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«
l’art n’est pas un luxe, mais une nécessité
pour tous »
Enfances et
Fantômes est un ouvrage directement lié à l’association
La Source, fondée en haute Normandie par le peintre Gérard
Garouste en 1991 : « La Source est née pour permettre
à ceux qui sont en situation d’exclusion de retrouver
une image positive et valorisante d’eux-mêmes par l’expression
artistique.»
L'association
a pour but de réinsérer les jeunes (de milieu rural)
en difficulté, au travers d’ateliers d’écriture
et de peinture, et grâce à des rencontres avec des
artistes. Le fonctionnement se fonde sur la prévention, l’éducation
et la promotion de l’art et de la culture. Les moyens nécessaires
à la mise en œuvre d’un projet sont essentiellement
institutionnels et privés. En 2002, un nouveau centre a aussi
vu le jour à Villarceaux dans le Vexin.
Enfances
et Fantômes est né grâce à
un travail étalé sur deux années (à
raison de trois rencontres par mois) effectué parallèlement
par l’écrivain Ricardo Montserrat, le peintre Olivier
Masmonteil, des parents et des enfants en difficulté familiale,
ainsi que des intervenants : éducateurs, assistants sociaux…
Dans une notion commune de partage, chacun développe son
imaginaire et l’histoire prend mille contours avant de devenir
fiction. Selon Ricardo Montserrat, c’est « un atelier
pour qu’enfants et parents partagent également ce qu’ils
savent du monde, en écrivant et illustrant un livre d’aventure,
dont les héros traverseraient avec courage ou peur, haine
ou amour, les mille épreuves qui font exister ».
Ce livre, construit
en épisodes séquentiels, raconte l’histoire
de Karine, qui revient dans la maison de son enfance pour combattre
des fantômes qu’elle avait laissés derrière
elle.
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Tout
au long du récit les épisodes sont ponctués
de lavis, peintures et dessins créés par les
intervenants et Olivier Masmonteil. Les couleurs sépia
donnent la tonalité du texte, traversé par le
temps, et respectent la trame narrative du récit dans
un espace de liberté et d’imaginaire.
Karine revient dans cette maison dont elle a hérité,
et, à partir de cet héritage si lourd elle va
tenter de réécrire l’histoire de sa famille.
Cinq années se sont écoulées depuis cette
journée fatidique. Karine remonte le temps pour dénouer
cet écheveau de souffrance : Albertine, l’arrière-grand-mère,
et Clémence, la mère d’Eugénie,
qui a eu 3 filles : Irène (elle aussi a des enfants,
les jumeaux Muriel et Nicolas), Jeanne (qui a eu Louis) et
Karine. |
Louis subit
les sarcasmes de sa mère Jeanne quand elle a trop bu, c’est
à dire au quotidien. La petite Muriel discute chaque nuit
avec le fantôme de la chambre d’a côté.
«Mémé Albertine», veuve de Barnabé
dit « l’ogre », cultive sa haine contre Eugénie.
Clémence, après cinquante années à voyager,
rêve de son Louis (encore un), son grand amour disparu sans
donner signe de vie. Irène, enceinte, vit avec Yann, qui
est souvent porté absent. Enfin, Karine et son grand amour,
Louis.
L’intrigue se distille peu à peu comme un voile qui
se soulève, les découpages hachent le récit
et remontent au pays des souvenirs, et la journée avance,
laissant planer un climat tendu et inéluctable. Les langues
se délient, les questions fusent, les réponses tuent.
Louis aurait-il disparu « après avoir zigouillé
la moitié du village » ? Clémence est-elle
vraiment la fille d’Albertine ? Quels sont ces cadavres que
le petit Nicolas découvre dans le passage secret ? Quelles
sont les véritables identités de Karine et de Louis
? La machine à remonter le temps va-t-elle résoudre
tous les mystères ? Et les fantômes ponctuent le récit
qui est couvert « de non dits de faux-semblants, de secrets
», car ce qui « devait être rangé
avait été rangé et ce qui était inutile
avait été jeté ».
Enfances
et Fantômes est un très bel exemple d’écriture
à plusieurs mains qui révèle les multiples
facettes des histoires vécues, comme autant de pistes à
parcourir, pour finir par une construction en forme de conte policier.
Un superbe travail graphique porte cette grande aventure, et la
couverture de Gérard Garouste dépeint deux enfants
entre ciel et terre, sourire aux lèvres… Un signe de
bon augure pour cet ouvrage hors du commun.
Cendrine
Genin
(octobre 2005)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

http://www.syros.fr/
http://perso.wanadoo.fr/asso.lasource/
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