Le Passage
L'Ecole des loisirs
collection Médium
dès 13/14 ans

Le Passage est un texte de Louis Sachar, publié en 2000 à l’Ecole des Loisirs dans la collection Médium, destinée aux plus grands. Ce texte est le début d’une épopée qui traverse des générations, entre humour et réalisme décapant. Comme le propose le dos de couverture "Méfiez-vous...", telle sera la devise de cette histoire, qui nous plonge dans un univers que nous ne pourrons plus quitter.
Nous entrons tout d’abord dans le « Camp du Lac Vert », où il n’y a plus de lac depuis cent ans, un centre de rééducation pour jeunes délinquants. Stanley Yelnats (IV), dont le nom, transmis de génération en génération s’écrit « de gauche à droite et de droite à gauche » est innocent du crime dont on l’accuse, un vol de baskets, mais il est toujours « au mauvais endroit au mauvais moment » à cause d’un mauvais sort familial : Son arrière-arrière-grand-père devait tenir parole auprès d’une tsigane unijambiste, qui lui avait rendu service ; l’emmener en haut d’une montagne et boire l’eau d’une source, sachant que s’il ne respectait pas ce voeu, lui et tous ses descendants seraient maudits !

Comme un enfant de quinze ans, il oublie ce voeu, même s’il fait ensuite tout pour se racheter en tentant de retrouver le fils de la tsigane, en Amérique, mais en vain.
Dans le camp, Stanley, comme ses acolytes, creuse des trous d’un mètre cinquante de long, en plein désert, sous une chaleur accablante ; tout en gardant la peur au ventre de croiser scorpions, serpents et lézards à taches jaunes, mortels.
Ils creusent sous les yeux du Directeur, qui est une femme, de Mr Pendanski, le contrôleur d’éducation et de Mr Monsieur, qui mâche à longueur de journée des graines de tournesol et distribue l’eau avec une parcimonie légendaire.
Chaque enfant se donne un surnom (Aisselle/ Zigzag/ Calamar...) pour survivre et oublier ce qu’il était avant, comme s’il n’allait jamais sortir d’ici. Chaque trou creusé défie les lois de la nature.

Dans cet enfer, Stanley, appelé « Homme des cavernes », se lie avec Zéro, ou Hector. Cette amitié va marquer le début et la fin d’une épopée transgénérationnelle, d’une légende familiale qui dépasse la conscience des deux enfants.
La haine, l’amour et l’amitié se mélangent dans ce récit en forme de conte moderne, au dénouement heureux : Stanley et Hector sortiront vivants de ce camp, après avoir vécu des aventures au péril de leur vie.
Ce texte est un beau témoignage de ce « passage » initiatique vers l’âge adulte, les épreuves, les rites qui forment une personnalité. Dans un rythme soutenu, fait d’humour et de férocité, Louis Sachar a bâti un roman épique, reflet de ce passage si ardu.

Cendrine Genin
(mai 2003)

http://www.ecoledesloisirs.fr

http://www.readingmatters.co.uk/books/holes.htm

http://www.readin.org/authors/author_pages/Sachar/sachar.htm

http://www.alexlibris.com/bio_sachar.asp