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Constructions, déconstruction...
Dans Après
l'homme d'avant l'auteur prend plaisir à brouiller les
pistes, un peu à la façon du personnage évoqué
dans le titre, et que l'on ne connaîtra qu'à travers
quelques fragments épistolaires qu'il s'est amusé
à dissimuler dans les murs d'une maison victorienne délabrée.
La bâtisse vient d'être achetée par Elizabeth,
assistante sociale, qui a pris sous son aile Richard, un artiste
traité pour quelques "soucis" psychiatriques ;
quand elle propose à ce dernier de s'installer temporairement
dans la maison afin qu’il l’aide à la rénover,
il accepte, sachant que l'espace lui permettra d'élaborer
ses "constructions" en trois dimensions.
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Les
relations entre les personnages réservent quelques surprises
(l'insertion habile du journal intime morcelé du précédent
occupant - "the man before" -, ou la vraie-fausse
histoire d'amour entre Richard et Elizabeth...) mais en dépit
de leur épaisseur psychologique et poétique, il
est difficile d'éprouver pour eux une quelconque empathie,
voire de l'antipathie, l'auteur ne cessant de nous imposer un
regard pointilleux d'analyste: objectif, volontairement détaché,
mais toujours méticuleux, rigoureux à l'extrême,
dans une tentative sans cesse renouvelée de réordonner
le désordre de vies éparpillées, d'existences
malmenées, d'êtres en quête d'un bonheur
inaccessible, ou, du moins, d'un état psychologique confortable
permettant de supporter leur inéluctable solitude. |
Ce processus
narratif et littéraire d'ordonnancement jamais achevé
se retrouve dans l'activité artistique de Richard, fondée
sur l'assemblage d'objets trouvés. Cet homme est, en quelque
sorte, un collectionneur, et en récupérant dans les
poubelles ou les caniveaux des objets brisés, abandonnés
de ceux qui n'en voyaient plus l'utilité, il leur offre une
nouvelle vie, une renaissance inespérée, en considérant
leur beauté quotidienne et ordinaire. Une froide efficacité
que l'on retrouve chez Hilary, la sœur d’Elizabeth, lorsqu'elle
se charge d'organiser les obsèques de leur père, hospitalisé
mais encore vivant..., ou encore chez Elizabeth qui, tout en étant
plus fantasque que sa sœur, pense que son mal-être disparaîtra
lorsqu’elle aura réorganisé son existence dans
sa nouvelle maison, où les travaux n'avancent pourtant pas
très vite... Cette obsession de l'ordre et du rangement confère
à ce roman un intérêt non négligeable,
mais l'ensemble demeure légèrement bancal d'un point
de vue structurel et les préoccupations des personnages manquent
d'une ampleur suffisante pour que nous soyons véritablement
touchés par la grâce...
B.
Longre
(octobre 2004)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

L'éditeur
http://www.methuen.co.uk
http://www.pulp.net/top10/19/alan-mahar.html
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