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La langue est
vivante, pardieu !
Petit
manuel instructif et ludique qui ne dénote pas dans la collection
« Les essentiels », La langue française
s'adresse à des enfants de huit ou neuf ans et retrace avec
force illustrations, reproductions, petits jeux et encadrés
lexicaux, quelques caractéristiques linguistiques (diachroniques
et synchroniques) de notre idiome : « le fruit d'un très
long brassage historique et géographique » ; on
passe ainsi de l'origine indo-européenne du français,
des influences latines, grecques et romanes (un latin «
prononcé à la manière germanique, parsemé
de nouveaux mots, transformé en "rustica romana lingua"»)
aux débuts de ce qui allait devenir le français, un
dialecte appelé le « francien », une langue d’oïl.
C'est au XVIIe siècle que le français tel qu'on le
connaît va se fixer, que l'on va en établir les règles
et écarter les patois. Mais c'est surtout au XIXe siècle,
avec l'arrivée de l'école « laïque,
gratuite et obligatoire » que le français se propage.
Mais parle-t-on vraiment tous la même langue, même aujourd'hui
? Où en sont les patois ou les dialectes, les accents ? Car
la langue n'est pas un outil figé et cet ouvrage insiste
sur le caractère évolutif de la langue, de toute langue
: elle s'enrichit, s'élargit, ne cesse d’emprunter
des mots, d'en inventer de nouveaux qui correspondent à de
nouvelles réalités, et cet ouvrage passionnant familiarise
aussi à d'autres français, celui des Belges, des Canadiens,
celui que l'on parle aussi dans les anciennes colonies, de façon
à montrer que « chacun a son français »,
que chacun est libre de s'approprier sa langue, et de sans cesse
la renouveler. Ainsi, sans nier les règles qui ordonnent
notre langage, cet ouvrage fait preuve d’une grande ouverture
– comme un pied de nez aux académiciens et aux prétendus
« défenseurs » de la langue qui crient aux loups
dès qu'apparaît un anglicisme et qui voudraient nous
faire croire que le français s’appauvrit alors qu’il
ne cesse de se métamorphoser et de s’enrichir…
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Les
qualités de cette encyclopédie ne s’arrêtent
pas là, car elle propose une approche linguistique
séduisante en introduisant des notions qui ne sont
généralement pas enseignées avant le
collège, voire le lycée, mais que de jeunes
enfants sont parfaitement à même d’appréhender
(car tout est dans la forme…) : l’auteur n’hésite
donc pas à parler de protolangues, de langues indo-européennes,
de toponymes, de patronymes, de racines, de typographie ou
encore de phonétique et de rhétorique, mais
toujours avec une grande simplicité (un petit glossaire
est présent à chaque page pour accompagner la
lecture). De même, il brise les tabous en proposant
une double page intitulée « Les gros mots
» tout en expliquant leur fonction (« les
gros mots sont liés à des interdits fondamentaux
qui soutiennent notre structure psychique » «
le gros mot (…) sert à traduire des sentiments
essentiels, comme la peur ou la colère »),
leur évolution (on apprend que les graffitis sont «
vieux comme le monde » et que les Romains n’hésitaient
pas à inscrire sur leurs murs « Va te faire
crucifier ! ») |
D’autres rubriques, qui demanderaient à être
développées, tant elles sont amusantes, familiarisent
aussi le jeune lecteur au caractère malléable de sa
langue maternelle : jeux de mots, locutions en tout genre, charades,
contrepets, argots, virelangues… La lecture de cet ouvrage
vivant (à l'image du sujet abordé) complétera
très bien celle d'un autre livre, plus théorique,
Pourquoi on parle français
? (Autrement jeunesse, 2003), bien documenté
mais certainement moins ludique ou encore La
comédie des mots (qui vient de paraître
chez Gallimard jeunesse) de Régine Detambel, destiné
à des lecteurs plus âgés.
B.
Longre
(avril 2004)

http://www.editionsmilan.com
dans
la même collection : Ce qui te fait
peur (Milan, 2002)
Voir
aussi :
La Comédie des mots de
régine Detambel (Gallimard Jeunesse, 2004)
Pourquoi on parle français
(Autrement Junior, 2003)
http://www.editionsmilan.com/fiche_auteur.asp,ref,auteur,pk
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