& the Texas Blues Band
Dialtone Records, 2001

 

Techniciens en tout genre, les "m'as-tu-vu comme je joue plus rapidement que Satriani", ce CD n'est vraiment pas pour vous. En effet, Matthew Robinson, révélation de l'année 2000 avec la sortie de son premier album Bad habits (Fedora), fait partie de cette catégorie de guitaristes de plus en plus réduite, sachant jouer la note qu'il faut au moment où il faut ; un blues épuré, d'une rudesse rare typique du Texas, dans la lignée d'un Albert Collins, ou d'un Freddy King.
En totale symbiose avec son jeu guitaristique, sa voix, rugueuse, éraillée, fait frémir l'auditeur par la violence et l'authenticité qu'elle dégage, démonstration faite avec la reprise de I asked for water (Howlin'wolf) et surtout la renversante version de Don't start me talking (Sonny Boy Williamson), deux morceaux aux accents ruraux évidents, voix rageuse, guitare bourdonnante aux riffs d'une violence extrême.
La chanteuse Glenda sue Hargis s'en tire avec les honneurs sur l'obsessionnel funkblues EEE.TEE aux juteuses interventions de guitares et sur l'émotionnel blues lent Bumblebee mais c'est bien Matthew Robinson qui est le principal acteur de ce CD, ouvrant les hostilités par un funkblues mineur d'une énergie folle, soutenu par un groupe et une section de cuivres sans faille. Si par la suite, les tempos peuvent engendrer une certaine routine, le charisme de ce bluesman l'emporte sur le reste, en premier lieu sur I got what it takes (WillieDixon), l'entraînant It takes a long time et l'intense Too many dirty dishes, entrecoupés de solos de guitare pleins d'à-propos.
Un CD sorti sur Dialtone, un nouveau label de blues Texan aux productions de plus en plus remarquées, en atteste l'album du chanteur/guitariste Ervin Charles ou encore celui du groupe les Texas East King sorti récemment.

Régis
(avril 2002)

http://dialtone.home.texas.net/home.html