Muraro, piano)
Quatuor à cordes en fa mineur, op. 80
Quatuor Manfred
Jamais
le disque ne saurait égaler le concert, surtout quand
les interprètes sont Anne Gastinel, Roger Muraro, Gérard
Caussé et le Quatuor Manfred. Ce dimanche 30 janvier,
en fin d'après-midi, on pouvait même parler de
véritable spectacle. La salle Molière était
comble et le public, sous le charme, ne pouvait qu'applaudir
avec enthousiasme.
Ce cinquième concert donné dans le cadre de 'l'hommage
à Mendelssohn' comprenait quelques grandes oeuvres de
la fin de sa vie. Dans la première partie, le Quatuor
Manfred et Gérard Caussé jouaient le second quintette
à cordes opus 87. Par la complicité du groupe,
dans lequel Gérard Caussé paraissait se fondre
naturellement, ils ont rendu tout le relief de cette oeuvre
: du caractère dansant de l'allegro à la marche
funèbre de l'adagio, sans parler de l'aisance qu'ils
ont à passer d'un caractère à l'autre (notamment
dans l'andante scherzando).
C'est aussi le Quatuor Manfred qui joua la dernière oeuvre
: le Quatuor en fa mineur, écrit juste après la
mort de Fanny Mendelssohn, la soeur du compositeur (et ce fut
sans doute la personne la plus proche de lui). L'angoisse et
la profondeur qui en ressortaient étaient déconcertantes
face à l'articulation parfaitement maîtrisée
du discours.
La partie centrale du concert fut la sonate n° 2. On dit
souvent que tout l'art d'un musicien est de nous faire croire
que c'est facile : ils nous en ont persuadés. Et alors
que la musique semblait se composer dans l'instant, au fur et
à mesure de leur progression, comme une improvisation,
le violoncelle paraissait sonner tout seul et les gestes du
pianiste accompagnaient si bien les sons dans leur résonance
qu'on eut dit qu'il les guidait encore après les avoir
générés. Ils ont joué en bis le
deuxième mouvement de la sonate n° 1. Ce fut un concert
exceptionnel.
Gaël
Mondonneix

http://infopuq.uquebec.ca/~uss1010/catal/mendelssohn/menf.html
http://discophile.vdl2.ca/compositeurs/disco_mendelssohn.htm
http://www.geocities.com/Vienna/Strasse/7860/mendelssohn.html
http://www.ac-poitiers.fr/pedago/coll_lyc/ed_music/composit/Mendelss/Mendelss.htm