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mise
en scène Joël Jouanneau
scénographie Jacques Gabel
Costumes Patrice Cauchetier
Lumières Franck Thévenon
Création son Pablo Bergel
Assistante à la mise en scène Pilou Rieunaud
avec
La Plus Vieille Marief Guittier
La Mère Mireille Perrier
La Seconde Océane Mozas
L’Aînée Garcia Fogel
La Plus Jeune Sabrina Kouroughli
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du
5 au 28 août 2004
au Théâtre du Peuple de
Bussang
40, rue du Théâtre
88540 Bussang
03 29 61 50 48
du 10 janvier au 8 février 2005
Théâtre de la Cité
Internationale
21 boulevard Jourdan, 75014 Paris
Réservations 01 43 13 50 50
www.theatredelacite.com
du
26 au 30 avril 2005
Théâtre du Gymnase
4, rue du Théâtre Français
13001 Marseille
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Obsédante
litanie
"J'étais
dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne", ainsi
débute la tirade du premier personnage, une jeune femme assise
au bord de la scène. Puis les quatre autres femmes présentes
prennent le relais : ses deux soeurs, sa mère et sa grand-mère.
Chacune à leur tour, elles évoquent "toutes
ces années passées à attendre", sans
espoir de revoir le fils de la maison, chassé par le père
et parti à la guerre, mais qui est de retour ce jour-là,
endormi dans sa chambre. Leurs existences gâchées,
leurs peurs et leurs désirs, leurs querelles et leurs désaccords,
tout éclate (des monologues, parfois dans des chuchotements,
coléreux, soumis, ou amusés), transmis dans une langue
simple et étrange, une écriture tout en boucles et
en répétitions, donnant aux paroles, scandées
plutôt que parlées, un aspect continu et infini : une
obsédante litanie du regret et de la solitude et, toujours
sous-jacente, l'évocation tragique du temps qui passe.
Selon leur âge ou ce qu'elles connaissent du monde, les points
de vues abordés diffèrent ; la mère et l'aïeule
n'espèrent plus rien, mais dans les âmes des trois
filles, grâce aux (ou malgré les) épreuves traversées,
un faible désir surgit : s'échapper de cette existence
morne et pesante. Par moments, l'atmosphère s'apparente à
celle de la cèlèbre tragédie de Garcia Lorca
(La maison de Bernada Alba), et plusieur éléments
contribuent à créer cet effet : le décor méditérannéen,
murs immaculés et lumières crues, les robes noires
et les pieds nus des femmes, leur univers tout féminin. Néanmoins,
ce sentiment n'est pas confirmé par les autres caractéristiques
de cette pièce intemporelle : ces femmes n'ont pas de noms
et aucune indication relative au lieu à l'époque ou
à la société dans laquelle elles évoluent
n'est donnée ; un drame universel, donc, comme suspendu dans
le temps.
Pourtant, les personnages, loin d'être monolithiques, sont
rendus étonnament vivants par le texte mais aussi par le
jeu convaincant des cinq actrices, toutes exceptionnelles. La performance
est rythmée par de subtils jeux de lumière et par
des chants acapella doux et douloureux qui complètent parfaitement
ces tableaux vivants à l'esthétisme envoûtant.
B.Longre
(novembre 1999)
Article paru en novembre 1999, lors de la première version
de la mise en scène de Joël Jouanneau (au théâtre
Les Ateliers, lyon ; avec Dominique Gubser, Pénélope
Pierson, Jane Savigny, Nalini Selvadoray, Yvette Theraulaz).

Du
même auteur :
Le pays lointain
(Solitaires Intempestifs, 1995)
Les prétendants
(mise en scène Jean-Pierre Vincent)
www.theatredupeuple.fr
http://www.theatredelacite.com/
http://www.theatrelesateliers.com/
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/lagarce/pdg.htm
http://www.solitairesintempestifs.com/fr/ouvrage96.html
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