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Une
agitation bienfaisante.
Ceux qui vivent
à Lyon depuis longtemps sentent les métamorphoses
que leur ville a connues depuis les années où les
façades sombres abritaient les secrets d’un repli provincial
sur le commerce, l’industrie et la religion. Ceux qui sont
partis depuis plusieurs années et qui reviennent avec des
souvenirs figés ne font pas que sentir ces métamorphoses
: ils les constatent ouvertement, les mesurent jusqu’à
en « perdre les clefs de la ville », selon
l’heureuse formule de Robert Marmoz, les photographient d’un
œil neuf et perplexe, comme le fait Anne-Sophie Zita dont les
clichés en noir en blanc illustrent l’agitation bienfaisante
de l’agglomération.
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Car
Lyon ne devient pas seulement cette cité à
laquelle les maires récents, Michel Noir, Raymond
Barre, Gérard Collomb ont voulu conférer une
stature internationale. Selon les auteurs de l’ouvrage,
au rythme, par exemple, des vélos qui l’investissent
peu à peu, elle est une « ville en mouvement
», au même titre que celles qui figurent dans
la même collection (comme Budapest, Londres, Istanbul,
Genève, São Paulo…). Alice Géraud
a ainsi choisi de présenter et d’interroger
des personnalités qui en font l’actualité
; « personnalités » n’est peut-être
pas le mot adéquat ; il s’agit plus souvent
de trublions que de notables, d’incitateurs que d’institutionnels.
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En cinq «
séquences » (« La ville héritée
», « La ville regardée », « La ville
renouvelée », « La ville partagée »,
« La ville décalée »), on rencontre –
qu’ils soient lyonnais de longue date ou d’adoption
récente – aussi bien un éditeur singulier, artisan
du livre qui a su imposer ses choix dans la vie littéraire
(Pierre-Jean Balzan) que la convaincante proviseure du Lycée
Robert-Doisneau de Vaulx-en-Velin ; aussi bien un crieur public
au service des Croix-roussiens (Gérald Rigaud) que la directrice
naguère contestée, maintenant bien implantée,
du traditionnel Théâtre des Célestins (Claudia
Stavisky) ; aussi bien un politologue analysant la fête du
8 décembre et la Biennale de la danse (Philippe Dujardin)
que le directeur du Festival « Les Invites » de Villeurbanne
(Patrice Papelard) ; aussi bien le fondateur des « Casseurs
de pub » (Vincent Cheynet) que l’architecte urbaniste
de Lyon-Confluence (François Grether)… Il faudrait
citer tous ceux qui font le dynamisme de la vie associative, qui
tentent d’inscrire dans le paysage lyonnais le droit au logement,
à la reconnaissance politique des banlieues, à l’humanisation
des prisons, à la culture pour tous ; ceux qui font bouger
l’art (la musique, le cinéma, l’écriture,
les lumières et les couleurs urbaines, la gastronomie). Le
choix est forcément partiel et subjectif, mais il est ici
représentatif des images qu’il faut avoir maintenant
de Lyon : une ville aux « révolutions tranquilles »,
à voir « autrement ».
Jean-Pierre
Longre
(août 2006)
Jean-Pierre
Longre enseigne la littérature contemporaine
à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études
sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur
de plusieurs revues, il a participé à la publication
des romans de Queneau dans la Bibliothèque
de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison
des arts (littérature, musique, peinture) et effectue des
recherches sur les littératures francophones (Roumanie
et Belgique en particulier).
Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau en scènes
(Presses Universitaires de Limoges, 2005) et Jean
Prévost aux avant-postes (Collectif,
avec William Marx, Les Impressions Nouvelles, 2006).

Lyon
l’humaniste - Autrement, 2004, collection
Mémoires n° 105
Autrement
http://www.autrement.com
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