Bienvenue
dans l'univers des soeurs Verdelaine !
« Comme
Les Trois Mousquetaires étaient quatre, les Quatre sœurs
Verdelaine sont cinq », cette petite mise en bouche prometteuse
fournie par l’éditeur donne immédiatement envie
de se plonger dans la tétrade écrite par Malika Ferdjoukh,
projet dont elle a eu l’idée il y a déjà
10 ans mais que d’autres travaux littéraires et la
difficulté de l’entreprise sont venus interrompre.
Enid, 9 ans et demi, la plus jeune des sœurs, est l’amie
des animaux : outre les chats Ingrid et Roberto, qu’elle accueille
clandestinement dans son lit, elle a pour protégés
Blitz l’écureuil et Swift la chauve-souris, tous deux
pensionnaires du grand sycomore du jardin. Les cinq demoiselles
Verdelaine ont perdu leurs parents dans un accident de voiture il
y a dix-neuf mois (et vingt-deux jours) et habitent désormais
seules dans une vieille mais belle demeure, la Vill’Hervé,
dressée en bord de mer sur une falaise. C’est à
Charlie, l’aînée de 23 ans, qu’est revenu
le devoir de faire vivre la maisonnée, ce qui n’est
pas une sinécure entre la chaudière récalcitrante
et des travaux pour lesquels elle n’a pas l’argent mais
elle est efficacement secondée par Basile, son amoureux de
toujours. Les trois autres sœurs ont également des caractères
bien trempés : Hortense, 11 ans, est la plus discrète,
partageant son temps entre la lecture et l’écriture
de son journal intime ; Bettina, 14 ans, est la reine des pestes,
celle qui passe systématiquement trois heures dans la salle
de bains et qui a désigné pour souffre-douleur Colombe,
venue terminer ses vacances chez les Verdelaine ; Geneviève,
16 ans, raconte à tout le monde qu’elle fait du baby-sitting
et va, à la place, prendre des cours de boxe thaïe.
Un jour de tempête, le grand sycomore est déraciné
et va crever le vieux puits d’à côté ;
en voulant retrouver Swift, Enid découvrira le secret du
fantôme qui fait trembler de peur les habitantes de la Vill’Hervé
chaque fois que le vent se lève…
Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh
se veut une relecture moderne des comédies américaines
des années 40 ou 50 mais lorgne également vers Les
Quatre Filles du Docteur March et s’adresse avant tout
à un public féminin. Le cocktail formé par
les dialogues humoristiques, les nombreux personnages et leurs noms
délirants (du genre Béhotéguy ou M. Belmonbiche)
forme un ensemble relevé et agréable ; les méchancetés
de Bettina sonnent particulièrement justes :
« - Je suis du genre bain-qui-s’étire-en-longueur,
dit Bettina. Et toi ?
-Le genre douce véloce, répondit Colombe. (…)
Douche véloce. Impressionnant. Bettina se garda de montrer
son soulagement. Colombe lui avait répondu ça exprès,
elle en était sûre. Mauvaise pioche. Bettina avait
horreur qu’on essaie d’être gentil avec elle.
Elle trouvait ça louche ou, pire, d’une impardonnable
niaiserie. »
Par contre, l’auteur ne semble pas avoir su se mettre à
la portée de ses lecteurs quand elle fait référence
à Irma Vep, au Magicien d’Oz ou aux Demoiselles
de Rochefort, que peu d’entre eux doivent connaître.
De même, l’intrigue principale tissée autour
d’Enid et de sa chauve-souris se révèle bien
pauvre en suspense et relève davantage du Club des Cinq ;
si l’auteur souhaite fidéliser un public de plus de
12 ans, elle devra faire preuve de plus d’imagination dans
les tomes suivants.
Anne
Weber
(mars 2003)
Tome
2 : Hortense
L'Ecole des loisirs, mai 2003
Cela ne s’arrange pas chez les Quatre sœurs
Verdelaine (qui sont en réalité cinq) : cette fois-ci
c’est Hortense, la discrète, qui tient le haut du pavé.
Perchée sur sa falaise, elle rédige son journal intime,
confident de ses états d’âme : « c’est
difficile d’être 1 parmi 5 » et de son amitié
avec Muguette, la petite voisine atteinte de leucémie. Sur
les conseils de cette dernière, Hortense prend des cours
de théâtre, activité dans laquelle elle va s’épanouir.
Pourtant, c’est encore Bettina (la plus peste des cinq) qui
retiendra l’attention du lecteur (ou plutôt de la lectrice)
par ses amours difficiles avec Merlin, le livreur de surgelés.
Tout comme Enid, Hortense est un mélange
de réalisme et de loufoquerie avec ses bons côtés
(la peinture subtile des émois de l’adolescence) et
ses défauts (le rat Mycroft qui terrorise la maisonnée,
entre autres) ; suite de la saga Verdelaine en septembre…
Anne
Weber
(mai 2003)
Tome
2 : Bettina
L'Ecole des loisirs, septembre 2003
Dans le troisième
tome de la tétrade Quatre sœurs intitulé Bettina,
Malika Ferdjoukh mélange l’habituelle allégresse
des habitantes de la Vill’Hervé avec une atmosphère
générale beaucoup plus nostalgique. Les cinq sœurs
étant à court d’argent, l’aînée,
Charlie, décide de louer la chambre de leurs parents (décédés
deux ans plus tôt) ; le nouvel habitant, Tancrède,
va vite remplacer dans son cœur Basile, son fiancé.
Hortense continue, elle, d’entretenir avec Muguette (la petite
leucémique du tome 2) une correspondance assidue mais la
maladie finira par l’emporter. Quant à Bettina, elle
se languit de Merlin, le livreur de surgelés qui l’a,
lui, bel et bien oubliée !
Anne
Weber
(septembre 2003)
Malika
Ferdjoukh est née en 1957 à Bougie en Algérie.
Elle vit à Paris depuis sa petite enfance. Elle a séché
quelques films à la Cinémathèque pour suivre
des cours à la Sorbonne. On peut dire qu'elle est incollable
sur le cinéma américain, ses dialogues fameux et ses
distributions pléthoriques, du western au polar noir, mais
son genre adoré reste la comédie musicale dont elle
est capable de chanter à tue-tête les airs les plus
improbables. Elle écrit des séries pour la télévision.
Elle a publié plusieurs romans pour la jeunesse.

http://www.ecoledesloisirs.fr
http://www.univ
lille3.fr/www/Ufr/idist/jeunet/auteurs/ferdjoukh00/difference/sommaire.htm
http://assoc.wanadoo.fr/office.du.livre/Pages/residents/ferdjoukh.html
http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?name=Ferdjoukh&surname=Malika
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