|
avec : Ariane
Ascadie, Pierre Banderet, Jean-Pierre Darroussin, Jacques Boudet,
Pascale Roberts, Gérard Meylan, Alexandre Ogou
Robert Guédiguian
nous offre, à partir du 17 janvier 2001, son nouvel opus
sur Marseille et ses habitants. Cette chronique sociale débute
là où beaucoup de films finissent : Il y a Michèle
(Ariane Ascadie), la poissonnière, à la vie rythmée
par son travail et sa fille, prostituée, droguée et
jeune mère célibataire ; Paul (Jean-Pierre Darroussin),
docker gréviste opportuniste qui décide de se lancer
dans la création d'une PME en devenant chauffeur de taxi
; Ou encore le couple gauche caviar, lui architecte qui court après
sa jeunesse tout en intellectualisant et socialisant son métier,
elle femme "bonne conscience" qui s'occupe de malades
mentaux. De nombreux autres personnages s'ajoutent à ces
derniers pour former un enchevêtrement de tragédies,
toutes catégories sociales confondues.
Dès
les premières minutes du film, le parallèle avec Marius
et Jeannette nous vient immédiatement à l'esprit
: même réalisateur, même époque, même
lieux, de la vue panoramique de Marseille, des chantiers navals,
en passant par la vieille ville, pour finir sur le port, avec en
fond une musique classique diversifiée (Satie, Mozart...).
Apparaît alors sur l'écran le premier personnage, Ariane
Ascadie (Jeannette dans Marius et Jeannette) et l'idée
se fait plus forte : allons nous assister à la suite ? et
bien non ; les points communs, pourtant nombreux, s'arrêtent
là. L'optimisme et le romantisme se transforment en obsession
et la peur prédomine, dans une ville qui n'est pas si tranquille,
une ville en sommeil qui se voile les yeux sur des problèmes
sous-jacents ; comme un volcan sur le point d'entrer en éruption
et qui déverserait son flot d'horreur. Le réalisateur
déclare : "J'ai toujours pensé que cette sérénité
n'était qu'une apparence, que de mauvaises choses grouillaient,
des choses dangereuses, effrayantes ...". Les situations
les plus noires arrivent à leurs termes : des morts, des
victimes, des racistes... Mais malheureusement sans aucune solution
à portée de mains, et Robert Guédiguian l'avoue
: "le film travaille sur ces idées et ces comportements
qui m'effraient. Je suis dans le constat, je n'ai rien à
proposer, je n'ai évidemment aucune solution."
Un
début d'année cinématographique, qui sonne
comme la sirène de mercredi de chaque début de mois
que l'on n'entend plus, mais qui était là pour nous
alerter d'un danger éventuel.
Reynald

Entretiens
avec le réalisateur
http://www.peripheries.net/g-gued.htm
http://www.regards.fr/archives/1997/199711/199711inv01.html
http://www.midilibre.com/dossiers/bove/cote_scene/fr/guediguian.html
Filmographie
http://www.cinemed.tm.fr/ASP/Personnes/realisateur_no.asp?code=2010
12ème
Festival Cinématographique d'automne de Gardanne
http://www.filmfestivals.com/fr/htm/fest_00/gardanne_00_guediguian.html
|