avec : Jean-Pierre
Léaud, Irène Jacob, Mathieu Amalric, Philippe Khorsand, Dominique
Reymond et Hélène Surgère
François
Marcorelle (Jean-Pierre Léaud), juge d'instruction à
Chambéry, assiste à la projection d'un vieux film dans
un cinéma d'art et d'essai. Soudain sa voisine glisse une main
sur sa cuisse, penche la tête sur son épaule, avant de
s'effondrer, morte. La salle s'allume et les spectateurs désignent
du doigt Marcorelle en criant : " C'est lui le coupable " !
Cette scène s'avère un cauchemar. Elle ouvre le film
de Serge Le Péron où Léaud campe un personnage
de magistrat névrosé, au complexe de culpabilité
inextinguible. De plus son passé d'ex-gauchiste en Mai 68 intensifie
sa mauvaise conscience vis à vis de son métier d'homme
de loi et de sa nouvelle existence bourgeoise.
Ses remords se font d'autant plus insistants qu'il est en charge d'une
affaire où le principal inculpé pourrait l'avoir rencontré
dans le bidonville de Nanterre en 68. Fourcade (Mathieu Almaric),
jeune avocat très ambitieux, exploitera sournoisement les ambiguïtés
du juge.
Un second épisode
achèvera de plonger Marcorelle dans la tourmente. Après
avoir dîné dans un restaurant turc, il raccompagne
la serveuse, Anieska (Irène Jacob), jusque chez elle. Celle-ci
l'entraîne dans sa chambre où son soi-disant père
les découvre. Marcorelle l'assomme afin de protéger
Anieska, et s'enfuit avec, cette fois-ci, la certitude d'avoir commis
un meurtre.
Comédie
ou drame, " L'affaire Marcorelle " se veut l'investigation du sentiment
de culpabilité d'un homme, et voudrait s'inscrire dans la
lignée des films d'Hitchcock. Mais ici le scénario
devient rapidement incompréhensible et gratuitement embrouillé.
Léaud parvient à donner épaisseur et ambivalence
à son personnage et c'est peut-être le seul intérêt
du film (bien que l'on puisse lui reprocher de ne jouer que du Léaud).
Pour le reste " L'affaire Marcorelle " verse dans une théâtralité
figée, fade et sans rythme.
Le regard porté sur Mai 68 et ses prolongements actuels (sujet
peu novateur) est désespérément ironique et
empreint de fatalisme.
Le second degré, à peine voilé, où Léaud
est aussi juge du cinéma français, n'aboutit qu'à
de lourdes oeillades en direction de quelques cinéphiles.
Certes Léaud est une icône d'un certain cinéma
mais ici au service d'une affaire un peu trop privée. Pour
s'en persuader il suffit de voir le dernier film de Clint Eastwood
(Space Cowboys), icône lui-aussi, et la manière infiniment
plus drôle et légère avec laquelle il tord et
utilise son image.
Jean-Emmanuel
Denave

Avec
Jean-Pierre Léaud : Le Pornographe
(2001)
Interview
du réalisateur en real audio
http://www.filmfestivals.com/cannes_2000/filmfestivals
_tvfr/interviews/leperonf.shtml
A
propos du film
http://www.checkout.com/movies/title/review/0,7696,1989484,00.html
La
musique du film (Antoine Duhamel) en écoute http://www.admstudio.com/n000201.shtml
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