Les déjantées 3
Titre original : Mujeres alteradas
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Laura Ciezar
Editions Métailié, 2003

 

Ces petits riens que certaines femmes adorent ressasser

Grâce aux Déjantées, les femmes – car ce sont elles les lectrices les plus assidues de Maïtena – vont pouvoir compléter leurs connaissances des petites manies de leurs congénères. Elles vont découvrir, par exemple, « Quatre âneries que les gens s’acharnent à répéter comme des vérités irréfutables » (à savoir, entre autres, « Les enfants ne mentent jamais » ou « L’argent ne fait pas le bonheur ») cette dernière ‘vérité’ étant illustrée par une vignette où l’on voit deux femmes, visiblement issues d’un milieu aisé, qui discutent : « mais tu crois pas que tu peux être angoissée pareil… Sur le pont d’un yacht aux Caraïbes en buvant du champagne ? » réponse : « mais ça c’est pas être angoissée, ça c’est être une vraie chieuse ». Heureusement, on n'est pas obligé de rire !
Le plus triste est que tout le reste de l’album est à l’avenant ou presque ; les principaux sujets des histoires de Maïtena tournent autour du corps de la femme (cellulite, épilation, grossesse, allaitement, coiffeur), de l’amour, des parents et de la mode (avec l’éternel refrain « je n’ai rien à me mettre ! »). Chaque thème tient sur une page avec un titre qui annonce la couleur : « Les trucs qu’on aime faire…mais qu’on finit par détester parce qu’il FAUT les faire » ou « Dis-moi ce que cet homme a dans son frigo et je te dirai comment il est » et est illustré par un dessin ou bien – le plus souvent – plusieurs, chacun étant censé représenter une situation donnée. Si un homme a dans son frigo « 4 canettes de coca, 1 jus de pomme et des hamburgers », c’est qu’il est « un peu puéril »...

Les Déjantées sont lues dans le monde entier – Maïtena est argentine – et publiées dans de grands journaux (en France, Madame Figaro). Le défaut global de cet album vient peut-être du ressassement de certains thèmes et si certains sont intéressants et traités avec un humour assez corrosif, l’ensemble reste indigeste et peu novateur. A force de rabâcher toujours les mêmes histoires, autant lire Marie-Claire !

Anne Weber
(novembre 2003)

Editions Métailié
http://www.metailie.info/

http://www.metailie.info/reponses/livre.asp?ID=729