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20h30. La salle
de l'auditorium finit de se remplir. Seules les deux travées
latérales du deuxième balcon laissent quelques places
vacantes. Le public attend "sagement" les artistes dans ce vaisseau
dédié aux grands compositeurs classiques.
En effet, c'est la deuxième année consécutive
que l'auditorium prend le "relais d'hiver" du Festival de Jazz à
Vienne, et ce nombreux public confirme le succès de la saison
2000 au cours de laquelle cette salle a reçu quelques grands
noms du jazz comme : Joshua Redman,
Louis Sclavis et Michel Portal,
Charles Lloyd,
Al di Meola, John Mc Laughlin et même Lester
Bowie quelques jours avant sa brutale disparition.
20h35. Un léger doute plane sur l'assistance car le programme
du concert est resté volontairement assez vague : pas de
première partie annoncée ni de formation ou de musicien
présentés sur la plaquette distribuée par le
personnel de l'auditorium… mais à voir le matériel
disposé dans la salle certains se risquent à pronostiquer
la formation attendue. Liz McComb n'est pas une inconnue du public
lyonnais : Elle est déjà venue à plusieurs
reprises au Théâtre Antique et à la cathédrale
St Maurice de Vienne, à l'Opéra de Lyon et également
au Théâtre Antique de Lyon ! Que nous réserve
t-elle cette fois ? Dans un article du Progrès, la Diva nous
annonçait une surprise pour son retour dans la capitale des
Gaules.
20h40. Un murmure de fond s'installe dans le public de l'orchestre
et quelques-uns se demandent quelle est l'origine du dérangement
qui semble venir de l'arrière de la salle, notamment ceux
des balcons supérieurs qui n'ont que la vue de la scène
toujours vide. Puis le tumulte se transforme en air de fanfare accompagné
d'une voix et cette voix, pas de doute c'est bien celle de Liz McComb qui
s'est permis une entrée à l'opposée du protocole.
Elle déambule à présent au milieu des travées
de la salle en chantant comme dans un temple de Harlem, puis se
dirige vers la scène accompagnée par quatre cuivres
: hélicon, trombone à coulisse, sax alto et trompette.
Liz McComb va ensuite interpréter avec cette petite formation
trois standards du gospel de « bayous » au cours desquels le public
va se préchauffer les « battoirs »… car pour une fois, même
dans ce temple du classique, pas question de retenir son plaisir,
qu'il est conseillé de consommer sans modération et
avec ses voisins !
Ensuite Liz interprétera seule avec son pianiste le très
respectueux "Old man river", qu'elle terminera
comme suspendu par un grand silence d'opéra, qui permettra
à sa formation de s'installer puis de reprendre de plus belle
ce chant sacré du gospel. Sur la scène se trouvent
alors les artistes suivants : un organiste sur Hammond (plus un
synthé), un bassiste, un batteur, deux choristes et Liz au
piano, car entre-temps les quatre souffleurs sont repartis dans
les coulisses, en attendant le final que Liz promet d'être
chaud. Et le public enivré va durant 24 morceaux de gospel,
de blues, de church music et même de boogie-woogie, chanter
et frapper dans ses mains. Car la diva a de la voix mais aussi du
punch au piano, qu'elle martèle parfois avec ses poings et
ses coudes (elle terminera deux morceaux debout à son piano…
Michel Berger se serait-il trompé de sexe!).
Au cours de ce concert Liz fera preuve de quelques-unes des qualités
qui lui sont unanimement reconnues : profond respect des musiciens
qu'elle n'hésitera pas à mettre en avant et qu'elle
présentera comme étant pratiquement égaux à
elle-même (Elle a laissé, entre autres, ses deux choristes
chanter chacune un morceau en guest star), amour de La Musique sans
frontière, en invitant une artiste violoncelliste qui l'accompagna
seule et sans aucun micro, dans un morceau très bluesy…violoncelle
oblige ; artiste engagée dans sa foi sans fausse pudeur ni
racolage qui donne un ton d'authenticité inégalé
dans ses cris de mezzo qui rappellent ceux de Marion Williams
ou de Tina Turner dans "Proud Mary"; (Elle n'hésite
pas lorsqu'elle le peut, à reverser dans la plus grande discrétion
son cachet à des œuvres caritatives) ; enfin, réel
respect du public ; mais doit-on encore le préciser après
pratiquement trois heures de récital et cette fin de concert
où le service d'ordre ne put empêcher quelques "convertis"
à venir chanter et danser sur scène l'unique "Oh
when the saints" à la demande de Liz McComb elle-même.
Elle dut alors se contenter de rappeler ses quatre premiers musiciens
avec lesquels elle reprit, comme en début de soirée,
un véritable bain de foule… ou de folie !
François
Gayet
"Véritable
phénomène scénique et vocal, souvent comparée
à la fois à Tina Turner et Mahalia Jackson, Liz McComb
est née à Cleveland d'une lignée de pasteurs.
Avec son ample voix de mezzo souverainement expressive, Liz McComb
aurait pu choisir une carrière classique. Mais suivant l'exemple
de Mahalia Jackson, elle décide de consacrer sa vie au gospel
et de la faire sortir de la pénombre des églises.
(...) Après avoir triomphé à l'Opéra
national de Lyon (...) elle revient à Lyon avec un récital
original qui réunira autour d'elle bien des styles et instruments
de la musique africaine-américaine."
Auditorium
de Lyon
89 rue de Bonnel
69003 Lyon
04 78 95 95 95

http://www.lizmccomb.com/
http://parisvoice.com/00/oct/html/local.cfm
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