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Fauchage central
L’œuvre
et la personnalité de Jacques Bernimolin méritaient
d’être enfin sorties de leur purgatoire. Voilà
qui est chose faite grâce à l’initiative de la
revue liégeoise Matières à poésie,
qui a mis les bouchées doubles en consacrant ses deux dernières
livraisons à cette figure éminemment protéiforme.
C’est
en effet en jazzman ésotériste, en collagiste burroughsien,
en highjacker des sens et des sons, en encreur sauvage, en diseur
de malaventure, enfin en rappeur sans musique, sans personne, sans
rien, que ce pharmacien-chimiste de formation aura traversé
la vie. Son activité créatrice, peu reconnue, étouffée
par un positionnement résolument marginal, est marquée
par un bouillonnement et une audace qui se situent à la convergence
du surréalisme, du mouvement et de l’oralité.
Chaud devant donc : nitroglycérine verbale en veux-tu en
voilà, dans ces proses déhanchées où
déboulent calembours et bouts rimés, où giguent
phonèmes et monèmes, où hallucinations et associations
libres de mots se superposent aux images d’un zapping infini.
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Cette
publication fera date, parce qu’elle constitue une salutaire
exhumation, attendue depuis des lustres par de trop rares
connaisseurs. Mais aussi parce qu’elle est avant tout
un geste d’amitié posé à travers
temps, un aveu de reconnaissance sans faille, un don pur.
On y entend la voix des amis, des fidèles, de ceux
qui crurent et croient encore en l’envergure de cet
homme : Francis Edeline et Jacques Izoard, pour l’évocation
du poète ; Jean-Paul Schroeder pour le portrait, fondu
au bleu, du musicien. Mais c’est dès la première
page que l’on est conquis par le projet, en lisant l’avant-propos
dans lequel Pierre Husson évoque l’intimité
immédiate qui naît à la fréquentation
de « Berni », et l’envie de partager que
suscite son « oraliture ». |
À vous
donc maintenant de vous débattre dans le rêve n°
272, de suivre ce terroriste discret dans ses commandos d’«
inaction directe » et de mordre à belles dents «
le sommeil translucide ». Vous verrez que la rencontre en
vaut la chandelle : « À force de rompre la glace elle
s’humanise ».
Frédéric
Saenen
(mai 2007)
Frédéric
Saenen, licencié
en philologie romane, professeur de français-langue étrangère,
auteur et poète, collabore à de nombreuses revues
de poésie ou de critique littéraire, en Belgique et
en France et participe régulièrement à des
lectures publiques. Depuis mai 2003, avec Frédéric
Dufoing, il anime Jibrile,
revue de critique littéraire et politique.

sur
commande à Ben Arès
4, rue Surlet, 4020 Liège (Belgique)
ben1970ares@yahoo.fr
http://www.lalibre.be/dossier.phtml?id=10&folder_id=292
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