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Séance
exceptionnelle jeudi 10 mai à 20h15 au CNP Terreaux
en
présence de Pierre Carles et de Keith Dixon, sociologue.
(saluons le
CNP qui est l'un des rares exploitants français à projeter ce film
!)
« L'idée
que j'avais en tête, quand j'ai commencé à tourner
ce film, c'était de faire comprendre à travers les
travaux de Pierre Bourdieu pourquoi il est utile de se méfier
des apparences, des évidences, du sens commun, de tout ce
qui est donné comme naturel par les médias, notamment
la télévision ».
Pierre Carles.
Empêcheur
de penser en rond, bête noire des médias et maintenant
« bête à Bourdieu », comme le titrait Libération,
Pierre Carles, après Pas vu pas pris, consacre
son nouveau film au travail de Pierre Bourdieu. Il a entrepris,
pendant plus de deux ans, de filmer la pensée en mouvement(s)
de l'un des derniers grands intellectuels vivants. Il en résulte
un documentaire original et dépouillé qui laisse aux
idées du sociologue le temps de se développer, de
s'articuler et de pourfendre les poncifs de notre époque.
Ni biographie intellectuelle (comme pour le film récent sur
Derrida), ni fiction illustrative (cf. La Fabrique de l'homme
occidental de Pierre Legendre), ni entretien posthume (cf. L'abécédaire
de Gilles Deleuze), ni mascarade anti-médiatique (cf.
les entretiens écrits de Lacan réunis sous le titre
ironique de Télévision), La sociologie
est un sport de combat est une sorte d'introduction à
la pensée de Bourdieu. Pierre Carles l'a suivi lors de ses
conférences, de ses cours au Collège de France, d'émissions
radio, etc., ainsi que dans ses différents lieux de travail.
Le cinéaste intervient très peu, se contentant d'enregistrer
la parole et les gestes du sociologue, et de monter ses séquences
en plusieurs thématiques (définition de la sociologie,
mécanismes de la domination, décorticage du néolibéralisme,
engagement de l'intellectuel…).
On découvre à travers ce film patient (2h30) un Pierre
Bourdieu hyperactif, limpide, malicieux, doutant de lui-même,
drôle parfois, frondeur souvent. Si Carles n'apporte pas la
contradiction aux propos de Bourdieu, il ne s'en fait pas pour autant
l'hagiographe. Traçant un guet entre une pensée difficile
et le spectateur, Carles effectue un sérieux et salutaire
travail de passeur.
Ainsi que Michel Foucault le conseillait pour l'usage de ses ouvrages,
ce film se propose comme une « boîte à outils » qu'il
s'agit de se réapproprier et d'utiliser à l'encontre
de la médiocrité des débats d'idées
d'aujourd'hui.
Un film simple et salvateur donc, émettant un rayon d'intelligence
au sein du sombre désert faisant actuellement office d'espace
public. Courez le voir pour affûter vos armes et améliorer
vos prises en vue d'abattre l'ennemi omniprésent : la pensée
dominante.
Jean-Emmanuel
Denave

Pierre
Bourdieu
http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/index2.html
http://www.republique-des-lettres.com/b/bourdieu.shtml
http://www.college-de-france.fr/college/bibliographies/Bourdieu.html
http://www.magazine-litteraire.com/dossiers/dos_bour.htm
http://www.autonomie.org/
http://www.zeg.org/raison/coree2000.htm
Pierre
Carles et le film
http://www.homme-moderne.org/plpl/
http://www.homme-moderne.org/images/films/pcarles/socio/index.html
http://www.liberation.fr/pasvutv/ensalles.html
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