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Claude
Ponti, écrivain d’intérêt public.
Le tout dernier
album de Claude Ponti – que l’on ne présente
plus tant sa place dans l’univers de la littérature
jeunesse est aujourd’hui prépondérante –
est d’une indéniable richesse… comme les précédents,
d’ailleurs. Ses ouvrages se ressemblent-ils tous pour autant
? D’une certaine façon, oui, mais on peut aussi rétorquer
que c’est la constance de son originalité et de ses
créations imaginaires qui est au fondement même des
multiples qualités de ces albums que les jeunes lecteurs
plébiscitent.
Il est vrai que là encore, à travers l’histoire
de Lili Prune, on retrouve le très classique parcours initiatique
(cher à l’auteur), qui définit la trajectoire
narrative des albums : un jeune héros ou une héroïne
– comme ici Lili prune – s’ouvre au vaste monde,
doit vaincre quelques obstacles en chemin et par-là même,
grandit et se forge une identité. C’est peut-être
pour cela que les enfants lecteurs aiment tant se plonger, inlassablement,
dans les aventures d’Okilélé, de Oups ou de
Lili Prune : ils se reconnaissent dans ce monde-là, dans
ces images et ces fables qui formulent, album après album,
l'insatiable curiosité, l' envie de grandir et d’affronter
le monde des plus jeunes.
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On l’aura
compris, Lili Prune ne fait pas exception à la règle
et l'on suit, de la naissance à l’âge adulte,
cette mignonne créature mi-peluche mi-humaine. Elle
est née un « quatorze ferfette »,
mais personne ne sait encore qu’elle est « extraordinaire
». Au lieu de «découvrir»,
elle «invente», une façon d’expliquer
comment, en réalité, elle fait sien le monde
qu’elle découvre. La parabole fonctionne parfaitement
et les lecteurs comprennent à demi-mot que Lili n’invente
pas réellement (le jour et la nuit, les couleurs et
les saveurs, le « caca » et la mort, le haut et
le bas, les sentiments ou les émotions…) mais
que sa curiosité enfantine (qu’elle conserve
bien heureusement à l’âge adulte) la pousse
à s’approprier ce qui l’entoure. |
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Mais Lili sait
aussi se faire « inventrice » pour de bon : des biberons-ballons
gonflables à la dévaleuse à balancelle, son
imagination débordante l’incitera, beaucoup plus tard,
à concevoir une « machine à tuer les Araknasses
Corbillasses », dont un spécimen est sur le point
d’envahir le village et massacrer ses habitants… Entre
temps, Lili a trouvé un mari avec lequel elle a « inventé
» trois enfants !
L'album est parsemé d'autres inventions, que l'on doit directement
à Claude Ponti : linguistiques, surtout, car l’auteur
a toujours le même goût démesuré pour
les néologismes poétiques qui combinent plusieurs
termes (et que l’enfant comprend souvent par association d’idées)
: on se réjouira des « oisouilles »,
des prénoms des amis de Lili (Nioutonne, Heurékah
et Heubeulle), de la « Roulbarak » et du «
mikrorikikiteur » inventé par Lili…
Mais l’imaginaire n’est pas tout et l’auteur n’occulte
nullement les réalités de l’enfance : ainsi,
les lecteurs apprécieront tout autant la série de
termes qui désignent les « kikis » de Lili et
de son ami Arboussael (« Lili Prune découvrit son
kiki et l’appela le lulu pendant qu’Arboussael découvrait
son kiki à lui et l’appelait le zizi. »),
une façon de poétiser la découverte de la sexualité
et de la différence. La revanche de Lili Prune
est assurément un bel album, par un conteur-inventeur hors
normes, dont la fantaisie et le réalisme mêlés
donnent envie d'aller de l'avant et de s’épanouir.
B.
Longre
(novembre
2003)

du
même auteur :
Le Doudou Méchant (2000)
Petit prince Pouf (septembre
2002)
Georges Lebanc
(2001)
http://www.ecoledesloisirs.fr
http://asp.ricochet-jeunes.org/ie/biblio/illus.asp?name=Ponti&surname=Claude
http://www.foliesdencre.com/events/spect/balai.html
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