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Techniciens
en tout genre, les "m'as-tu-vu comme je joue plus rapidement
que Satriani", ce CD n'est vraiment pas pour vous. En effet,
Matthew Robinson, révélation de l'année 2000
avec la sortie de son premier album Bad habits (Fedora),
fait partie de cette catégorie de guitaristes de plus en
plus réduite, sachant jouer la note qu'il faut au moment
où il faut ; un blues épuré, d'une rudesse
rare typique du Texas, dans la lignée d'un Albert Collins,
ou d'un Freddy King.
En totale symbiose avec son jeu guitaristique, sa voix, rugueuse,
éraillée, fait frémir l'auditeur par la violence
et l'authenticité qu'elle dégage, démonstration
faite avec la reprise de I asked for water (Howlin'wolf)
et surtout la renversante version de Don't start me talking
(Sonny Boy Williamson), deux morceaux aux accents ruraux évidents,
voix rageuse, guitare bourdonnante aux riffs d'une violence extrême.
La chanteuse Glenda sue Hargis s'en tire avec les honneurs
sur l'obsessionnel funkblues EEE.TEE aux juteuses interventions
de guitares et sur l'émotionnel blues lent Bumblebee
mais c'est bien Matthew Robinson qui est le principal acteur de
ce CD, ouvrant les hostilités par un funkblues mineur d'une
énergie folle, soutenu par un groupe et une section de cuivres
sans faille. Si par la suite, les tempos peuvent engendrer une certaine
routine, le charisme de ce bluesman l'emporte sur le reste, en premier
lieu sur I got what it takes (WillieDixon), l'entraînant
It takes a long time et l'intense Too many dirty dishes,
entrecoupés de solos de guitare pleins d'à-propos.
Un CD sorti sur Dialtone, un nouveau label de blues Texan aux productions
de plus en plus remarquées, en atteste l'album du chanteur/guitariste
Ervin Charles ou encore celui du groupe les Texas East
King sorti récemment.
Régis
(avril 2002)

http://dialtone.home.texas.net/home.html
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