Lionel
Belmondo (saxophones, flûte, clarinette), Stéphane
Belmondo (bugle), François Christin (cor), Bastien Stil
(tuba), Philippe Gauthier (flûte),Dominique Doumaud (cor
anglais), Julien Hardy (basson), Jérôme Voisin
(clarinette), Laurent Fickelson (piano), Clovis Nicolas (contrebasse),
Philippe Soirat (batterie). Arrangements : Laurent Agnes, Christophe
Dal Sasso, Bastien Stil et Lionel Belmondo. Direction musicale
: Lionel Belmondo
Jusqu’ici
connu des amateurs pour son enracinement dans le jazz des années
50-60, le hard bop, Lionel Belmondo, initiateur
de ce projet, explique le choix et le concept : « C’est
un rêve d’enfance de réussir à réunir
les deux univers (le jazz et le répertoire classique
français), le plaisir de jouer de la Musique sans que
personne ne puisse dire, c’est du jazz, c’est du
classique ». Pari ô combien réussi avec
cet Hymne au soleil qui présente
principalement des œuvres de Lili Boulanger (1893 –
1918), première femme Grand Prix de Rome de composition,
sœur de Nadia (chez qui nombre de jazzmen se rendirent
comme élève) et de Maurice Duruflé (1902
– 1986), organiste réputé, complétées
par deux pièces de Gabriel Fauré et Maurice Ravel…
dans le même esprit, sinon dans la lettre, que Miles Davis
avec le Concerto de Ajanruez de Joachim Rodrigo, de
Duke Ellington avec The Nutcracker Suite (musique du
ballet Casse-Noisettes) de Tchaikovski ou Rossini par Mike Westbrook…
c’est-à-dire avec un respect total pour, dans ce
cas précis, montrer les évidentes affinités
entre le jazz moderne et une certaine musique française
post-impressionniste.
Pour cela, Lionel a fait appel à des arrangeurs qui ont
su assembler harmonieusement (orchestration nouvelle ou modifications
rythmiques) cuivres et bois (tenus par des membres de formations
symphoniques telles que l’Orchestre Philharmonique de
France) auxquels s’ajoutent les compagnons habituels du
quintette des deux frères.
A noter plus spécialement le titre éponyme, composé
par Lili Boulanger en 1912 dans laquelle on remarquera que les
harmonies des deux premières mesures de l’œuvre
sont identiques à celles choisies par John Coltrane pour
sa version de My Favorite Things, ce qui n’a
pas échappé à Lionel, grand admirateur
du célèbre saxophoniste.
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Pour ma part, j‘ai un faible pour la composition
de Gabriel Fauré, Après un Rêve,
pour piano et voix sur un poème de Romain Bussine
(à ce sujet écouter la superbe version qu’en
donna Barbra Streisand dans Classical Barbra, disque
CBS), présentée ici par Lionel sans aucune
modification à la partition originale, le thème
étant délicatement interprété
au bugle par Stéphane…
En marge de la production actuelle, un disque à
découvrir absolument, vite.
Jacques
Chesnel
(mai 2003) |
Jacques
Chesnel
est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le
Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands
Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas)
; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie
Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente
ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

http://www.jazzbreak.com/special/belmondo.asp?whichpage=1
http://www.absolucorse.com/manif/manif_Interviews.asp?ID=378