|
 |
reprise
du 20 juin au 1er juillet 2006
au Théâtre du Renard
12 rue du Renard - 75004 Paris
Réservations : 06 50 41 65 33
mise
en scène
Jean-Pierre Cabardos
production
La Compagnie El Diamante Rojo
avec
Flora Djien, Pascale Rosier-Raoux, David Loyola, Jean-Pierre
Cabardos, Eric Petit-Jean (guitare)
|
La cuisine
d'Elvis est un drame familial, un huis-clos léger,
qui possède un humour cru, dérangeant et réjouissant
tout à la fois. Cet humour, que certains pourraient qualifier
de vulgaire, s'appuie volontairement sur des situations cocasses
et cruelles, souvent scabreuses, et sur la stupidité innée
de certains personnages : Frank par exemple, un garçon qui
se retrouve un peu là par hasard, ramené un soir de
beuverie par la mère, Mam. Sa fille Jill, quatorze ans, lui
reproche pourtant de se réfugier dans les amusements faciles
afin d'oublier leur situation de famille : un mari/père paralytique,
Dad, qui ne peut plus parler mais qui se prend parfois à
se remémorer ses années de gloire, alors qu'il "faisait
Elvis", costumé à la perfection ! Jill, qui
joue aussi le rôle de la narratrice en annonçant chaque
scène, est persuadée que son père le légume
va bientôt se remettre, lui faire un signe, et pour le stimuler,
passe son temps à concocter des petits plats... Le symbolisme
culinaire est ainsi exploité à outrance, comme pour
mieux insister sur corps qui végète, à l'opposé
du corps de Jill, qui grossit (ce que lui reproche constamment sa
mère, proche de l'anorexie...).
 |
Loufoquerie
ou grosse farce, La cuisine d'Elvis explore aussi
les relations tumultueuses entre une mère et une fille
qui changent fréquemment de rôle, et pourtant,
l'auteur évite de justesse la tragédie qui pointe.
Mais attention ! Le happy end n'est là que pour mieux
nous mettre en garde contre toute illusion, et Lee Hall, par
le biais de Dad, nous rappelle (dans un écho de As
you like it de Shakespeare) que la vie est théâtre
et qu'un dénouement heureux ne saurait être qu'un
leurre de plus pour maintenir le spectateur dans un état
de béatitude passive. L'intertextualité de la
pièce ne s'arrête pas là et le titre fait
aussi référence, en filigrane, aux "kitchen-sink
dramas" des années cinquante, un terme désignant
le plus souvent les pièces d'Arnold Wesker, nées
du désir de créer un théâtre réaliste,
proche des gens et de leur vie quotidienne, montrant qu'eux
aussi sont en quête du bonheur. |
La cuisine
d'Elvis n'en demeure pas moins drôle avant tout, un
humour vivace et insolent particulièrement bien rendu dans
les dialogues ; une comédie déjantée et assurément
subversive par le scénariste du film Billy Elliot.
Blandine
Longre
(juillet 2002)

http://www.arche-editeur.com
http://www.guardian.co.uk/dumb/story/0,7369,393983,00.html
|