
Lo
Pais d’Enfance, maison née en 1995, publie
des recueils de poèmes pour jeunes lecteurs. Une collection
d’albums a fait son apparition quelques années
plus tard (Eric Battut, Jennifer
Dalrymple, Michel Cosem, Michel Piquemal,
etc.) |
La
réalité détournée
Les
poèmes de François David ont la forme et la
tournure de haïkus : quand quelques mots suffisent
à révéler une énigme infime,
à conférer un nouvelle texture aux choses
environnantes, à capter un instant singulier ;
Pommes de pin est un recueil de courts
poèmes qui décrivent quelques gestes insérés
au quotidien, un regard vers le lointain ou un coup d’œil
lancé à un chat, une balle rouge que l’on
garde en poche ou encore un cerf-volant échappé,
des petits riens qui se font essentiels : « Le
rocher / en forme de visage / me fixe de tous ses yeux /
absents.»
Des
clins d’œil qui se répètent quand
le réel ploie et cède sous la plume du poète
: les draps sont ici des vagues, l’oiseau est un parapente,
et vice-versa… La pudeur qui se dégage de l’ouvrage
est particulièrement en phase avec les esquisses
épurées en regard, mais l’humour n’est
jamais loin et se retrouve dans des jeux de mots, qui arrivent
par surprise, et ponctuent quelques-uns des textes : «
Sur le sentier qui serpente / soudain / une vipère.
/ Un pas de côté juste à temps pour
/ éviter sa mort sûre. » !
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L’apologue
amusant
Autre poète,
autre style. Arnauld Pontier, lui, investit avec énergie
l’univers de la fable animalière et propose un charmant
éventail de textes en rimes qui jouent avec bonheur sur les
assonances et autres allitérations que nous offre la langue
; il propose un regard différent sur quelques animaux familiers
ou exotiques : en exploitant les clichés et le symbolisme
auxquels on associe généralement le zèbre,
le mille-pattes ou le pou, et en les détournant ou en les
modifiant légèrement.
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Le résultat
est cocasse et astucieux, comme dans Le dromadaire et
le chameau, une brève histoire de fraternité,
ou dans Le morse (qui « vient d’envoyer
un message codé » sans se douter qu’un
danger se prépare). De nombreuses saynètes
mettent en scène les petits des animaux (Drôle
de zèbre, Petit crocodile) et l'on rencontre
ailleurs des personnages fanfarons ou bourrés d’autres
défauts (Kangourou fiérot, Les castors,
Le roi lion), comme on en voit dans les fables traditionnelles
; on trouvera là aussi de la tendresse pour les plus
petits (Le petit ours, ou Cafard Trouillard).
Inutile d’y chercher d’édifiantes leçons
de morales – l’idée consiste ici à
divertir et à inciter à lire et/ou à
dire, pour que soit jouée la musique des mots.
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Blandine
Longre
(janvier 2006)

de
François David
On n'aime pas les Chats - ill. G. Alibeu,
Sarbacane, 2006
Oh ! Les amoureux - avec Isabelle Simon
(Sarbacane)
Un éléphant peut en cacher
un autre - collectif d'illustrateurs (Sarbacane)
Je suis un ange (Motus)
Poèmes sans queue ni tête d’après
Edward Lear, ill. Henri Galeron, (Motus)
La petite sœur de Kafka,
ill. Anne Herbauts, (Esperluète)
Chat qui vole (Editions du
jasmin)
L'oiseau bonheur
ill. L. Corvaisier(Albin Michel)
Est-elle Estelle ?
ill. Alain Gauthier (Motus)
Les enfants de la
lune et du soleil, ill. Henri Galeron (Motus)
d'Anauld
Pontier
romans
Equinoxe (Actes
Sud 2006)
Le Cimetière des anges
(Actes Sud 2005)
La Treizième cible (Actes Sud 2003)
La fête impériale (Actes Sud 2002 / Babel 2006)
pour
la jeunesse
La légende du jardin
japonais ill. François Place (A. Michel jeunesse)
http://www.arnauld-pontier.com
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