un film de
Marzieh Meshkini

Venise 2000
Iran 2000 / 78 mn


Sortie
le Jeudi 8 mars


Avec Fatomeh Tcheraghakhar, Shabnam Toluoi, Azizeh Sadighi

Marzieh Meshkini, nous propose trois fictions dépouillées, lapidaires et traversées d'humour, sur le statut ( peu enviable) de la femme iranienne.
Le film s'ouvre sur le temps de l'innocence : Hava vient d'avoir neuf ans et s'apprête à revêtir le tchador que, d'instinct, elle trouve repoussant. Sous le soleil de plein midi, elle toise du regard sa grand-mère et sa mère, lignée de femmes soumises aux us et coutumes du pays. Rejoindre un camarade de jeux et partager avec lui friandises et bonbons acidulés paraît de loin plus attrayant. Mais le jeu de la tradition est aussi un enjeu affectif entre générations. S'y soustraire, serait risquer de perdre l'amour maternel.
Sur un cheval au galop, sillonnant une plaine aride, un cavalier lancé à la recherche de sa jeune épouse. Sur des bicyclettes, le menton dans le guidon, un groupe de femmes en tchador. Deux plans saisissants qui confrontent le passé (habits, cheval) et la modernité (VTT, vitesse). Avec des travellings où s'entrecroisent le flux des cavaliers et le flux des cyclistes, Meshkini revisite de manière enlevée et drôle la course poursuite.
La jeune mariée est pourchassée par son mari, puis par son père et des « sages » du village, enfin par ses deux frères. Chacun lui ordonne de mettre pied à terre et de cesser son impudente « échappée ». Faire du vélo, relève pour une femme d'un « acte diabolique ».
Le dernier récit constitue l'acmé du film. De retour au pays une vieille femme, fraîche héritière d'une importante somme d'argent, décide d'accomplir tous ses rêves de « consommatrice » frustrée. Dévalisant les magasins, elle engrange de manière exhaustive l'ensemble des produits ménagers, hi-fi ou mobiliers que l'on peut trouver ici-bas ! Elle rassemblera son butin sur une plage, avant d'embarquer pour une région inconnue.
Des jeux interdits, une poursuite infernale et un voyage vers une contrée enchantée : en trois épisodes, Meshkini nous offre, avec discrétion, quelques ingrédients du cinéma. Sans s'encombrer de longs discours (mais en n'évitant pas toujours le pittoresque ou l'exotisme), elle laisse aux images le soin de témoigner de la condition de la femme iranienne, aux trois âges de son existence. L'ensemble est plutôt réussi.

Jean-Emmanuel Denave


http://perso.wanadoo.fr/rencontres-cinema-manosque/Le%20Jour.htm

http://www.3continents.com/cinema/films/asia/iran

http://www.topouest.com/Cinema/Festival3c/lejourou.htm

http://www.filmfestivals.com/venice_2000/index_fr.htm