Hymne au soleil
(B flat records 2003)

 

Lionel Belmondo (saxophones, flûte, clarinette), Stéphane Belmondo (bugle), François Christin (cor), Bastien Stil (tuba), Philippe Gauthier (flûte),Dominique Doumaud (cor anglais), Julien Hardy (basson), Jérôme Voisin (clarinette), Laurent Fickelson (piano), Clovis Nicolas (contrebasse), Philippe Soirat (batterie). Arrangements : Laurent Agnes, Christophe Dal Sasso, Bastien Stil et Lionel Belmondo. Direction musicale : Lionel Belmondo

Jusqu’ici connu des amateurs pour son enracinement dans le jazz des années 50-60, le hard bop, Lionel Belmondo, initiateur de ce projet, explique le choix et le concept : « C’est un rêve d’enfance de réussir à réunir les deux univers (le jazz et le répertoire classique français), le plaisir de jouer de la Musique sans que personne ne puisse dire, c’est du jazz, c’est du classique ». Pari ô combien réussi avec cet Hymne au soleil qui présente principalement des œuvres de Lili Boulanger (1893 – 1918), première femme Grand Prix de Rome de composition, sœur de Nadia (chez qui nombre de jazzmen se rendirent comme élève) et de Maurice Duruflé (1902 – 1986), organiste réputé, complétées par deux pièces de Gabriel Fauré et Maurice Ravel… dans le même esprit, sinon dans la lettre, que Miles Davis avec le Concerto de Ajanruez de Joachim Rodrigo, de Duke Ellington avec The Nutcracker Suite (musique du ballet Casse-Noisettes) de Tchaikovski ou Rossini par Mike Westbrook… c’est-à-dire avec un respect total pour, dans ce cas précis, montrer les évidentes affinités entre le jazz moderne et une certaine musique française post-impressionniste.
Pour cela, Lionel a fait appel à des arrangeurs qui ont su assembler harmonieusement (orchestration nouvelle ou modifications rythmiques) cuivres et bois (tenus par des membres de formations symphoniques telles que l’Orchestre Philharmonique de France) auxquels s’ajoutent les compagnons habituels du quintette des deux frères.
A noter plus spécialement le titre éponyme, composé par Lili Boulanger en 1912 dans laquelle on remarquera que les harmonies des deux premières mesures de l’œuvre sont identiques à celles choisies par John Coltrane pour sa version de My Favorite Things, ce qui n’a pas échappé à Lionel, grand admirateur du célèbre saxophoniste.

Pour ma part, j‘ai un faible pour la composition de Gabriel Fauré, Après un Rêve, pour piano et voix sur un poème de Romain Bussine (à ce sujet écouter la superbe version qu’en donna Barbra Streisand dans Classical Barbra, disque CBS), présentée ici par Lionel sans aucune modification à la partition originale, le thème étant délicatement interprété au bugle par Stéphane…
En marge de la production actuelle, un disque à découvrir absolument, vite.

Jacques Chesnel
(mai 2003)


Jacques Chesnel est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

http://www.jazzbreak.com/special/belmondo.asp?whichpage=1

http://www.absolucorse.com/manif/manif_Interviews.asp?ID=378