le 16 et 17 octobre 2002 à 20h30
au Radiant, Caluire

de Daniel Besse
mise en scène Etienne Bierry


Molières 2001
Meilleure pièce de création / Meilleur auteur francophone

Présenté par Atelier Théâtre Actuel.
Avec Daniel Besse, Jacques Garsi, Stéphane Bierry, Emmanuel Patron, Marion Bierry, Guillaume de Tonquedec, Marie Reache


Question : La calomnie pratiquée par un «cadre sup’» vis-à-vis d’un collègue peut-elle être considérée comme une méthode permettant d’asseoir sa carrière ?
Réponse : oui, elle peut même pousser au suicide celui qui en est victime.
Tel pourrait être le propos tenu par Daniel BESSE dont la dernière pièce très parisienne « Les Directeurs » lui a valu deux Molières en 2001. Le cadre en est original puisqu’il a pour décor les locaux très design d’une grande entreprise spécialisée dans la conception et la vente d’armes de haute technologie.
Si on y parle contrats, négociations, financements, réunions de synthèse, coefficients, on le fait entre deux considérations très pertinentes sur le golf, les sports d’hiver et la gastronomie que l’on se doit de pratiquer sans faillir. Car ces directeurs-là se doivent de rester policés, sans doute pour mieux cacher leur cynisme, leurs ambitions, dans un milieu où il n’y pas de place, ni pour la vulgarité, ni pour une trop grande sensibilité.
Ainsi Odéon, brillant diplômé, auteur d’un rapport très remarqué dans les milieux influents est-il pris au piège de sa sensibilité qui place ses valeurs ailleurs que dans la course aux femmes, à la frime et au fric. Il tombe sous les coups bas de Denfert, autre diplômé aux dents longues qui n’hésite pas à le calomnier pour mieux le faire tomber. Et effectivement, Odéon, pris de doute, sombre peu à peu dans la dépression, et finit par se suicider. Comme un fil conducteur à ces obscures manoeuvres, le Président Directeur Général, remarquablement interprété, se rit de ce jeu de vérité et mensonges où quoi qu’il advienne, c’est lui qui tire toutes les ficelles et décide du sort de chacun.
« L’objectif de cette pièce est aussi d’amener les spectateurs à rire avec moi de ces grands diplômés dont l’excellence intellectuelle ne garantit pas l’excellence morale et psychologique» précise Daniel Besse.
Mais il y a tant de cynisme et de violence cachée dans ces personnages que le spectateur ne comprend plus s’il s’agit d’une comédie ou d’un drame. Il aurait peut-être fallu un peu plus de légèreté dans la trame ou au contraire plus d’émotion dans la détresse pour que la pièce bascule dans l’un ou l’autre genre.

Christine Ferré
(octobre 2002)


" J'ai en tête cette phrase de Baudelaire : "La vie est un hôpital dans lequel chaque malade rêve de changer de lit." Mais les hommes ne se contentent pas de rêver, ils se battent. Il y a autour de nous, dans les grandes entreprises, des luttes shakespeariennes pour la conquête du pouvoir. La bataille qui s'y livre est celle de l'image. Elle se déroule sur deux fronts : à l'intérieur des murs, et dans les médias. Sur ces deux fronts, on gagne des guerres et on les perd. On vit des ascensions foudroyantes, tout comme on subit des chutes vertigineuses. J'ai voulu représenter des grands directeurs dans l'exercice de leur travail, à la marge entre succès quotidien et calvaire quotidien."
Daniel Besse

Le Radiant
1 rue Jean Moulin
Caluire-et-cuire
04 78 23 84 02