Guitariste
caméléon qui accompagna les plus grands, entre
autre, Bobby Bland, Johnnie Taylor, T. bone Walker, B.B. king,
John Lee Hooker, Lionel Hampton, Sam Cook, Mel Brown n'a jamais
privilégié un style plus qu'un autre: Jazz, soul,
blues, funk, son éclectisme lui permis de toujours retomber
sur ses pieds et fut l'un des guitaristes les plus demandés
de la musique noire américaine.
Né dans le Mississippi en 1939, d'un père musicien,
il se fit rapidement remarquer sur la scène de Los Angeles
à la fin des années 50 et intégra même
le Johnny Otis Show ; s'ensuit de fructueuses collaborations
avec des musiciens de renom, et enregistra sous son propre nom
six albums pour le label Impulse entre 1967 et 1970, dans une
veine jazz-funk, sans pour autant négliger le blues.
Sa carrière ne s'arrête pas en si bon chemin, et
dans les années 70-80, il fit partie de l'orchestre de
Bobby Blue Band. Il continua ensuite de se produire au sein
de son propre groupe, les Homewreckers. C'est en leur compagnie
qu'il enregistre cette année, ce premier disque pour
le label Electro-Fi, un album exclusivement consacré
au blues.
`S'il
n'est pas un grand chanteur, sa voix éraillée,
chaleureuse stigmatise l'essence du blues le plus pur. Hormis
l'instrumental “Summer magic”, trop connoté “france-Info”,
l'album se déguste de bout en bout tant ses solos de
guitares, expressifs au possible, débordant d'ingéniosité,
sont prenants. A retenir, les terriens “Woman wanted”, “I'm
in the mood”, “love that girl”, l'intimiste “Lord, have mercy”,
sa sensuelle reprise du blues mineur “ I believe to my soul”
(Ray Charles), ses excitantes lectures de “get out of my life”
(Allen Toussaint), “goin'down slow”(St Louis Jimmy) et le funkblues
“I want to hold onto you, baby” écrit de sa propre plume.
Si sur quelques rares titres la batterie a été
mixée trop en avant, la production est globalement satisfaisante
ainsi que l'accompagnement, d'une sobriété remarquable,
et chacun trouvera son compte sur ce disque entre tradition
et modernité qui contraste avec ce blues “Mac-do” ( Poppa
Chubby, Johnny Lang ), sans âme et sans relief que certains
médias ont l'art de glorifier.
Régis

Critique
http://www.mnblues.com/cdreview/melbrown-th.html
Mp3
http://music.manumba.com/M/Mel_Brown.html