d'après le roman éponyme
de
Maurice Pons

création, scénographie et mise en scène Wladyslaw Znorko

durée 1h30 environ

Théâtre des Célestins, Lyon
du 6 au 16 novembre 2002

 

Obsédé par l’idée du voyage, fasciné par l’exploration de l’écriture, Wladyslaw Znorko a trouvé dans Les Saisons l’écho d’une errance familière. Son théâtre, nourri de culture d’Europe de l’Est, a gardé le sens des émotions brutes et immédiates, des sensations visuelles ou acoustiques fortes. Il semble prédestiné aux steppes imaginaires du roman de Maurice Pons. Dans la souffrance de Siméon, la fable des Saisons puise la force de croire en un monde meilleur. Il fallait un comédien rare pour incarner la vitalité de cette résistance au désespoir. Wladyslaw Znorko a choisi Denis Lavant.

Par Wladyslaw Znorko
A la gare du Coucou Suisse

Un spectacle du Cosmos Kolej
en coproduction avec la Comédie de Caen – CDN de Normandie, l’Espace Malraux – Scène Nationale de Chambéry, la Coursive - Scène Nationale de La Rochelle, la Filature – Scène Nationale de Mulhouse.

Théâtre des Célestins, Lyon
04 72 77 4000

univers sonore : Bernard Valléry
lumière : Richard Psourtseff

avec Denis Lavant (photo : © Photo Agence Artistique Anne Andrei), Antonella Amirante, Jelena Covic, Patrice Goubier, Jean-Pierre Hollebecq, Elisabeth Legillon, Wilma Lévy, Irina Vavilova


Wladyslaw Znorko
© Photo David Anemian, Declics et des claps

Un « si joli petit village ».

Jusqu’au 16 novembre 2002 la scène du théâtre des Célestins est transformée en cour des miracles sous l’effet de la mise en scène de Wladyslaw Znorko. Fondateur de la compagnie Cosmos Kolej en 1981, le metteur en scène recrée à sa façon l’univers noir du roman de Maurice Pons, écrit alors que l’écrivain traverse une « période particulièrement dépressive » de sa vie.

En effet, l’action se tient dans un univers où vivent de pauvres hères édentés, portant vêtements loqueteux ou défraîchis, éclopés de la vie qui évoluent dans un décor glauque et délabré. Où vivent-ils? Sans doute à proximité d’une gare perdue dans la plaine où siffle le train et chante le coq. Car tout est suggéré dans cette histoire. Arrive alors Siméon, formidablement interprété par Denis Lavant, petit homme vif en quête d’une «oeuvre à donner », qui se veut écrivain et qui a foi en l’homme. Il se plie aux exigences absurdes de ces habitants du bout du monde, et les saisons passent... Et Siméon, malgré quelques révoltes, reste. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il continue à croire à l’humanité des habitants de ce « si joli petit village ».

Rien n’est vraiment dit dans cette pièce mise en scène par Znorko où prédominent le rythme, la musique lancinante, le chant plus que les mots de Maurice Pons. Les onomatopées, les sons à consonances slaves chères à Znorko, tiennent souvent lieu de langage. Wladyslaw Znoko a ses admirateurs, mais ne fait pas l’unanimité auprès du plus large public souvent déconcerté par sa vision du monde. A preuve, cet accueil plutôt froid à la fin de la pièce, malgré les applaudissements de quelques inconditionnels. Sans doute parce que, même si la mise en scène demeure rythmée et inventive, une heure trente de misère intellectuelle et physique jouée dans un parti pris de gestes répétitifs finissent par être ennuyeux.

Christine Ferré
(novembre 2002)

http://www.mairie-lyon.fr/celestins/

http://perso.wanadoo.fr/cosmoskolej/home.htm