Opéra
national de Lyon
place de la comédie, 69001 Lyon
04 72 00 45 45
|
FLUKE
(2002)
Chorégraphie Mats Ek
Musique Création par le groupe Fläskkvarteten
Décors et costumes Bente Lycke Möller
Lumières Erik Berglund
Dans le style danse théâtralisée, Fluke,
est une performance dansée. Cette chorégraphie
sera accompagnée sur scène par le groupe Flaskkvarteten.
|
SOLO
FOR TWO (1996)
Chorégraphie
Mats Ek
Musique Arvo Pärt
Décors et costumes Peter Freiij
Lumières Erik Berglund
À
l'origine, ce ballet a été créé
spécialement pour la télévision suédoise
sous le titre Smoke. À l'automne 1996, il
remporte un Emmy (équivalent pour la télévision
de l'Oscar pour le cinéma). " Une oeuvre de
chambre, d'un bleu sombre, qui s'insinue dans les recoins
de l'esprit du spectateur", écrit le journal
suédois Svenska Dagbladet à propos de ce ballet
filmé pour la télévision. Mats Ek en
a adapté et remodelé la version scénique,
intitulée Solo for Two.
|
Un mur percé
d'une ouverture en travers de la scène, des escaliers sur
la droite et des lumières tamisées : avec une grande
économie de moyens, Mats Ek plonge le spectateur dans l'intimité
d'un couple. Lui vêtu d'un pyjama bleu, elle d'une descente
de lit ocre. Sur trois morceaux dépouillés d'Arvo
Pärt, duos et solos s'enchaînent, déclinant les
thèmes du désir, de la solitude, du déchirement,
du rapport homme- femme... Solo for two
(1996) est à la danse ce que Domicile Conjugal de
Bergman est au cinéma : un regard âpre, mais non dénué
d'humour, sur la vie à deux.
Pour cela, Mats Ek puise dans des registres chorégraphiques
qui lui sont propres depuis plusieurs années : l'expressionnisme,
les gestes du quotidien, le burlesque, la naïveté (grimaces,
"galipettes"…), le mouvement "inachevé".
Comme certains photographes utilisent le flou ou le bougé
dans leurs images, Ek propose une danse que l'on pourrait qualifier
elle aussi de "floue", de brute, voire de primitive. Les
mouvements sont empreints d'une énergie désordonnée
et vibrante, les membres refusent la mise à l'équerre,
les portés fuient la pose virtuose. La pièce est courte,
spontanée, intense.
 |
Pièce
plus récente, Fluke tient son
titre énigmatique de l'une des compositions du quatuor
suédois Fleshquartet. C'est en collaboration
avec ce dernier que Mats Ek a créé Fluke
en novembre 2002 pour le Ballet Cullberg. Quelques mois après,
le chorégraphe s'est déplacé à Lyon
pour transmettre cette pièce au ballet de l'Opéra.
Chorégraphie pour douze danseurs, divisée en 9
séquences, Fluke dépeint les rapports conflictuels
et aliénants de l'individu au groupe. "J'ai
utilisé pour cette création des matériaux
très divers : articles, observations quotidiennes, relations
personnelles. J'ai repris des matériaux abordés
dans des pièces précédentes. C'est une
constellation de sources d'intérêt venant de la
rue, de la vie sociale ou de mes expériences personnelles
que j'ai entremêlées" déclare
Mats Ek. Il en résulte une dizaine de tableaux quasi
impressionnistes de qualité très inégale. |
Sur scène,
le décor se réduit à deux énormes cubes
qui se déplacent au fil de la chorégraphie. Fluke
s'ouvre sur la glissade d'un danseur vêtu de noir surgissant
d'entre ces deux cubes. Il est rapidement rejoint par un groupe
de danseurs aux costumes blancs et volontairement grotesques (on
pense aux Village People !). La pièce est ensuite rythmée
par l'alternance de duos et de mouvements collectifs, chaque tentative
d'émancipation à deux échouant sous la pression
du groupe.
Comme dans la pièce précédente, les gestes
visent moins la démonstration technique que l'expression,
et conservent leur caractère "brut". Mais de surcroît
ici, Mats Ek montre une belle maîtrise du mouvement collectif,
composition souvent complexe scindée en multiples "sous-mouvements"
décalés les uns par rapport aux autres.
Les emprunts au théâtre (texte dit par deux danseurs,
etc.) ou au ballet populaire chinois sous forme de parodie, et quelques
duos ("duo au chewing-gum", duo avec vidéo, etc.)
sont en revanche beaucoup moins convaincants voire franchement ennuyeux.
On ne retiendra de Fluke que certaines
séquences, son sens de la rupture et du désordre collectif,
ou encore la forte et inquiétante présence du danseur
en costume noir. Mais on retiendra surtout de cette soirée
Mats Ek Solo for two, pièce autrement
plus modeste et incisive.
Jean-Emmanuel
Denave
(24 avril 2003)

Le
site de l'Opéra
http://www.opera-lyon.org
http://www.euronet.nl/users/cadi/ME.html
http://www.ac-dijon.fr/pedago/music/auditor/9900/contemp/solo.htm
http://www.grandsballets.qc.ca/en/index_cie_repertoire_chor_mats_ek.cfm
|