Samedi 13 janvier 2001 à 21h30
Auditorium de Lyon

La diva du gospel

en collaboration avec le
Festival Jazz à Vienne

 

20h30. La salle de l'auditorium finit de se remplir. Seules les deux travées latérales du deuxième balcon laissent quelques places vacantes. Le public attend "sagement" les artistes dans ce vaisseau dédié aux grands compositeurs classiques.
En effet, c'est la deuxième année consécutive que l'auditorium prend le "relais d'hiver" du Festival de Jazz à Vienne, et ce nombreux public confirme le succès de la saison 2000 au cours de laquelle cette salle a reçu quelques grands noms du jazz comme : Joshua Redman, Louis Sclavis et Michel Portal, Charles Lloyd, Al di Meola, John Mc Laughlin et même Lester Bowie quelques jours avant sa brutale disparition.
20h35. Un léger doute plane sur l'assistance car le programme du concert est resté volontairement assez vague : pas de première partie annoncée ni de formation ou de musicien présentés sur la plaquette distribuée par le personnel de l'auditorium… mais à voir le matériel disposé dans la salle certains se risquent à pronostiquer la formation attendue. Liz McComb n'est pas une inconnue du public lyonnais : Elle est déjà venue à plusieurs reprises au Théâtre Antique et à la cathédrale St Maurice de Vienne, à l'Opéra de Lyon et également au Théâtre Antique de Lyon ! Que nous réserve t-elle cette fois ? Dans un article du Progrès, la Diva nous annonçait une surprise pour son retour dans la capitale des Gaules.
20h40. Un murmure de fond s'installe dans le public de l'orchestre et quelques-uns se demandent quelle est l'origine du dérangement qui semble venir de l'arrière de la salle, notamment ceux des balcons supérieurs qui n'ont que la vue de la scène toujours vide. Puis le tumulte se transforme en air de fanfare accompagné d'une voix et cette voix, pas de doute c'est bien celle de Liz McComb qui s'est permis une entrée à l'opposée du protocole. Elle déambule à présent au milieu des travées de la salle en chantant comme dans un temple de Harlem, puis se dirige vers la scène accompagnée par quatre cuivres : hélicon, trombone à coulisse, sax alto et trompette. Liz McComb va ensuite interpréter avec cette petite formation trois standards du gospel de « bayous » au cours desquels le public va se préchauffer les « battoirs »… car pour une fois, même dans ce temple du classique, pas question de retenir son plaisir, qu'il est conseillé de consommer sans modération et avec ses voisins !
Ensuite Liz interprétera seule avec son pianiste le très respectueux "Old man river", qu'elle terminera comme suspendu par un grand silence d'opéra, qui permettra à sa formation de s'installer puis de reprendre de plus belle ce chant sacré du gospel. Sur la scène se trouvent alors les artistes suivants : un organiste sur Hammond (plus un synthé), un bassiste, un batteur, deux choristes et Liz au piano, car entre-temps les quatre souffleurs sont repartis dans les coulisses, en attendant le final que Liz promet d'être chaud. Et le public enivré va durant 24 morceaux de gospel, de blues, de church music et même de boogie-woogie, chanter et frapper dans ses mains. Car la diva a de la voix mais aussi du punch au piano, qu'elle martèle parfois avec ses poings et ses coudes (elle terminera deux morceaux debout à son piano… Michel Berger se serait-il trompé de sexe!).
Au cours de ce concert Liz fera preuve de quelques-unes des qualités qui lui sont unanimement reconnues : profond respect des musiciens qu'elle n'hésitera pas à mettre en avant et qu'elle présentera comme étant pratiquement égaux à elle-même (Elle a laissé, entre autres, ses deux choristes chanter chacune un morceau en guest star), amour de La Musique sans frontière, en invitant une artiste violoncelliste qui l'accompagna seule et sans aucun micro, dans un morceau très bluesy…violoncelle oblige ; artiste engagée dans sa foi sans fausse pudeur ni racolage qui donne un ton d'authenticité inégalé dans ses cris de mezzo qui rappellent ceux de Marion Williams ou de Tina Turner dans "Proud Mary"; (Elle n'hésite pas lorsqu'elle le peut, à reverser dans la plus grande discrétion son cachet à des œuvres caritatives) ; enfin, réel respect du public ; mais doit-on encore le préciser après pratiquement trois heures de récital et cette fin de concert où le service d'ordre ne put empêcher quelques "convertis" à venir chanter et danser sur scène l'unique "Oh when the saints" à la demande de Liz McComb elle-même.
Elle dut alors se contenter de rappeler ses quatre premiers musiciens avec lesquels elle reprit, comme en début de soirée, un véritable bain de foule… ou de folie !

François Gayet

 

"Véritable phénomène scénique et vocal, souvent comparée à la fois à Tina Turner et Mahalia Jackson, Liz McComb est née à Cleveland d'une lignée de pasteurs. Avec son ample voix de mezzo souverainement expressive, Liz McComb aurait pu choisir une carrière classique. Mais suivant l'exemple de Mahalia Jackson, elle décide de consacrer sa vie au gospel et de la faire sortir de la pénombre des églises. (...) Après avoir triomphé à l'Opéra national de Lyon (...) elle revient à Lyon avec un récital original qui réunira autour d'elle bien des styles et instruments de la musique africaine-américaine."

Auditorium de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95

http://www.lizmccomb.com/

http://parisvoice.com/00/oct/html/local.cfm