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Plus légers que l’air
Les sympathiques éditions du Sonneur proposent trois belles
chroniques littéraires sur le vol en dirigeable, signées
Maupassant, parues dans Le Figaro en 1887. L’écrivain
a embarqué deux fois à bord de ces géants tour
à tour placides et nerveux. En lisant ses articles, on comprend
que se promener dans les airs n’était pas sans risque,
vu dans quelles conditions étaient gérés la
direction, l’altitude, puis – plus artisanal et folklorique
encore – l’atterrissage.
Conscient d’être
privilégié, Maupassant nous fait voyager avec lui
sur l’aérostat, « De Paris à Heyst
» (deuxième chronique). Cet étonnant reportage
est cinématographique avant l’heure, tant il nous donne
à voir et à imaginer. Croquée de là-haut,
Paris devient « une plaque sombre, bleuâtre, hachée
par les rues, et d’où s’élancent de place
en place, des dômes, des tours, des flèches ».
Le ballon évolue dans une sorte d’entre-deux enivrant.
La nuit succède au jour en une rêverie spatiale dans
laquelle s’assemblent la lune, les nuages, l’étoile
polaire, et aussi les odeurs et les sons terrestres. L’exploration
du ciel, pour Maupassant, c’est avant tout une promesse poétique,
se faire « esclave du vent », envahi d’«
un bien-être profond, inconnu (…) bien-être du
corps et de l’esprit, fait de nonchalance, de repos infini,
d’oubli, d’indifférence à tout, et de
cette sensation nouvelle de traverser l’espace sans rien sentir
de ce qui rend insupportable le mouvement, sans bruit, sans secousses
et sans trépidations ».
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De
ces trois articles émane un charme un tantinet désuet,
qui rappelle par l’enthousiasme scientiste Jules Verne
et Villiers de l’Isle-Adam. Tout l’esprit d’une
époque transparaît, la modernité, sa foi
un peu magique en le progrès et l’immensité
de ce qui reste à découvrir. « Chaque
fois que nous passons dans un village, ce sont des clameurs
enfantines qui dominent tout et montent dans le ciel avec
le plus d’acuité. Des hommes nous appellent ;
des locomotives sifflent ». Lire ces chroniques
de Maupassant, c’est comme retrouver le goût de
la première fois, une brise légère et
juvénile sur notre esprit blasé qui a cessé
de s’émerveiller de ce miracle : voler dans les
airs. Pour prolonger la lecture, l’éditeur nous
offre deux petits bonus sur son site Internet : un extrait
de Mémoires du géant de Félix
Nadar et Vingt-quatre minutes en ballon de Jules
Verne. |
Myriam
Gallot
(février 2008)
Myriam
Gallot, passionnée de littérature
et de cinéma documentaire de création, exerce actuellement
le métier de professeur de Lettres en lycée, mais
aspire à vivre de l'écriture.
http://lemeilleurdesmondes.blogs.courrierinternational.com/

Petits
bonus proposés par l’éditeur
http://www.editionsdusonneur.com/Maupassant.html
http://www.myspace.com/editionsdusonneur
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