de Jean-Paul Sartre
mise en scène Daniel Mesguich

Théâtre de la CroixRousse, Lyon 4e

Durée : 3h30

 

Les représentations prévues du 27/11 au 1/12 sont reportées.
Nouvelles dates : 5, 6 et 7 février 2002 à La Bourse du Travail (Lyon 3e)
Ouverture de la location le 27 novembre au 04 72 07 49 49

Joué pour la première fois le 7 juin 1951 au théâtre Antoine, Le Diable et le Bon Dieu a pour thème la souffrance d'un homme qui choisit le Mal, puis le Bien, mais prend conscience de la vanité de ses choix successifs : ni l'un ni l'autre n'est la bonne voie pour transformer le monde.

Au début de la Réforme luthérienne, alors que sévit la guerre entre les seigneurs, Goetz, 35 ans, est le plus grand chef de l'Allemagne. Il fait le mal pour le mal. Mais, mis au défi par le prêtre Heinrich, il choisit de faire le bien, pensant que cela est beaucoup plus difficile ; le mal est si monotone... Il décide de devenir un saint, non par amour des hommes mais par soif d'absolu. Il distribue ses terres au peuple, bien que cela risque d'embraser la révolte des paysans contre les seigneurs et de provoquer la mort des pauvres gens incapables de faire face dans cette lutte inégale.

Il organise sur son domaine une sorte d'îlot de bonheur, mais cette cité sera brûlée par les paysans en guerre furieux que ses habitants aient refusé de se joindre à eux. Goetz comprendra qu'il n'y a pas d'autre solution pour lui que de redevenir chef de guerre. " Le Bien ne peut engendrer que le Mal ", dira-t-il. Son désir d'absolu a échoué dans le Bien plus que dans le Mal. Par l'un ou par l'autre, il ne réussit qu'à détruire des vies autour de lui. Inconscient des problèmes d'autrui, il reste étranger à ceux de son temps. Itinéraire d'un égoïste qui rêve de salut individuel.

La pièce date un peu par son didactisme. Sartre, en bon professeur, assène quelques vérités qu'il reprend à son compte : Goetz proclame son athéisme, comprend qu'il faut transformer radicalement le monde, ce qui lui fait dire : " Dieu est mort, il n'y a que des hommes ". Cependant la mise en scène brillante et baroque sauve le texte de ses lourdeurs. A la différence d'une tendance actuelle, Daniel Mesguich nous offre une version éblouissante, dans des décors dignes de ce nom.

Françoise Anthonioz
(février 2002)

 

avec Daniel Berlioux, Anne de Broca, Sophie Carrier, Frédéric Cuif, Florant Ferrier, Aziz Kabouche, Alexandre Lachaux, Arnaud Maillard, Christophe Maltot, William Mesguich, Laurent Montel (de la Comédie-Française), Valérie Moreau et Yann Policar

Théâtre de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements et location : 04 72 07 49 49

"J’ai voulu montrer que mon héros Goetz, qui est un genre de franc-tireur et d’anarchiste du mal, ne détruit rien quand il croit beaucoup détruire. Il détruit des vies humaines mais ni la société, ni les assises sociales, et tout ce qu’il fait finit par profiter au prince, ce qui l’agace profondément." (Jean-Paul Sartre)


© Brigitte Enguerand


"L’an 2000 n’est pas le temps de Sartre, et voilà pourquoi nous pouvons mieux le lire... Je voudrais monter Le Diable et le Bon Dieu comme si il avait été écrit par un Cervantès ou un Shakespeare français dans les années cinquante en France." (Daniel Mesguich)

 

Sartre
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/ma/ma_2197_p0.html
http://www.multimania.com/julbulus/sartre1.htm

L'être et le néant
http://www.multimania.com/nrub/sartre.htm

Mesguish
http://www.comedie-francaise.fr/biographies/mesguich.htm
http://www.alliancefr.com/magazine/hommes/mesguich.html

Le théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/