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au
TNP, Villeurbanne
renseignements
et location : 04 78 03 30 00
avec
Caroline Appéré, Olivier Breitman, Marianne Epin,
Philippe Faure, Daniel Langlet, Patrick Laviosa, Luce Mouchel, Guy
Perrot, Dominique Pinon, Isabelle Thomas
La
lumière s'éteint, le rideau s'ouvre suivant le rythme
et les accents d'une musique enjouée, découvrant un
volumineux Argan, assis en pyjama et bonnet de nuit à une
table de travail. Puis le rideau se referme la lumière se
rallume... surprise des spectateurs ! Mais la lumière s'éteint
à nouveau, le rideau s'ouvre suivant le rythme et les accents
d'une musique enjouée, découvrant un volumineux Argan
assis à sa table de travail... La scène se produira
trois fois, comique de répétition, déclenchant
le rire et les applaudissements du public. Le ton est donné :
bienvenu dans le monde du burlesque.
Le décor a, pour l'occasion, revêtu son costume d'
Arlequin : des couleurs vives et tranchées, presque fluorescentes,
et un effet de perspective en fond de scène permettant de
mettre en valeur le jeu des masques. Mais ce décor lisse
et dépouillé se révélera riche en portes
et échappatoires : les commodités côté
jardin où Argan peut se soulager des conséquences
de ses clystères, l' antichambre ménageant les allées
et venues de Toinette, l'escalier d'où surgissent les personnages
féminins ( l'ont-elles bien descendu ?), l'entrée
par où proviennent les personnages extérieurs, et
la cheminée où Cléante pourra se dissimuler.
Argan commence alors son monologue alliant à la gymnastique
cérébrale et verbale de périlleuses acrobaties,
et révélant à chaque profil présenté
un nez proéminent, que l'on retrouvera sur tous les personnages.
Un souvenir de Polichinelle peut-être ? En tout cas une réactualisation
de la commedia dell' arte.
Le spectateur est entraîné dans un tourbillon d'éclats
de rire. Durant deux actes le rythme est endiablé : les lazzi
s'enchaînent, et le public ne sait où donner de la
tête. Gildas Bourdet réussit à faire renaître
le comique de farce : un comique grotesque, parfois scabreux et
grossier, mettant clairement en valeur que dans Diafoirus résonne
le mot foire, dans Purgon le mot purge... et que les médecins
n'ont « pas accoutumé de parler à des visages ». Sur
scène le corps exulte, se défoule, sans retenue ni
pudeur.
Si cette pièce est la « somme du comique molièresque »,
elle est aussi la comédie de la peur et de la mort. Pour
le metteur en scène « le grotesque et le rire ont indissolublement
partie liée avec la mort ». Dans cette ronde des masques,
dans cette mise en abyme de théâtre dans le théâtre
où Béline joue les épouses aimantes, Cléante
se fait maître à chanter, Toinette se fait médecin,
et Argan malade, Béralde, porte-parole du dramaturge, incarnera
un rôle aux résonances tragiques : celui de Molière.
Avec son mouchoir taché de sang dans lequel il étouffe
ses derniers souffles et sa mort qui survient sur scène,
il rappellera la fatale représentation du 17 février
1673. « N'y a-t-il point danger à contrefaire la mort ? -
Non quel danger y aurait-il ? » Le metteur en scène a souvenance
de cette coïncidence tragique dans sa mise en scène.
Au troisième acte, le rythme ralentit, le ton devient plus
sérieux.
Certains
s'y ennuieront un peu, regrettant le rythme des deux premiers actes,
d'autres salueront l'hommage. Quoiqu'il en soit le spectacle est
incontournable.
Isabelle
Bory & J-E Denave
L'intrigue
Argan, malade imaginaire, entend faire épouser à sa
fille Angélique Thomas Diafoirus, fils et neveu de médecin,
et médecin lui-même. Béline, belle mère de la
jeune fille - qui cajole Argan pour capter l’héritage avec
l’aide d’un notaire peu scrupuleux - préférerait, quant
à elle, l’envoyer au couvent... Mais Angélique aime
Cléante et se concilie l’appui de Toinette, servante de la
maison ; celle-ci lui promet de s’employer à faire quitter
à son maître «ce dessein burlesque»... C'est la dernière
pièce de l'auteur, à coup sûr une des plus
comiques, où il intègre magistralement des intermèdes
chantés et dansés.
extrait
BÉRALDE : Mon Dieu! mon frère, ce sont pures idées,
dont nous aimons à nous repaître; et, de tout temps,
il s'est glissé parmi les hommes de belles imaginations,
que nous venons à croire, parce qu'elles nous flattent
et qu'il serait à souhaiter qu'elles fussent véritables.
Lorsqu'un médecin vous parle d'aider, de secourir,
de soulager la nature, de lui ôter ce qui lui nuit et lui donner
ce qui lui manque, de la rétablir et de la remettre dans une
pleine facilité de ses fonctions; lorsqu'il vous parle
de rectifier le sang, de tempérer les entrailles et le cerveau,
de dégonfler la rate, de raccommoder la poitrine, de réparer
le foie, de fortifier le coeur, de rétablir et conserver la
chaleur naturelle, et d'avoir des secrets pour étendre
la vie à de longues années : il vous dit justement le roman
de la médecine. Mais quand vous en venez à la vérité
et à l'expérience, vous ne trouvez rien de tout
cela, et il en est comme de ces beaux songes qui ne vous laissent
au réveil que le déplaisir de les avoir crus.
ARGAN : C'est-à-dire que toute la science du monde est
renfermée dans votre tête, et vous voulez en savoir plus
que tous les grands médecins de notre siècle.
BÉRALDE : Dans les discours et dans les choses, ce sont deux sortes
de personnes que vos grands médecins. Entendez-les parler :
les plus habiles gens du monde; voyez-les faire : les plus ignorants
de tous les hommes.
ARGAN : Hoy! Vous êtes un grand docteur, à ce que je
vois, et je voudrais bien qu'il y eût ici quelqu'un
de ces messieurs pour rembarrer vos raisonnements et rabaisser votre
caquet.
BÉRALDE : Moi, mon frère, je ne prends point à tâche
de combattre la médecine; et chacun, à ses périls
et fortune, peut croire tout ce qu'il lui plaît. Ce que
j'en dis n'est qu'entre nous, et j'aurais souhaité
de pouvoir un peu vous tirer de l'erreur où vous êtes,
et, pour vous divertir, vous mener voir sur ce chapitre quelqu'une
des comédies de Molière.
ARGAN : C'est un bon impertinent que votre Molière avec
ses comédies, et je le trouve bien plaisant d'aller jouer
d'honnêtes gens comme les médecins.
BÉRALDE : Ce ne sont point les médecins qu'il joue, mais
le ridicule de la médecine.

Voir
aussi : Monsieur
de Pourceaugnac
Molière
http://www.site-moliere.com/
http://www.site-moliere.com/pieces/malade.htm
http://www.multimania.com/moliere/
Gildas
Bourdet
L'Atelier
http://www.atelier-theatre-actuel.com/saison/pieces/piece14/biopiece.htm
TNP
http://www.tnp-villeurbanne.com
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