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Le lieu est
précaire : une baraque de boxe, quelques caravanes... une
sorte de théâtre dans le théâtre, plateau
fragile et provisoire comme tout lieu où les hommes jouent
leur destin. Sous l’autorité d’une femme de tête
au nom brutal, Uppercut, s’agitent et tergiversent, s’attirent
et se repoussent, s’aiment et se séparent des personnages
représentatifs (socialement, culturellement, psychologiquement)
de la diversité de l’humanité, de son accablement,
de ses questionnements, de ses frivolités, de son acharnement
à vivre, ou à donner l’impression de vivre.
Une humanité belge, certes, mais n’est-elle pas de
tous pays (dans le titre, la voyelle électronique est l’image
même de la communication virtuelle mondialisée) ?
Il y a beaucoup
de choses, dans ces 23 tableaux, sur le mode de l’allusion
ou de la satire ouverte, de l’ironie bienveillante à
la dénonciation : la religion, le « pot belge »
des sportifs, la langue de bois des politiques, la nostalgie du
passé, le bilinguisme, la nouveauté à tout
prix, le pessimisme désespéré, l’optimisme
envers et contre tout... Et des gens qui disparaissent, qui monologuent
dans leur coin mais qu’on ne veut pas entendre (alors qu’on
écoute les morts), qu’on recherche plus ou moins jusqu’à
ce qu’on disparaisse soi-même.

Jean-Marie
Piemme

Paul Pourveur
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Beaucoup
de choses, sur le mode d’un théâtre vivant
où les questions sont posées sans en avoir l’air,
où les réponses pointent le nez sans convaincre
parce qu’on préfère s’arranger entre
soi, s’installer dans le provisoire. « C’est
une vision qu’il nous manque. Mais il n’y a plus
de vision », reconnaît Uppercut qui elle-même,
comme d’autres, s’évanouira dans le virtuel,
alors que les rescapés se répètent à
l’envi : « Tout va bien, tout va bien, restons
armés, que rien ne change ».
Les
éditions Lansman, spécialisées
dans les publications théâtrales (ce volume est
le 124ème de la collection) ont encore une fois opéré
un choix intéressant, avec cette pièce écrite
par deux vrais dramaturges, dont l’œuvre est reconnue
aussi bien en Belgique qu’à l’étranger.
Jean-Pierre
Longre
(février 2003)
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Jean-Pierre
Longre, enseignant en littérature du XXème siècle
à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une
thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical. Il a participé à l'édition
des romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue
des recherches sur les littératures francophones (Roumanie,
Belgique, Québec).

http://www.lansman.org/
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