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du
même auteur
Platonov
(mise
en scène Eric Lacascade, Avignon 2002)
Le
Chant du cygne et autres histoires (mise en scène
de Planchon, TNP)
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en
tournée 2002
Brest
du 19 mars au 22 mars 2002
Lyon du 26 mars au 6 avril 2002
Bordeaux du 9 au 13 avril 2002
Dijon du 16 au 20 avril 2002
Nevers du 23 au 24 avril 2002
Blois du 27 au 29 avril 2002
Paris, Théâtre des Bouffes du Nord
du 21 mai au 30 juin 2002
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| "La
mouette, oiseau étrange et fascinant, grand point d'interrogation
qui me permet de mettre en abîme et de résoudre
mes propres questions de jeune metteur en scène, de partir
à la recherche de ces fameuses formes nouvelles
dont parle Treplev et dont je ressens si fort le besoin
sur un plateau de théâtre." Ces mots de
Philippe Calvario, qui, après un brillant Cymbeline,
s'attaque à une autre grande pièce, témoignent
de la sympathie qu'il éprouve pour Tchékhov, à
travers le personnage de Konstantin Treplev : un jeune dramaturge
à la fois rejeté et jalousé par une mère
actrice, Arkadina, qui ne peut supporter la "décadence"
des tentatives d'écriture de son fils. Lui méprise
l'amant de sa mère, Trigorine, à qui elle voue
un culte,un écrivain reconnu, mais que Treplev trouve
ennuyeux : pour le jeune homme, copier la nature ne peut être
une forme d'art, l'art autonome doit émerger d'un idéalisme
non fonctionnel, et se détacher du vécu. |

Photo Alain
Dugas
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Pièce
intellectuelle qui ne se départit pourtant nullement d'humanité,
cette "comédie" (ainsi nommée par Tchekhov)
a tout de la farce tragique, et son essence thématique est
résumée dans le "prologue" librement ajouté
par Philippe Calvario : Macha, torturée par la vie, qui chante
le célèbre "Satisfaction" des Rolling
Stones... Un choix surprenant au premier abord, mais en harmonie
avec les sentiments confus de la pièce, tout entière
sous le signe du désir incompris et insatisfait, qu'il soit
question d'art ou d'amour, ou bien des deux simultanément...
Treplev ne parvient pas à s'attirer l'amour de sa mère
et elle ne le comprend pas ; Macha est aimée de l'instituteur
Medvedenko, mais elle aime Treplev, qui lui, aime Nina, une jeune
voisine tentée par le métier de comédienne.
Celle-ci tombe pourtant amoureuse de Trigorine, lui-même attaché
à Arkadina... Une intrigue moliéresque ? Plutôt
une tragédie de l'amour manqué, où chacun des
personnages semble vivre dans l'attente d'un avenir impossible et
d'un irréel rêvé ; cette douloureuse expectative
englobe aussi l'art, car La mouette est en quelque
sorte l'autobiographie littéraire de Tchekhov, la pièce
où deux des personnages sont ses doubles : le jeune Treplev,
qui prône de nouvelles formes dramatiques tout en doutant
de sa foi dans l'art, et Trigorine, l'auteur vieillissant qui, dans
l'intimité, doute de son talent et de son rôle d'écrivain
célèbre. Ainsi, s'enchevêtrent sans fin des
thèmes humains et littéraires , où les intrigues
amoureuses jouent le rôle de catalyseur des pulsions artistiques,
et où la vision de l'art et l'amour de la scène ou
de la littérature peuvent être un obstacle à
l'amour humain.
La mise en scène de Philippe Calvario, fantaisiste, spontanée,
donne un nouveau charme poétique à cette pièce
qui a parfois tendance à intellectualiser les sentiments
humains : Beaucoup de drôlerie, des détails anachroniques
(dans les costumes et les comportements) qui n'ont cependant rien
de "gadgets" et des chants dans la première partie,
une comédie colorée d'amertume et de regrets, et un
décalage humoristique favorisé par des interludes
musicaux plutôt satiriques ; des séquences qui n'auront
plus lieu d'être en deuxième partie, qui se déroule
deux ans plus tard : là, le décor crépusculaire
provoque une rupture de ton ; symboliquement, le petit bureau où
écrit Treplev (qui commence à se faire un nom en littérature)
est précairement posé sur un sol rocailleux, qui surplombe
le reste de l'espace scénique : une façon de traduire
l'aridité du désespoir ambiant, à l'image du
désir et de l'amour qui semblent s'être désséchés,
sans pour autant mourir : Macha aime toujours Treplev et lui semble
toujours épris de Nina, sa mouette ; l'oncle Sorine, vieux
et malade, gémit sur son sort et la mélancolie de
Treplev, qui a le sentiment que la routine s'installe, domine ces
dernières scènes. La tragédie prend ainsi du
poids et l'on apprécie la justesse de ce changement de tonalité,
en total accord avec l'oeuvre.
Quant aux acteurs, leur jeu est parfait, calculé, mais aussi
spontané et vif, parfois imprévisible et léger,
et les 2h40 de ce savoureux spectacle filent à toute allure.
Philippe Calvario, qui a ici effectué un parfait dosage de
classicisme et d'innovation, montre ainsi comment l'on peut rester
fidèle à l'oeuvre d' un auteur, tout en en transformant
délicatement la forme, afin de "lutter encore et
toujours contre la convention, l'attendu".
Blandine
Longre
(mars 2002)
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Distribution
Dominique Blanc, qui devait interpréter le rôle
de Nina s'est blessée lors d'une répétition
au Théâtre
National de Bretagne à Rennes (lieu de création
de La pièce).
C'est donc Irène Jacob qui interprétera
le rôle de Nina à Lyon, en attendant le rétablissement
de Dominique Blanc.
avec
Irène Jacob / Dominique
Blanc, Philippe Calvario ou Thierry de Peretti, Madeleine
Franco, Florence Giorgetti, Jean-Claude Jay...
Par le même metteur en scène
Cymbeline
de Shakespeare
Théâtre
des Célestins
Lyon : 04 72 77 4000
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Photo Alain
Dugas
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http://www.tdb-cdn.com/
http://www.bouffesdunord.com/saison_fiche.cfm?id=378
http://www.colline.fr/site/lexi5tch.htm
http://www.denise-pelletier.qc.ca/fiches/auteurs/tchekhov.html
http://www.russie.net/litterature/tchekhov.htm
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