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Yôko remonte
le temps et se souvient avec lucidité de ses amours passées
: à contre-courant donc, trois liaisons sont racontées,
décortiquées et analysées ; des aventures particulières,
non pas tant parce que Yôko aime les femmes, mais surtout
par leur caractère sadomasochiste avoué, en particulier
avec Hanayo qui, comme la narratrice, est dessinatrice de mangas
et avec laquelle elle entretient des rapports amoureux et érotiques
hors-normes, passionnés et destructeurs. Cette première
expérience de l'amour semble alors dicter à Yôko
son comportement avec ses autres partenaires.
Dans une langue crue et limpide, l'auteur fait évoluer une
jeune femme libérée (nulle référence
à la famille ou à des traditions surannées)
dont l'indépendance n'est en réalité qu'une
façade, tant elle est soumise à ses désirs
charnels et à la complexité de ses rapports avec ses
amies. Ses relations avec Yukiko, sa dernière amante en date,
ressemblent à s'y méprendre à celles qu'elle
entretenait avec Hanayo, excepté que le sentiment est ici
absent. Seule Yuriko la trouble véritablement : si pure et
inaccessible qu'elle refuse de penser à elle comme à
une éventuelle compagne de jeux érotiques...
En dépit
du nombrilisme omniprésent et de l'incapacité de la
narratrice à trouver une voie vers une relation amoureuse
stable, on se prend au jeu, à suivre les méandres
du coeur et du corps de Yôko et ses souvenirs agrémentés
de nombreux détails élevés au rang de symboles.
Soit, l'auteur se démarque surtout par l'aspect provocateur
des thèmes qu'elle aborde, mais sa réflexion sur la
souffrance et la cruauté que l'amour peut engendrer est sincère
et touchante.
B.Longre

Le
dernier roman du même auteur, Pénis d'orteil :
http://www.construire.ch/SOMMAIRE/0027/27doss1.htm
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