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Ecrire son journal
lorsqu'on est écrivain nčest jamais innocent. On sait, ou
on espère, qu'il va être lu. Il est alors difficile
d'être honnête, de ne pas jouer son jeu - torturé,
brillant cčest selon. Ce journal absurde frappe par sa réalité,
son manque d'apprêt. Lčauteur y révèle sa vie
contradictoire. Ecrivain lorsqučil est militaire, militaire lorsqu'il
est écrivain, homosexuel dans un milieu d'hommes où
cette "race", comme il la définit, est peu acceptée
; on comprend "cette terrible différence entre (sa)
vie intérieure et (sa) vie extérieure".
Harry Laus, entré dans l'armée par ordre de son frère,
est le treizième enfant de la famille. Il écrit ce
journal durant une période difficile où son envie
de lire, d'écrire, est souvent contrecarrée par les
obligations militaires et mutations de caserne en caserne. Passionné
par Dostoïvski, Proust, Joyce, Ibsen, il commente, traduit
ces écrivains qu'il admire. Peu influencé par le milieu
intellectuel qučil n'a pas la possibilité de fréquenter,
son jugement est sûr et sa détermination à devenir
écrivain - malgré des périodes de doute et
de découragement - aussi.
Ambitieux mais pas méprisant ; ses amis le comprennent peu,
que ce soient le poète Mario Faustino ou un cousin au jugement
étonnant sur un recueil de nouvelles : "Très
bien écrit : je n'ai trouvé que deux fautes de portugais".
Laus, toujours en déménagement, a su développer
ces petites choses qui rendent réels et universels, les villes
traversées et les personnages. Il s'est acharné à
être intelligent, lucide dans un milieu hostile et cela n'a
pas toujours été facile. "Qu'il est grand le
pouvoir de lčenfance, de la famille, de la religion !".
Barbara
Marmonier

Les éditions
José Corti
http://jose-corti.fr/
voir
en particulier la page :
http://www.jose-corti.fr/auteursiberiques/laus-harry.html
Un
article du Matricule des Anges
http://lmda.net/mat/MAT02344.html
chronique
en portugais
http://www.uol.com.br/webventure/expedition/paginasdaestrada/perso04b.htm
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