Molières
2001
Meilleure pièce de création / Meilleur auteur
francophone
Présenté
par Atelier Théâtre Actuel.
Avec Daniel Besse, Jacques Garsi, Stéphane Bierry, Emmanuel
Patron, Marion Bierry, Guillaume de Tonquedec, Marie Reache
Question : La calomnie pratiquée par un «cadre
sup» vis-à-vis dun collègue
peut-elle être considérée comme une méthode
permettant dasseoir sa carrière ?
Réponse
: oui, elle peut même pousser au suicide celui qui en
est victime.
Tel
pourrait être le propos tenu par Daniel BESSE dont la
dernière pièce très parisienne «
Les Directeurs » lui a valu deux Molières
en 2001. Le cadre en est original puisquil a pour décor
les locaux très design dune grande entreprise spécialisée
dans la conception et la vente darmes de haute technologie.
Si
on y parle contrats, négociations, financements, réunions
de synthèse, coefficients, on le fait entre deux considérations
très pertinentes sur le golf, les sports dhiver
et la gastronomie que lon se doit de pratiquer sans faillir.
Car ces directeurs-là se doivent de rester policés,
sans doute pour mieux cacher leur cynisme, leurs ambitions,
dans un milieu où il ny pas de place, ni pour la
vulgarité, ni pour une trop grande sensibilité.
Ainsi
Odéon, brillant diplômé, auteur dun
rapport très remarqué dans les milieux influents
est-il pris au piège de sa sensibilité qui place
ses valeurs ailleurs que dans la course aux femmes, à
la frime et au fric. Il tombe sous les coups bas de Denfert,
autre diplômé aux dents longues qui nhésite
pas à le calomnier pour mieux le faire tomber. Et effectivement,
Odéon, pris de doute, sombre peu à peu dans la
dépression, et finit par se suicider. Comme un fil conducteur
à ces obscures manoeuvres, le Président Directeur
Général, remarquablement interprété,
se rit de ce jeu de vérité et mensonges où
quoi quil advienne, cest lui qui tire toutes les
ficelles et décide du sort de chacun.
«
Lobjectif de cette pièce est aussi damener
les spectateurs à rire avec moi de ces grands diplômés
dont lexcellence intellectuelle ne garantit pas lexcellence
morale et psychologique» précise Daniel Besse.
Mais
il y a tant de cynisme et de violence cachée dans ces
personnages que le spectateur ne comprend plus sil sagit
dune comédie ou dun drame. Il aurait peut-être
fallu un peu plus de légèreté dans la trame
ou au contraire plus démotion dans la détresse
pour que la pièce bascule dans lun ou lautre
genre.
Christine
Ferré
(octobre 2002)
"
J'ai en tête cette phrase de Baudelaire :
"La
vie est un hôpital dans lequel chaque malade rêve
de changer de lit." Mais les hommes ne se contentent
pas de rêver, ils se battent. Il y a autour de nous,
dans les grandes entreprises, des luttes shakespeariennes
pour la conquête du pouvoir. La bataille qui s'y livre
est celle de l'image. Elle se déroule sur deux fronts
: à l'intérieur des murs, et dans les médias.
Sur ces deux fronts, on gagne des guerres et on les perd.
On vit des ascensions foudroyantes, tout comme on subit
des chutes vertigineuses. J'ai voulu représenter
des grands directeurs dans l'exercice de leur travail, à
la marge entre succès quotidien et calvaire quotidien."
Daniel Besse |

Le
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