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Avec Fatomeh
Tcheraghakhar, Shabnam Toluoi, Azizeh Sadighi
Marzieh Meshkini,
nous propose trois fictions dépouillées, lapidaires
et traversées d'humour, sur le statut ( peu enviable) de
la femme iranienne.
Le film s'ouvre sur le temps de l'innocence : Hava vient d'avoir
neuf ans et s'apprête à revêtir le tchador que,
d'instinct, elle trouve repoussant. Sous le soleil de plein midi,
elle toise du regard sa grand-mère et sa mère, lignée
de femmes soumises aux us et coutumes du pays. Rejoindre un camarade
de jeux et partager avec lui friandises et bonbons acidulés
paraît de loin plus attrayant. Mais le jeu de la tradition
est aussi un enjeu affectif entre générations. S'y
soustraire, serait risquer de perdre l'amour maternel.
Sur un cheval au galop, sillonnant une plaine aride, un cavalier
lancé à la recherche de sa jeune épouse. Sur
des bicyclettes, le menton dans le guidon, un groupe de femmes en
tchador. Deux plans saisissants qui confrontent le passé
(habits, cheval) et la modernité (VTT, vitesse). Avec des
travellings où s'entrecroisent le flux des cavaliers et le
flux des cyclistes, Meshkini revisite de manière enlevée
et drôle la course poursuite.
La jeune mariée est pourchassée par son mari, puis
par son père et des « sages » du village, enfin par ses deux
frères. Chacun lui ordonne de mettre pied à terre
et de cesser son impudente « échappée ». Faire du
vélo, relève pour une femme d'un « acte diabolique ».
Le dernier récit constitue l'acmé du film. De retour
au pays une vieille femme, fraîche héritière
d'une importante somme d'argent, décide d'accomplir tous
ses rêves de « consommatrice » frustrée. Dévalisant
les magasins, elle engrange de manière exhaustive l'ensemble
des produits ménagers, hi-fi ou mobiliers que l'on peut trouver
ici-bas ! Elle rassemblera son butin sur une plage, avant d'embarquer
pour une région inconnue.
Des jeux interdits, une poursuite infernale et un voyage vers une
contrée enchantée : en trois épisodes, Meshkini
nous offre, avec discrétion, quelques ingrédients
du cinéma. Sans s'encombrer de longs discours (mais en n'évitant
pas toujours le pittoresque ou l'exotisme), elle laisse aux images
le soin de témoigner de la condition de la femme iranienne,
aux trois âges de son existence. L'ensemble est plutôt
réussi.
Jean-Emmanuel
Denave

http://perso.wanadoo.fr/rencontres-cinema-manosque/Le%20Jour.htm
http://www.3continents.com/cinema/films/asia/iran
http://www.topouest.com/Cinema/Festival3c/lejourou.htm
http://www.filmfestivals.com/venice_2000/index_fr.htm
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