La voix
1992, Philippe Picquier
six récits policiers traduits du Japonais par Karine Chesneau
(1956-1958)

 

Derrière l'appellation de "récits policiers" se dissimulent six histoires criminelles qui révèlent davantage sur la nature humaine que n'importe quel autre roman. Et en effet, l'auteur semble souvent moins intéressé par l'affaire elle-même que par l'étude des moeurs et les réflexions psychologiques que chacune des enquêtes engendre. La preuve en est que ces récits, excepté Le roman feuilleton, ne sont pas des "whodunnit", mais cherchent au contraire à découvrir le pourquoi et le comment.
Les personnages sont tous le jouet d'un sort inébranlable, des dupes du destin, quelque soit leur rôle de départ : victimes et criminels, tous se font piéger un jour ou l'autre, lors de retournements de situations souvent cocasses et inattendus, comme dans La voix ou Au dessus de tout soupçon.
L'ironie prédomine dans Le visage et Le complice, chacun des deux narrateurs craignant d'être découvert des années après leur crime et le thème récurrent est bien celui de l'identité, dissimulée ou dangereuse, une voix ou un visage pouvant vous trahir.
Tout l'art de l'auteur réside dans sa façon de varier les points de vue, d'esquisser, en quelques lignes ou mots, des personnalités complexes et des sentiments divers (lâcheté, terreur, rusticité, frivolité...) et le lecteur ne peut se lasser de tels récits, tant les techniques narratives sont variées, tant la tension est maintenue de bout en bout.

B.Longre

Lire aussi la chronique portant sur Edogawa Ranpo, fondateur du genre au Japon.

http://www.mauvaisgenres.com/pebmm.htm

http://www.amazon.com/exec/obidos/ISBN%3D0870118951