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Visages
d’Algérie
Écrit
sous l’égide du père algérien, instituteur
laïc, et de l’admirable mère française,
Mes Algéries en France est un
émouvant recueil de courts textes, “carnet de voyages”
agrémenté de photographies belles et nombreuses, un
livre généreux dans lequel la romancière et
nouvelliste Leïla Sebbar transmet avec douceur et simplicité
son amour de l’Algérie, de la France, des Algériens
et des Français.
Après
une plaisante mise en bouche de Michelle Perrot, qui préface
le livre et lui confie un témoignage, la plume fraîche
de Leïla Sebbar nous emmène pour mille voyages dans
ce monde franco-algérien qu’elle affectionne, voyages
dans le temps et dans l’espace et voyages dans l’humanité.
Au fil des rencontres, cette enquête passionnelle nous “raconte
les gens”, leur histoire, quelle qu’elle soit :
Algériens de France, Français d’Algérie,
voyageurs d’une rive à l’autre de la Méditerranée,
Leïla Sebbar leur prête sa voix, mêlant réalité
et fiction, conte et récit, drames historiques et poésie
éternelle.
Certaines histoires sont plus tristes que d’autres, bien sûr,
et la nuance est fine parfois entre la douceur et la douleur du
souvenir : la guerre d’Algérie d’il y a cinquante
ans (1954-1962), avec ses secrets, ses tragédies encore mystérieuses
; l’islamisme sanglant ; les Zouaves morts pour la France,
les tombes musulmanes en mal de reconnaissance parmi les champs
de croix chrétiennes de nos cimetières ; les camps
désolés des harkis, les pauvres chibanis à
la terrasse des cafés... L’historien Pierre
Vidal-Naquet participe à cet in memoriam
et raconte sa propre expérience des cinquante dernières
années, tandis que Leïla Sebbar, sans lâcheté
ni agressivité, souligne ce que les Français n’ont
pas fait de l’Algérie, et se réjouit de ce que
les Algériens font, aujourd’hui encore, de la France.
Elle s’insurge contre la République qui s’essouffle,
et applaudit l’apport algérien d’énergie,
d’idées, de couleurs... pour une France meilleure.
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À
l’histoire romantique de ses parents, à son histoire
de petite fille sensible, puis de femme responsable, voire engagée,
Leïla ajoute le récit d’autres vies à
la fois ordinaires et exceptionnelles, toujours parlantes.
Dans un français purifié de toute affectation,
dans une langue saine et honnête qui n’est pas sans
rappeler entre autres la figure tutélaire de la littérature
algérienne francophone, Kateb
Yacine, l’auteure évoque aussi des
visages plus célèbres : Abd el-Kader le fondateur,
Pierre Loti l’orientaliste, Mohammed Dib, ou même
Zinedine Zidane... |
Heureux, malheureux,
tous aiment l’Algérie, et Leïla Sebbar les aime
tous, chaleureusement, ces frères et sœurs auxquels
elle offre ces pages et toute sa belle nostalgie, dans l’attente
du retour au pays : “Je saurai que je peux revenir sans
crainte ni méfiance au pays de mon père, au pays où
je suis née. Personne ne pourra me l’interdire. J’irai,
je ne serai pas seule, avec mes sœurs (...) dans le village
de l’enfance. Les fleurs du jardin de ma mère, les
asperges du jardin de mon père et ses abeilles. Nous serons
assises sous la véranda et nous mangerons les figues de l’aube”.
Nicolas
Cavaillès
(octobre 2004)
Nicolas
Cavaillès, spécialiste de l'œuvre
de Cioran, lié à la Roumanie et à sa littérature,
poursuit, après des études de lettres et de philosophie,
des recherches autour de l'écriture, des manuscrits et de
la création artistique (critique génétique).

http://www.bleu-autour.com
se
procurer l'ouvrage
http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/Mes-Algeries-en-France.html
du
même auteur
Sept Filles (Editions Thierry
Magnier, 2003)
http://bief.org/?fuseaction=annuaire.editeur&E=7696
http://clicnet.swarthmore.edu/leila_sebbar/
http://www.limag.refer.org/Volumes/Sebbar.htm
http://dzlit.free.fr/sebbar.html
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