un film de
Pierre Carles

Durée : 2h26
France 2001

 

Sortie nationale
le 2 mai 2001

 

Séance exceptionnelle jeudi 10 mai à 20h15 au CNP Terreaux
en présence de Pierre Carles et de Keith Dixon, sociologue.

(saluons le CNP qui est l'un des rares exploitants français à projeter ce film !)

« L'idée que j'avais en tête, quand j'ai commencé à tourner ce film, c'était de faire comprendre à travers les travaux de Pierre Bourdieu pourquoi il est utile de se méfier des apparences, des évidences, du sens commun, de tout ce qui est donné comme naturel par les médias, notamment la télévision ».
Pierre Carles.

Empêcheur de penser en rond, bête noire des médias et maintenant « bête à Bourdieu », comme le titrait Libération, Pierre Carles, après Pas vu pas pris, consacre son nouveau film au travail de Pierre Bourdieu. Il a entrepris, pendant plus de deux ans, de filmer la pensée en mouvement(s) de l'un des derniers grands intellectuels vivants. Il en résulte un documentaire original et dépouillé qui laisse aux idées du sociologue le temps de se développer, de s'articuler et de pourfendre les poncifs de notre époque.

Ni biographie intellectuelle (comme pour le film récent sur Derrida), ni fiction illustrative (cf. La Fabrique de l'homme occidental de Pierre Legendre), ni entretien posthume (cf. L'abécédaire de Gilles Deleuze), ni mascarade anti-médiatique (cf. les entretiens écrits de Lacan réunis sous le titre ironique de Télévision), La sociologie est un sport de combat est une sorte d'introduction à la pensée de Bourdieu. Pierre Carles l'a suivi lors de ses conférences, de ses cours au Collège de France, d'émissions radio, etc., ainsi que dans ses différents lieux de travail. Le cinéaste intervient très peu, se contentant d'enregistrer la parole et les gestes du sociologue, et de monter ses séquences en plusieurs thématiques (définition de la sociologie, mécanismes de la domination, décorticage du néolibéralisme, engagement de l'intellectuel…).

On découvre à travers ce film patient (2h30) un Pierre Bourdieu hyperactif, limpide, malicieux, doutant de lui-même, drôle parfois, frondeur souvent. Si Carles n'apporte pas la contradiction aux propos de Bourdieu, il ne s'en fait pas pour autant l'hagiographe. Traçant un guet entre une pensée difficile et le spectateur, Carles effectue un sérieux et salutaire travail de passeur.

Ainsi que Michel Foucault le conseillait pour l'usage de ses ouvrages, ce film se propose comme une « boîte à outils » qu'il s'agit de se réapproprier et d'utiliser à l'encontre de la médiocrité des débats d'idées d'aujourd'hui.
Un film simple et salvateur donc, émettant un rayon d'intelligence au sein du sombre désert faisant actuellement office d'espace public. Courez le voir pour affûter vos armes et améliorer vos prises en vue d'abattre l'ennemi omniprésent : la pensée dominante.

Jean-Emmanuel Denave

Pierre Bourdieu

http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/index2.html

http://www.republique-des-lettres.com/b/bourdieu.shtml

http://www.college-de-france.fr/college/bibliographies/Bourdieu.html

http://www.magazine-litteraire.com/dossiers/dos_bour.htm

http://www.autonomie.org/

http://www.zeg.org/raison/coree2000.htm

Pierre Carles et le film

http://www.homme-moderne.org/plpl/

http://www.homme-moderne.org/images/films/pcarles/socio/index.html

http://www.liberation.fr/pasvutv/ensalles.html