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Maurice John
Vaughn vient de signer son troisième album, 17 ans après
son premier opus, l'excellent Generic blues (Alligator),
qui révélait un jeune homme aux multiples talents
: un compositeur/arrangeur/chanteur/saxophoniste/guitariste s'imposant
comme le chef de file de la nouvelle génération de
l'époque. Malgré un talent évident, sa discographie
reste des plus réduites et c'est avec une certaine impatience
que nous attendions ce CD enregistré en 2001.
Un blues moderne personnel où les rythmes funky se taillent
la part du lion, en témoignent les tonitruants Lady in
the box, Stop and take a drink aux accents browniens,
le rocky The telephone's running my life, le sulfureux Two
can play that game, un morceau hybride entre delta blues et
funk d'une incroyable originalité. Dans une veine tout aussi
moderne la ballade mineure Love abuse, intense et compacte,
ainsi que le titre éponyme de l'album, une grande réussite,
où d'un riff d'une simplicité déconcertante
MJ Vaughn en fait l'un morceau des plus créatifs, à
la mélodie obsédante et envoûtante.
Tout aussi à son aise sur des morceaux plus traditionnels,
par exemple sur le chaloupé Mama : she believed in me,
l'âpre I don't care, MJ Vaughn fait étalage
de ses qualités de chanteur, voix puissante, déclamatoire,
et guitaristique, jeu précis, vif, limpide. Seul ce vieux
canasson de In the midnight hour (Wilson Pickett) n'est pas
à la hauteur d'un album encore un cran au-dessus du précédent
Shadow in the city (Alligator/1993) à la production
un peu trop soignée. Que ce bluesman récidive le plus
vite possible !
Régis
(avril 2002)

http://www.blue-suit.com/catalogue/bs116/bs116.html
http://www.alligator.com/artists/bio.cfm?ArtistID=017
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