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Jolie
Ecriture Fraîche et Idéale
Contre les Assauts du Stress
Dans ce nouvel
épisode de la série des Anastasia, la jeune fille
choisit un nom de code, «Jeficas», et entame une correspondance
avec un JHC très attirant. Elle aborde le monde des adultes,
fascinée par leurs mystères. Elle se prépare
en même temps à participer au mariage de Kirsten, la
sœur de son amie Meredith, en tant que demoiselle d’honneur
junior. Elle veut y être belle et admirée…
Anastasia Krupnik
a 13 ans, mesure 1m71 : elle se décrit comme «
une fille de 5e, maigre comme un clou, avec de grosses lunettes
». Le « tournant de sa vie » fut
le jour où eurent lieu à la fois la naissance de son
petit frère et la mort de sa grand-mère. Sam a maintenant
3 ans et « de temps à autre une étincelle
démoniaque au fond de l’œil ». Le foyer
est paisible, mère illustratrice, père poète
à ses heures, les deux « sur la même longueur
d’onde ». Frank le poisson rouge reçoit
les confidences d’Anastasia quand elle ne les partage pas
avec ses fidèles amies Sonya, Daphné et Meredith.
Quant aux gars de 5e, ce sont vraiment « de gros nuls,
immatures » !
D’ailleurs les quatre filles renoncent à courir après
les garçons de leur âge : quelle économie de
temps ! Anastasia s’oppose aussi à l’idée
du mariage, pour ce qui la concerne seulement, car elle compte bien
se montrer à celui des autres, c’est toujours l’occasion
de faire la fête ! Que c’est bon de s’imaginer,
derrière Kirsten, « dans une robe longue, descendant
l’allée centrale, point de mire de tous les regards,
impressionnés, admiratifs » ! Être belle
et plaire en quelque sorte !
Mais si l’adolescente ne veut plus s’occuper des garçons,
elle est intriguée par les hommes qui se cachent derrière
les petites annonces d’une revue paternelle, la sérieuse
New York Review of books. Secrètement, elle vient
de répondre à celle-ci : « JHC, 28 ans,
charme juvénile, fortune en héritage, recherche JF,
grande, non-fumeuse, pour partager vacances aux Caraïbes et
pourquoi pas histoire d’amour ». Souhaitant voiler
sa véritable identité, et surtout sa jeunesse, elle
utilise un nom de code : Jeficas. Elle convainc ses parents qu’il
s’agit d’un surnom, contraction de « Je suis
efficace » ! Pour son correspondant, le décodage
varie : «Jolie, Elancée, Frivole, Impatiente, Célibataire,
Attachante, Sensible » ou encore « Jolie Etudiante
au Futur Intéressant, Coureuse Aimant le Sport ».
L’affaire se complique lorsque Septimus Smith, le JHC en question,
sélectionne Jeficas parmi les 416 réponses qu’il
a reçues, réclame « une » photo et annonce
sa visite pour le week-end du mariage. Préparation de la
cérémonie et correspondance amoureuse se rejoignent
alors dangereusement…
Loïs Lowry
rapporte justement l’univers de questionnement et de doutes
qui caractérise l’adolescence ; elle aime aussi les
mots et son personnage joue avec eux, en voulant s’en servir
ou les comprendre. Les mystérieux « woks »
reçus par les mariés sont prétextes à
de savoureux dialogues. Quant à « une » photo,
cela peut bien être celle de n’importe qui, pas forcément
la vôtre. Septimus dit aimer les « sloops », les
« courses » et consacrer beaucoup de temps à
la gestion de son « portefeuille » : Anastasia interprètera
à sa façon… Ainsi de gentils quiproquos et malentendus
émaillent le roman. La jeune fille sollicite ses parents
pour saisir ce qu’on lui demande et ne pas avoir l’air
trop bête ; mais elle n’hésite pas à recourir
aux informations et conseils de divers magazines, Cosmopolitan
par exemple. Le résultat est plein d’humour et parfaitement
rendu en français par Agnès
Desarthe.
Anastasia
se sent prête pour une histoire d’amour, mais
se rend compte, finalement, qu’elle est encore bien
« Jeune, Excessive, Fauchée, Immature, Célibataire
et - pour encore quelques- Années Solitaires ».
L’aventure est toute en tendresse, pointant l’importance
des échanges familiaux et la sensibilité de
l’adolescence. Chaque chapitre se termine par une lettre
d’Anastasia ou de Septimus : cette structure très
organisée rassure et rythme le récit. On a très
envie de lire d’autres petites aventures de cette héroïne
sympathique et drôle, pour retrouver Loïs Lowry
et sa Jolie Ecriture Fraîche
et Idéale Contre les Assauts
du Stress.
Martine
Falgayrac
(juillet 2004) |
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Martine
Falgayrac, enseignante en cycle 2 dans une école
élémentaire lyonnaise, est passionnée par l'apprentissage
de la lecture. Cherchant à en communiquer aussi le goût
et les plaisirs, elle puise dans la presse et la littérature
jeunesse des supports variés et attractifs pour accompagner
et motiver les enfants dans leurs découvertes. Elle collabore
activement à Sitartmag depuis décembre 2003.

http://www.ecoledesloisirs.fr
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