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avec Anne Bouvier,
Nicolas Gabion, Fany Mary, Fabrice Pierre, Sylvie Raboutet
Au
Théâtre Silvia Monfort
106 rue Brancion 75015 Paris
Réservation 01 56 08 33 88
Une
adaptation n'est jamais qu'une adaptation, qui témoigne avant
tout d'une sensibilité subjective. Celle du célèbre
roman libertin de Choderlos de Laclos par Philippe Faure
peut tantôt réjouir, tantôt brouiller les pistes.
Il est vrai qu'adapter pour la scène un roman épistolaire
(175 lettres) à l'intrigue complexe ne doit pas être
chose aisée. Et pourtant, le genre épistolaire n'est
pas un obstacle ici, Philippe Faure ayant su exploiter le procédé
de manière subtile et ludique, par le biais d'une mise en
scène ingénieuse et réussie : Les cloisons
coulissantes permettent d'astucieuses et rapides entrées
et sorties des personnages et symbolisent les glissements et évolutions
des sentiments, ainsi que les complexités de l'âme
humaine et des machinations de Valmont et Merteuil ; Les jeux de
lumière ont une portée essentielle (celle-ci d'ordinaire
plutôt blafarde, virant au rouge, tel un signal d'alarme,
lorsque la liaison prend une tournure "dangereuse") ;
Enfin, la sobriété du décor, qui neutralise
l'action hors de tout contexte spatio-temporel, permet au spectateur
de pénétrer la conscience des personnages, leur monde
intérieur, à travers les lettres, lues en partie ou
évoquées, soit par le personnage sur scène,
soit par une voix off qui envahit alors l'espace.
De tous les personnages, celui de Valmont, le seul qui se trouve
entre deux mondes (celui du libertinage et de ses complots, pourtant
vaincu par celui du sentiment), manipulé et manipulateur,
ce personnage, donc, est le plus théâtralisé,
d'où une mise en abîme habilement amenée soit
par l'agencement scénique soit par des références
langagières sur le théâtre dans le théâtre.
Les acteurs tirent leur épingle du jeu et sont tous très
convaincants, mais par moments, on peut déplorer la diction
par trop affectée de la Marquise de Merteuil. Il faut dire
que les joutes oratoires s'éternisent parfois entre les deux
protagonistes et l'on a le sentiment que le metteur en scène
/ adaptateur a privilégié la théorie du duel
verbal, au détriment de la trame narrative, reléguée
au second plan, ce qui entraîne une certaine confusion : mieux
vaut bien connaître l'enchaînement des événements
et le postulat de départ (qui est qui) si l'on veut aborder
cette adaptation.
Néanmoins, l'atmosphère teintée de tragédie
d'un dix-huitième siècle à la fois libertin
et dévot est parfaitement restituée, autant par les
costumes que par la musique baroque (J.J. Cassanéa de Mondonville,
Jean-Philippe Rameau et S. De Brossard) et la performance des acteurs,
tout aussi à l'aise dans la lecture que dans l'action, a
de quoi séduire.
B.L.
/ P.M.
A
noter, les différentes adaptations cinématographiques
(Roger Vadim, 1960 / S. Frears, 1988 / Milos Forman, 1989), dont
la plus brillante demeure, à nos yeux, celle de Stephen Frears.
représentations
à Lyon, du 9 au 18 décembre 1999
au Théâtre
de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements
et location : 04 72 07 49 50

le
texte en ligne
http://cedric.cnam.fr/cgi-bin/ABU/go?liaisons3
L'auteur
http://www.encyclopedies.hachette-multimedia.fr/W3E/LITT/ARTICLES/MA_2142.1.html
Le
roman classique
http://www.cafe.edu/genres/n-romcla.html
Le
théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/
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