Luther
Johnson, bluesman de Chicago, a souvent été confondu
avec Luther Johnson Junior qui le remplaça au sein du groupe
de Muddy Waters en 1973.
Mais son style, plus proche du Chicago blues d'après
guerre que du West side sound, est beaucoup plus terrien que
celui de son homonyme.
Sa
voix rugueuse plonge immédiatement l'auditeur dans un
blues des plus profonds, en particulier sur les trois titres
ou seul Johnny Shines l'accompagne au bottleneck : Sur "Crawlin'king
snake" la symbiose est totale entre les deux musiciens
et L. Johnson n'est pas loin d'égaler son mentor Muddy
Waters.
Sur
le reste de l'album, accompagné par un bon groupe de
Chicago, il nous gratifie de solides solos et son chant hypnotique
est d'une rare efficacité sur le syncopé "woman
don't lie" et sur la reprise de "rock me baby".
Cette musique intemporelle nous remet en mémoire l'existence
d'un bluesman mort beaucoup trop jeune (41 ans) et trop vite
oublié malgré son talent évident.
Régis